Denis Côté

 

Denis Côté

Né en 1973 au Nouveau-Brunswick et établi à Montréal (Canada), Denis Côté fut critique de cinéma avant de passer derrière la caméra avec une série de courts métrages expérimentaux. Les états nordiques (2005) a lancé sa carrière internationale après avoir remporté le Léopard d’or de la compétition vidéo du Festival de Locarno et le Grand Prix indieVision du Festival de Jeonju (Corée du sud). Son premier long métrage pose les premiers jalons d’une démarche évoluant à l’écart des modes: mise en scène minimaliste, travail entre acteurs chevronnés et non-professionnels, environnements naturels à l’écart du monde et brèches narratives deviendront les matériaux de prédilection avec lesquels Denis Côté imposera sa marque.
Tourné avec des acteurs de théâtre bulgares, une équipe réduite et un financement non-institutionnel, Nos vies privées (2007) permettra à Denis Côté de brouiller davantage les frontières entre le cinéma expérimental, le film de genre et le cinéma-vérité, tout en accentuant son désir de s’éloigner du cinéma narratif traditionnel. Au Québec, le mode de production privilégié par Denis Côté pour ses deux premiers films attire l’attention des médias et inspire d’autres cinéastes-cinéphiles émergents à tenter l’aventure d’un cinéma «Do It Yourself» personnel et sans compromis. Avec Elle veut le chaos (2008), Denis Côté détourne les codes du film noir et tourne un huis clos rural monochrome à partir d’un scénario labyrinthique aux accents beckettiens. Pour ce faire, il fait appel pour la première  fois à la directrice photo Josée Deshaies (L’Apollonide, La question humaine), qui collaborera avec lui sur deux autres projets, ainsi qu’à un casting composé de comédiens vétérans et de nouvelles têtes. Le film obtient le Léopard d’argent en compétition officielle à Locarno, puis faitpartie du palmarès des 10 meilleurs films de l’année établi par Jean-Michel Frodon, alors rédacteur en chef des Cahiers du Cinéma. Le réalisateur renoue avec un mode de production guérilla l’année suivante sur Carcasses (2009). Conçue dans le cadre d’une résidence d’artiste, cette improbable rencontre entre un authentique brocanteur de ferraille solitaire et une milice d’autistes romantiques est remarquée par la Quinzaine des réalisateurs, qui invite le film à Cannes. Le film sera programmé dans de nombreux festivals internationaux et sera distribué au Canada, aux États-Unis ainsi qu’au Brésil. En 2010, il réalise le moyen métrage Les Lignes ennemies, sa première collaboration avec l’acteur québécois Marc-André Grondin, qui incarne l’un des combattants d’un bataillon perdu en forêt. Curling (2010) marque ensuite une étape importante dans la carrière de Denis Côté. Porté davantage sur les dialogues et des personnages à la fois riches et désoeuvrés, le film remporte deux prix - Mise en scène et Interprétation masculine - au Festival de Locarno, et permet au réalisateur de percer pour la première fois auprès du grand public. Puis, ni documentaire, ni oeuvre figurative, Bestiaire (2012) déconstruit la représentation traditionnelle des animaux au cinéma et confronte la notion de spectacle au grand écran. Lancée à Berlin (section Forum) et à Sundance, cette coproduction Canada-France se retrouve sur le palmarès «The Best Movies You May Have Missed in 2012» du New York Times.

En 2013, Vic+FLo ont vu un ours est présenté en compétition à la 63e Berlinale, et il lui est décerné le prix Alfred Bauer récompensant la créativité.

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