Alex

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Adaptation et dialogues : Olivier Gorce
Collaboration : Agnès de Sacy
Image : Pascal Poucet
Son : Pascal Ribier
Décors : Brigitte Brassart
Costumes : Valérie Cabeli
Montage : Marie-Hélène Mora
Mixage : Nathalie Vidal
Production  : Paulo Branco (Gemini Films)
Coproduction : Les Films de la Grande Ourse
 

José Alcala

Durant une dizaine d’années, José Alcala travaille pour des cabinets d’Architecture en qualité de dessinateur projeteur.
Cinéphile et passionné des techniques cinématographiques, il devient assistant opérateur, s’approche de la production et de la direction de production, tout en écrivant et réalisant ses propres films.

Des moyens-métrages qui parlent de femmes. Des portraits singuliers, des caractères uniques.

Via Ventimiglia, l’histoire de deux jeunes femmes qui s’embarquent dans un train de nuit. Grand Prix à Aix-en-Provence, Prix des partenaires à Villeurbanne, Prix du septième art, Prix de la qualité du CNC, diffusion France 3
Case Départ, les déambulations nocturnes d’une jeune fille en recherche d’aventures.  Prix du public à Dunkerque, Prix de la qualité du CNC, Prix Procirep
La visite, les retrouvailles âpres de deux sœurs devenues opposées et indifférentes. (Diffusion France 3).
Les Gagne-Petits, une fille marginale qui tente de survivre dans un univers masculin, de travail au noir, de deals de zones industrielles. Prix de la qualité du CNC, diffusion France 3
Avec Alex, son premier long-métrage, José Alcala trace l’histoire d’une femme qui porte les marques d’un passé chaotique, qui cherche son équilibre et son identité.

Réalisateur

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2011 FILM
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2000 FILM
1998 FILM
1996 FILM

Alex

José Alcala
Distribution :: 
Date de sortie :: 
26/10/2005
France. 2005. 1h40. couleur. 1.85. Dolby SRD

Alex est une femme indépendante, farouche et rude qui aime les hommes et la vie.
Elle essaye d’obtenir la garde de son fils, Xavier.
Pour vivre, elle travaille sur les marchés et sur des chantiers avec Karim.
Elle rénove toute seule une ruine à l'écart d'un village isolé, animée par l’espoir d’y vivre avec son fils.
Ces murs qu'elle reconstruit de ses mains, c'est sa vie qu'elle retape, colmate, tente de faire tenir debout.

ENTRETIEN DE JOSE ALCALA PAR EMMANUELLE BERNHEIM
Comment est venue cette présence féminine tellement forte ? L’idée première était-elle avant tout de la filmer, elle ?
Auriez-vous fait le film avec quelqu’un d’autre que Marie Raynal ?
J’avais déjà fait deux moyens métrages avec cette comédienne. J’ai d’abord pensé à mon personnage avant de penser à elle. Mais dès qu’il a fallu greffer un visage, c’était celui de Marie.
A quel moment exactement avez-vous pensé à elle ?
Dès la phrase résumant l’idée du film. Un vrai désir de personnage et un désir de comédienne se sont accompagnés tout au long de la construction du film. Le personnage s’est donc construit comme ça.
Cette volonté de créer mon personnage a été alimentée par une année de travail préalable et de documentation. Je suis parti de l’idée d’un marché comme décor. C’est la que j’ai rencontré des femmes qui avaient vécu des situations de désespoir avec leurs enfants et leurs hommes. Je n’ai pas pris l’histoire d’une seule femme. Je n’ai rien retenu de précis de ce qu’elles m’ont dit. Mais j’ai pu utiliser l’ambiance générale pour créer un personnage.
Le personnage ne donne pas du tout l’impression d’être un patchwork de plusieurs femmes. A tel point que je ne pensais même pas qu’il y avait eu un travail préliminaire. Alex est-elle plus une personne qu’un personnage ?
Alex est aux antipodes de ce qu’est la comédienne dans la vie. Marie a une forme de rudesse très différente de celle du personnage.
En plus il n’y a pas de maquillage.
Non. Ca donne quelque chose de brut et épidermique dans un sens positif.
Je ne voulais pas mettre l’accent sur les sensations, ni les sentiments.
Par exemple, quand le cycliste remonte la culotte d’Alex, pour moi, c’est un geste de tendresse extrême. C’est une attention importante à ce moment car ils ont fait l’amour emporté par une pulsion, et il ne fallait pas limiter leur relation à cette pulsion.
C’est un geste très fort. C’est à la fois celui du personnage et celui de cet homme sur elle. Mais c’est aussi le regard du cinéaste sur ses deux acteurs.
Cette situation de se retrouver le pantalon sur les genoux peut paraître grotesque. Mais vous, le metteur en scène, ne la rendez pas ridicule.

Les comédiens ont apporté énormément de choses à cette scène. Des gestes simples et tendres qui renforcent l’émotion. Tous ces éléments qui s’ajoutent à la tendresse du moment et au côté un peu ridicule du personnage (quand il part vers le lotissement, vers sa vie un peu terne). J’aime quand des émotions, des sentiments passent par l’image. Dès que je peux éliminer du dialogue, je le fais. C’est très important.
Si on adhère d’emblée à cette femme, on est entièrement capté. Par contre, si on accroche pas…
Alex peut être irritante… J’aime les personnages qui se construisent petit à petit. Je voulais qu’Alex me séduise. Il fallait partir de loin, qu’elle me surprenne. Si elle me séduisait immédiatement, ça ne servait à rien. J’avais un regard tolérant sur mon personnage. Je laissais passer les moments où elle était irritante en faisant en sorte qu’elle évolue.
Au début, on se demande pourquoi cette hargne volontariste ? Puis peu à peu elle s’apprivoise comme un animal sauvage. Elle fait son nid ou son terrier au fur et à mesure. Elle se constitue…
Elle se construit.
Elle ne se domestique pas, elle s’apprivoise.
Elle cherche sa place dans la société pour exister. Elle apprend à avoir confiance en elle et peu à peu, elle s’ouvre aux autres. Par exemple, Sylvie son amie lui propose de l’argent. Au début, Alex refuse. Elle veut s’en sortir toute seule. Elle n’a pas confiance en cette fille qui lui propose quelque chose. Puis petit à petit, elle l’accepte. D’une certaine façon, elle accepte de se livrer. Comme avec Karim, son amour. Elle ne supporte pas qu’il lui dise “Je t’aime”. Pourtant, c’est ce qu’on attend toujours de l’autre, même si c’est maladroit, si ce n’est pas le moment. On veut au moins le sentir.
On à l’impression que tout l’objet du film est de mériter ce “Je t’aime” ?
Oui peut-être aussi.
Elle ne veut pas être aimée ?
Elle cherche l’amour à travers son fils. Elle essaye de le reconquérir en tant que mère. Elle cherche ses repères. D’ailleurs, c’est le seul personnage avec qui elle est complètement déstabilisée.
Il n’y a pas de musique dans le film. Est-ce un choix de départ ?
J’ai hésité jusqu’à la fin. J’ai écouté des compositeurs, des musiques qui me plaisaient beaucoup. J’adore la musique, mais il me semblait que ça n’avait rien à faire dans ce film. Seul le son des situations suffisait : les cris des marchés, le vent… On a beaucoup travaillé le son.
Qu’a fait Marie Raynal avant ce film ?
Elle a fait des courts et moyens métrages. Je voulais une comédienne physique. J’ai beaucoup travaillé le film avec Marie. Elle l’a décortiqué. Elle en a défait les tissages les plus intimes. Après ça, pendant le tournage, il n’y avait plus que son corps.
On a vraiment l’impression que c’est elle.
Et non. C’est une jeune femme très gracieuse dans la vie.
Dans le film, il y a un ton juste qui n’est pas un exercice de style. Il n’y rien de théorique dedans et c’est assez frappant.
Si j’entrais dans la théorie, je faisais l’inverse de ce que je voulais faire. Dans un film, théoriser est une façon de répondre aux questions, de démontrer plutôt que de montrer. On commence à répondre aux questions au lieu de bien les poser.
C’est ça. Le film aurait été sec s’il y avait eu quelque chose de théorique.
Or, il est tout le contraire.

Je ne crois pas au côté faux documentaires, en tout cas pour moi. J’en admire certains mais je me verrai mal construire un film comme ça. Le tourner comme un faux documentaire pour que ce soit plus réel. Je crois beaucoup au Cinéma-Cinéma. Je voulais que le film se fasse en Scope mais nous n’avions pas les moyens.
Qu’a apporté Olivier Gorce, le co-scénariste du film ?
Olivier avait fait beaucoup de télé et un très joli film de Caroline Vignial, Les autres filles, sur des apprenties coiffeuses. Il a également travaillé avec Jean-Marc Moutoux sur Violence des échanges en milieu tempéré. C’est quelqu’un sur lequel je me suis pleinement appuyé et qui m’a poussé dans mes derniers retranchements en permanence. Olivier s’est mis entièrement au service du scénario et du film. Tout comme l’équipe qui très vite a totalement adhéré au projet. L’énergie et les qualités de comédienne de Marie, sa présence sur le plateau a fini de convaincre toute l’équipe. Les gens étaient vraiment investis. Leur croyance a permis au film d’évoluer