Algérie, histoires à ne pas dire

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Réalisation et Scénario Jean-Pierre Lledo
Image Othmane Abbane
Son  Mohamed Redha Belazougui
Montage Kahena Attia
Assistante réalisation  Bahia Bencheïkh El Feggoune
Une production algero-française Naouel Films (Algérie), ENTV (Algérie) / Rachida Lledo, Jean-Pierre Lledo / Mille et Une Productions (France) / Edouard Mauriat, Anne Cécile Berthomeau
Avec le soutien du FONDS SUD CINEMA, Ministère de la Culture et de la Communication -CNC- Ministère des Affaires étrangères (France) de la REGION ILE DE FRANCE et du CONSEIL GENERAL DU VAL DE MARNE
Aide à la création cinématographique et audiovisuelle
Avec le soutien de l’ACID

Réalisateur

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Algérie, histoires à ne pas dire

Distribution :: 
Date de sortie :: 
27/02/2008
Algérie - France – 2007 – 2h40 - 1.85 – Couleur
43 ans après l’exode massif des juifs et des pieds-noirs, consécutif à l’avènement de l’indépendance de l’Algérie en 1962, que reste-t-il de cette cohabitation dans la mémoire des Algériens d’origine berbéro-arabo-musulmane ?
Des personnages en quête d’une vérité sur leur propre vie, reviennent sur leur enfance durant les années de guerre qui furent aussi les dernières décennies de la colonisation française. En retournant vers leurs origines, d’est en ouest, de Skikda à Oran, du début à la fin de la guerre d’indépendance, ils reconstituent un portrait inédit de l’Absent.
Méfiance, peur et malheur, les relations intercommunautaires n’ont-elles pas été aussi attraction, respect, reconnaissance et souvenirs heureux ? Malgré les discriminations et les dégâts du colonialisme, un nouveau corps fait d’emprunts mutuels n’avait-il pas commencé à se constituer, à l’insu même de ses différentes composantes ? La douleur fantôme de l’amputation, chez ceux qui étaient partis comme chez ceux qui étaient restés, n’en révélait-elle pas la réalité ?
Une Algérie multiethnique, libre et fraternelle n’était-elle pas possible ?
Entre haines et fraternités, avec nos personnages nous refaisons le cheminement universel de la tragédie, lorsqu’aux protagonistes, le dénouement semble s’imposer.
Quelques mots de l’auteur Chaque pays a ses histoires sombres. L’Algérie aussi.
Ceux qui connaissent mes films, dont les deux derniers, Un rêve algérien et Algérie, mes fantômes, comprendront que ce nouveau film clôt pour moi une sorte de trilogie de l’exil, qui a pour thématique l’histoire coloniale algéro-française, pour approche la fraternité et pour sujet principal la mémoire et l’identité. Ces 3 films essaient tous de répondre à la même question de l’échec d’une Algérie qui en devenant indépendante n’a pas su rester multiethnique et multiculturelle, puisqu’en 1962 la quasi-totalité de la population d’origine juive et chrétienne quitte précipitamment son pays.
Les 4 histoires de ce nouveau film touchent à quelques tabous absolus de l’histoire algérienne, sur lesquels repose la légitimité du système politique qui s’est construit après l’indépendance. Temple bien gardé, l’histoire en est sans doute le dernier pilier. Et même s’il s’agit pour chacun des personnages principaux du film, d’abord d’une quête personnelle et de leur histoire qui prime toujours sur la grande histoire, il faut avoir conscience de leur courage.
Cette interrogation entreprise avec mes personnages peut donc être considérée comme une tentative d’affronter la tâche qui attend les représentants de toutes les communautés du monde qui se sont fait la guerre, et notamment « les intellectuels » : revenir tôt ou tard, de façon critique, sur l’histoire de nos pères, sans animosité mais aussi sans oeillère, en cessant de voir la paille seulement dans l’oeil de l’autre. L’existence même de ce film, et les tandems que je forme avec mes personnages, est la preuve que notre génération commence à sortir de la vision raciale ou/et religieuse des rapports entre les gens.
Algérie, histoires à ne pas dire est une aventure jamais encore tentée : entrer par le biais du vécu des témoins, dans le coeur de la pensée qui a animé les luttes anti-coloniales du 20ème siècle : le nationalisme. Aussi terribles que puissent apparaître certains récits, ils ne relatent jamais des actes insensés, mais toujours les conséquences d’une certaine pensée mise en actes, une pensée ethnique, ethnico-religieuse pour être plus précis : arabo-musulmane avant la colonisation française,l’Algérie devait le redevenir. La désignation de l’Autre trahit parfaitement cette pensée : il est le « Gaouri » (« gour » au pluriel), le non-musulman. Ce type de pensée où l’ennemi est l’Autre en religion, qu’il soit démuni ou possédant, sympathisant ou opposant au système colonial, n’a jamais été déconstruit après l’indépendance. Ce qui explique aujourd’hui lagêne en Algérie, à désigner leterrorisme islamiste autrement que par l’euphémisme« décennie noire ».Au moment où dans mon payset ailleurs, la juste « cause » autorise à tuer sans état d’âme - ce qui réactualise Camus qui écrivait en 1956: « Bientôt l’Algérie ne sera peuplé que de meurtriers et devictimes. Bientôt les morts seuls y seront innocents » - j’aimerais surtout que ce film soit un appel à la non-violence, unappel à inventer de nouvellesmanières de « changer leschoses », une nouvelle éthique, une nouvelle pensée, dont le principe premier serait l’inviolabilité de la personne humaine, y compris celle de l’adversaire. Germaine Tillion, l’anthropologue française et amie de l’Algérie ne disait-elle pas déjà : « C’est la relation (coloniale) qu’il faut redresser et non pas le cou des gens qu’il faut tordre… » (« A propos du vrai et du juste », Seuil).
Même s’il ne s’agit pas d’un film « à message » il est d’abord un film avec des personnages qui racontent leur propre histoire. Mon souhait est qu’en revenant sur les souffrances, les rapprochements, les connivences et les brassages, il aide les jeunes générations à mieux penser leurs avenirs qui seront forcément métissés, les colonisations n’ayant été, de mon point de vue, qu’une des formes, violentes et archaïques, de ce que l’on n’appelait pas alors la « mondialisation ».J’espère aussi que ce filmconcernera tous ceux qui dansle monde sont leshéritiers d’histoires officielles, tronquéesou falsifiées, et qui confrontésaux mêmes traumatismes, questions, silences, ont le même besoin vital de vérité.