Aquarela, l'odyssée de l'eau

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Réalisation Victor Kossakovsky • Production Aimara Reques, Heino Deckert Sigrid Dyekjær • Ecriture Victor Kossakovsky, Aimara Reques • Image Victor Kossakovsky, Ben Bernhard • 2ème Équipe Caméra Derek Howard, Ainara Vera • Montage Victor Kossakovsky, Molly Malene, Stensgaard, Ainara Vera • Son Alexander Dudarev • Musique Eicca Toppinen • Direction De Production Su Bainbridge • Production Exécutive Jeff Skoll, Diane Weyermann, Mark Thomas Isabel Davis Sawsan Asfari Maya Sanbar Madge Bray, Matthias Ehrenberg Frank Lehmann • Coproduction Joslyn Barnes Susan Rockefeller Danny, Glover, Tony Tabatznik , Emile Hertling Péronard

 

Victor Kossakovsky

Né à Saint-Pétersbourg (Léningrad à l’époque) en 1961, Victor Kossakovsky.est un documentariste explorant principalement les interactions entre la réalité et les moments poétiques. Il a commencé sa carrière aux studios de Léningrad en tant que caméraman, assistant réalisateur et monteur en 1978. En 1986 il étudie l'écriture et la réalisation à Moscou HCSF, et réalise en 1989 son premier film, LOSEY, puis en 1992 le documentaire, BELOVY, qui le révèle en remportant notamment le prix du public à l'IDFA Amsterdam et le prix VPRO Joris Ivens. En 2011, ¡VIVAN LAS ANTIPODAS!  est présenté en ouverture de la Mostra de Venise. Il revient à la Mostra de Venise en 2018 pour présenter AQUARELA (hors compétition), qui sera ensuite sélectionné à Sundance et acquis par Sony Pictures Classics pour l’Amérique du Nord.

FILMOGRAPHIE SELECTIVE

2018 Aquarela

2016 Graine de champion

2011 ¡Vivan las antipodas!

2003 Tishe!

1998 Pavel et Lialia

1993  Belovy

Informations complémentaires: 

MOSTRA DE VENISE - SÉLECTION OFFICIELLE

Aquarela, l'odyssée de l'eau

Victor Kossakovsky
Distribution :: 
Date de sortie :: 
05/02/2020
Royaume-Uni/ Allemagne / Danemark – 2018 – 1h29

 

Aquarela est un voyage extraordinaire à travers la beauté  fascinante et le pouvoir brut de l'eau. Filmé à 96 images par seconde, le film est une expérience viscérale au cours de laquelle l’homme se retrouve face à la force et la volonté capricieuses de l’élément le plus précieux de la Terre. Des eaux glacées précaires du lac Baïkal en Russie à l’ouragan Irma dévastant Miami, en passant par l’impériale chute du Salto Ángel au Venezuela, l’eau est le protagoniste principal d’Aquarela.

 

NOTE D'iNTENTION

En regardant en arrière, il me semble que toute ma vie je n’ai fait que me préparer à réaliser AQUARELA.  Il y a 50 ans, alors que je n'avais que 4 ans, j'ai passé un été dans un petit village entre Moscou et Saint-Pétersbourg. Dans ce village  il y avait la source d'une rivière. Un homme qui vivait là, Mikhaïl Belov, m'a dit: « Imagine Victor, si tu fabriquais un petit bateau en bois et que tu le déposais sur cette rivière, il flotterait jusqu'à la mer du Nord, puis il irait tout autour du monde. »

25 ans plus tard, je suis retourné dans ce village pour tourner mon film, BELOVY, qui parle des habitants de la source de cette  rivière. La première partie était exactement comme Mikhail me l’avait décrite : j’ai mis ma caméra dans un petit bateau et j’ai parcouru près de 1 000 kilomètres de ce village à la mer. Pour cette scène, j’ai utilisé une chanson d’un film de Raj Kapoor. J'avais choisi cette chanson sans en connaître la signification des paroles en hindi, mais simplement pour son énergie qui correspond bien à cette scène de la rivière. Quelques années plus tard, lors d’une projection en Inde, on m’a apprit que la chanson parlait d'une rivière qui coule comme nos vies.

En 2000, je travaillais au montage du film I LOVED YOU  sur l’île de Bornholm. Je vivais alors dans une maison avec une fenêtre  qui  donnait sur la mer Baltique.  Et  chaque  jour, je  remarquais  à quel  point la mer était différente. A chaque heure, à chaque minute, elle changeait radicalement. Je ne m'ennuyais jamais à regarder l'eau en mouvement. Je pensais qu’en filmant simplement les vagues du bord de ma fenêtre pendant une année entière, cela ferait vraiment un bon film. Sans un mot, sans un mouvement de caméra, uniquement en filmant l’eau  qui  change ! Différentes couleurs, différents mouvements,  différentes  énergies…  à travers la lentille naturelle de l'eau, vous pouvez sentir et ressentir le flux et le reflux de toutes les émotions humaines connues - colère, agression, paix, noblesse, solitude, jalousie… Toutes !

Avec AQUARELA, je voulais filmer toutes les émotions possibles qui peuvent être vécues au contact de l'eau, des émotions belles, mais aussi des émotions troublantes d'extase et d'inspiration, de destruction et de dévastation humaine.

Victor Kossakovsky
 

 

 

 

NOTES DE PRODUCTION

 AQUARELA nous pose une première question : que serait un film si son personnage principal n’était pas humain, mais un élément de la nature ? Le film se déploie à travers le monde comme une expérience multi- sensorielle farouchement  lyrique qui cherche à briser les frontières entre l'homme et la nature. Le film comprend des images tournées dans sept pays différents - Écosse, Mexique, Russie, Groenland, Venezuela, Portugal et États-Unis - ainsi que des images prises dans l’océan Atlantique. L’écran devient un point d’accès permettant au public de céder à la sensation pure - voir, entendre  et ressentir viscéralement l’essence d’une substance si essentielle à nos yeux, que nous prenons généralement pour acquis toute sa splendeur et ses menaces naissantes. À une époque où les images se veulent accablantes ou catastrophiques, AQUARELA propose quelque chose de totalement  différent. Il invite le public à se rapprocher au plus près de l’eau, afin de montrer et saisir le pouvoir de la nature et expérimenter ainsi notre propre fragilité brute d’une nouvelle manière.

Kossakovsky ne voulait pas seulement  filmer de l'eau. Il voulait donner à l'eau la chance de raconter sa propre  histoire,  belle,  mystérieuse  et  pourtant   urgente,  lors  d'un  voyage  épique  où  elle  change constamment  d'humeur. Pour capturer toutes ces humeurs et formes, Kossakovsky a filmé en 96 images par seconde, inventant de nouvelles façons de filmer de l’eau dans des conditions compliquées où les appareils traditionnels ne peuvent filmer. Cependant, les ambitions technologiques et la prise de risques d’AQUARELA étaient toujours centrées sur un élément : créer un lien émotionnel. Alors que les icebergs séduisent, les vagues monstres affrontent le ciel, un lac engloutit des voitures et le brouillard spectral d’une cascade exprime réconfort et perspectives.

« Quand j'ai été approché pour la réalisation d'un film sur l'eau, j'ai en fait refusé, se souvient Kossakovsky, J'ai vu plusieurs dizaines de films sur l'eau au cours des dernières années, et ce sont surtout des gens qui ne parlent que d’eau - de l’importance de l’eau, de la politique de l’eau, du manque d’eau, du changement climatique et de l’eau. Mais dans ces films, on ne voit pas vraiment l’eau, on ne la voit pas suffisamment bien. Si le but était de faire un autre film sur l'eau, alors non, cela ne m'intéressait pas. Mais si l’eau parlait d’elle-même pendant 90 minutes, si elle pouvait être notre acteur principal, alors cela m’intéressait. »

Kossakovsky  s'est  fait remarquer  pour  la première  fois en  1992 avec BELOVY,  une  vision intime et révélatrice d'une famille rurale russe. Il a ensuite réalisé, entre autres, MERCREDI 19 JUILLET 1961, un film qui décrit de manière intime les 100 personnes nées le même jour que Kossakovsky à Saint-Pétersbourg; TISHE !, où il filme un chantier de la fenêtre de son appartement pendant une année complète; SVYATO, filmant la première fois où son fils a vu son reflet dans le miroir, à l'âge de 2 ans; ¡VIVAN LAS ANTIPODAS!, une aventure  parcourant  quatre  paires  d'antipodes:  Argentine et  Chine, Russie et  Chili,  Espagne et Nouvelle-Zélande, Hawaii et Botswana.