D'arusha à Arusha

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réalisation Christophe Gargot
image Samuel Dravet
son Frédéric Salles
post-production Damien Combier
montage Anne Lacour
montage son/mixage Jean-Marc Schick
une production Atopic en co-production avec l’Office national du film du Canada, amers1.1, la participation du CNC, du Conseil Régional de Provence-Alpes-Côte d’Azur, Cinémage2, Post Caméra et de la SCAM.
 

Christophe Gargot

Christophe Gargot est né en 1968 à Poitiers. Diplômé du Master Nouveaux Médias de l’Ensci/Les Ateliers (2001) et de l’EPSCI/Groupe ESSEC (1991), il intervient comme consultant sur des projets internationaux notamment dans les domaines des Droits de l’Homme et se consacre également depuis plusieurs années à la production/réalisation de documentaires. En 2001, il entreprend un premier travail d’analyse des archives audiovisuelles du Tribunal Pénal International pour le Rwanda (TPIR), autour d’une question : « Quelle est la capacité de l’image à témoigner ? ». Ce travail le conduit à s’intéresser de très près à la fois aux activités du TPIR ainsi qu’à l’émergence d’une justice transitionnelle au Rwanda, les Gacaca, où il se rend en 2002, et dont il suit l’évolution par la suite. En 2003, il s’installe à Marseille et réalise un premier documentaire, Hé M’Sieur. En 2005, la rencontre avec le producteur Christophe Gougeon (Atopic) donne naissance au projet d’un documentaire pour interroger, 60 ans après le procès de Nuremberg, la contribution singulière de la justice internationale dans des contextes post-conflictuels au travers de l’exemple rwandais. En mars 2007, le tournage commence. En juillet 2008, le film D’ARUSHA À ARUSHA est terminé.

Réalisateur

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2011 FILM
2010 FILM
2009 FILM
2008 FILM
2007 FILM
2002 FILM
2000 FILM
1998 FILM
1996 FILM
Informations complémentaires: 

D'arusha à Arusha

Christophe Gargot
Date de sortie :: 
16/12/2009
France – 2008 – 1h55 – couleur – HD – 35mm
Au lendemain de la Seconde guerre mondiale, s’ouvre à Nuremberg le procès de dirigeants nazis. Il préfigure l’avènement de la justice pénale internationale. Depuis novembre 1994, à Arusha (Tanzanie), le Tribunal Pénal International pour le Rwanda (TPIR) est chargé par les Nations Unies de juger les responsables du génocide rwandais. Devant une communauté internationale aphone, celui-ci fit quelques mois plus tôt, d’avril à juin 1994, près d’un million de victimes, essentiellement des Tutsis. Comment la justice internationale s’exerce-t-elle au-delà de ses fondements politiques ? Qu’est-ce que juger à l’aune d’une conscience universelle ? S’appuyant sur les propres archives du Tribunal Pénal International pour le Rwanda, le film D’ARUSHA À ARUSHA met en scène le fonctionnement d’une diplomatie judiciaire.
Le Conseil de sécurité des Nations Unies, par sa résolution 955 du 8 novembre 1994, crée le Tribunal Pénal International pour le Rwanda (TPIR) afin de « juger les personnes présumées responsables d’actes de génocide et d’autres violations graves du droit international humanitaire commises sur le territoire du Rwanda et les citoyens rwandais présumés responsables de tels actes ou violations du droit international commis sur le territoire d’États voisins entre le 1er janvier et le 31 décembre 1994 ». Il décide que le siège du Tribunal sera à Arusha en République-Unie de Tanzanie. Pour l’année 2008-2009 son budget a été de 180 millions d’euros. En 2008, son effectif était de 1 032 postes et 693 en 2009. 86 nationalités sont actuellement représentées au tribunal.

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le tpir en quelques chiffres
79 personnes ont fait l’objet de poursuites
47 jugements ont été prononcés :
41 personnes ont été reconnues coupables,
6 ont été acquittées
26 affaires sont encore en cours
3 procès sont en attente
9 jugements sont en appel
6 personnes ont achevé leur peine
13 personnes sont encore en fuite

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« Le Tribunal des vaincus », cette citation de Raphaël Constant, avocat de Théoneste Bagosora révèle la complexité du procès. Cette formule est en fait de Thierry Cruvellier, seul journaliste à avoir couvert pendant six années consécutives les procès à Arusha. Il a écrit un livre majeur qui porte ce titre. Depuis le tribunal de Nuremberg, qui avait notamment remis en cause le principe de non-rétroactivité d’une loi ou encore accusé pour des actes que les Alliés avaient également commis, il est commun de parler d’une “ justice de vainqueur ”. Cette formule est percutante mais pas nécessairement pertinente, car comme le rappelle Todorov : “ Pour juger il faut nécessairement d’abord vaincre ”. La question est alors plus de savoir s’il s’agit d’une justice de puissant, et comment cette puissance est exercée. Le TPIR inaugure alors un résultat inédit : parce qu’il ne pourra s’émanciper de la pression politique exercée par le gouvernement Rwandais, il n’assumera jamais la totalité de son mandat, en particulier la poursuite des crimes de guerre commis par les rebelles du FPR. Il ne questionnera pas non plus la faillite de la communauté internationale en 1994. Le TPIR ne pourra donc jamais échapper à l’accusation d’avoir été partial dans le traitement de l’Histoire et d’avoir consacré, au bout du compte, la victoire d’un camp, celle du Front patriotique Rwandais. Restent donc les vaincus : les accusés, tous hutus, hormis un Belge, et la communauté internationale qui, en n’exerçant pas intégralement son mandat, ne sera pas parvenue à s’émanciper dans sa fonction de juger et, ce faisant, à réparer un peu sa faillite de 1994. Pour la justice, il peut donc y avoir plus dangereux que la force : la faiblesse.
Le documentaire de procès a une longue tradition dans l’histoire du cinéma. Certains films vous ont-ils inspirés ? Oui, notamment Un spécialiste d’Eyal Sivan et de Rony Brauman, 10ème Chambre de Raymond Depardon, Memory of justice, de Marcel Ophüls. Mais l’expérience cinématographique qui a sans doute été la plus déterminante s’est déroulée en classe de 4ème, lorsque mon professeur d’histoire nous a projeté Nuit et Brouillard, d’Alain Resnais. Car pour reprendre
Serge Daney, “ C’est par le cinéma que je suis que le pire venait juste d’avoir lieu ”.

Propos recueillis par Olivier Pierre tiré du catalogue FIDMarseille 2008

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Retourner au Rwanda moins pour entendre les récits de l’horreur que pour écouter les paroles d’après, pour entendre les paroles de la justice, pour tenter de remonter aux sources de ce massacre d’un million de victimes. D’un côté, des extraits d’archives de procès du Tribunal Pénal International pour le Rwanda (TPIR), installé à Arusha. Divers inculpés y sont entendus. Théoneste Bagosora, colonel à la retraite des Forces Armées Rwandaises et cerveau supposé du génocide, dont la défense a durée douze ans après son arrestation. Ou encore Georges Ruggiu, ancien éducateur belge égaré à Kigali, propagandiste zélé sur les ondes de la Radio Télévision Libre des Milles Collines. Juges et avocats débattent des chefs d’accusation, de l’idée d’une planification, de responsabilité, quant le procureur explique ses difficultés à mener son enquête. Se font jour ici les méandres diplomatiques et politiques d’hier, mais aussi d’aujourd’hui. De l’autre côté, hors des salles d’audiences, d’autres témoins et acteurs du drame, coupable ou victime chez eux, à domicile, reviennent sur les faits, leur implication, sur leur désarroi. Ainsi, exemplaire, un couple dont le mari, Hutu, a participé aux méfaits, est marié à une Tutsi, qu’il a pu épargner de justesse. Il ne s’agit pas d’opposer deux formes de justice, Christophe Gargot se refuse à tout simplisme, mais de compléter un exercice de haute rhétorique politique par une approche moins stratégique, plus démunie, plus exposée. Approche de ceux qui continuent de vivre sous le poids au quotidien de ce drame.’

Jean-Pierre Rehm -
Délégué Général Festival International du Documentaire de Marseille