Des chiens dans la neige (Jagdhunde)

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Scénario : Marek Helsner et Ann-Kristin Reyels
Caméra : Florian Foest
Montage : Halina Daugird
Son : Florian Kühnle
Musique : Henry Reyels
Décor : Grit Wendicke
Costumes : Dörte Schneider
Masques : Anna Peppler
Producteur délégué : Fabian Pöhlmann
Producteurs : Susann Schimk et Jörg Trentmann
 

Ann-Kristin Reyels

Ann-Kristin Reyels est née à Leipzig en 1976. De 1997 à 2001 elle est assistante et stagiaire sur de nombreuses productions TV et cinéma.


Elle travaille entre autres pour Peter von Haller. De 2001 à 2007, elle étudie la mise en scène à l’académie HFF Film et Télévision “Konrad Wolf” à Postdam. En 2004, avec quatre autres étudiants elle met en scène une pièce au théâtre Maxime Gorki de Berlin. Elle réalise plusieurs courts métrages avant Des chiens dans la neige (Jagdhunde), son premier long métrage.

2000 Raumpflege, film d’école, 10 min
2002 Tatiana, documentaire, 9 min
2004 Dim, 15 min
2005 Le caroussel, spot TV, 30 sec.
2007 Des chiens dans la neige (Jagdhunde)

Réalisateur

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2011 FILM
2010 FILM
2009 FILM
2008 FILM
2007 FILM
2002 FILM
2000 FILM
1998 FILM
1996 FILM
Informations complémentaires: 

Des chiens dans la neige (Jagdhunde)

Ann-Kristin Reyels
Distribution :: 
Date de sortie :: 
12/12/2007
Allemagne - 2007 - durée : 1h26 - 35mm - couleur - Dolby SR - 1.185
Noël approche. Henrik et Lars, son fils de 16 ans, habitent une vieille ferme de l’Uckermark, dans le nord-est de l’Allemagne. La grange doit être remise en état et transformée en hôtel pour accueillir des mariages. Nouveaux venus dans la région, le père et le fils n’ont pas de contact avec les autochtones. La relation entre Henrik et Lars se caractérise également par l’absence de communication. Lorsque Lars apprend que son père a une liaison avec sa tante Jana, il se sent plus isolé que jamais. Mais il fait la connaissance de Marie avec qui il se balade dans la campagne enneigée.
Entretien avec Ann-Kristin Reyels
Des chiens dans la neige est une histoire de famille et d’amour. L'environnement de cette région d'Allemagne Orientale tient également une place importante. Pour vous quel élément se détache?
L'histoire d'amour a pris plus d'importance pendant le tournage. Dans le scénario la famille était au premier plan. Et puis le fait que Marie ne puisse pas parler a donné plus de place à sa relation avec Lars. Bien que l'environnement ne soit pas essentiel j'ai tenu à tourner dans la province de l'Uckermark car elle est unique. Dans le film on voit des gens de la ville venus vivre à la campagne, mais qui n'aiment pas cela. Et pour cette sensation c'est l'Uckermark et non juste l'Est qu'il fallait.

Les paysages que vous montrez sont très beaux. Cette harmonie qu'ils dégagent vient-elle en contrepoint de la tension qui règne dans la famille de Lars? Pour moi, l'Uckermark est beau de toute façon. Je n'ai pas cherché à le rendre beau. Cette beauté est réelle.

Tous les adultes sont à la recherche de quelque chose qu'il ne parviennent pas à atteindre à cause de leur “paralysie” mentale. En particulier Henrick qui n'arrive à rien. Pour Lars et Marie c'est très différent. Ce sont eux les vrais adultes? On peut voir ça comme ça. Mais c'est surtout que Lars veut vraiment que ça change. Il veut que sa famille qui est comme prise dans les glaces commence à bouger. C'est imagé par le froid et la neige dans le film. Il prend conscience qu'il y a quelque chose de bizarre dans sa famille et il ne veut plus de ça. Il observe la situation. Et il agit peu à peu par sa présence et par sa relation avec Marie.

Les conflits entre adultes ne sont pas résolus mais mis en pièces par l'humour. Est ce que cette génération est incapable d'argumenter et de résoudre ses problèmes? Ce sont juste mes personnages qui en sont incapables. Je ne peux me permettre de généraliser. En écrivant le scénario on ne voulait pas faire une histoire noire, triste. Pour moi, il est important que les personnages puissent rire d'eux mêmes. Ils savent que leur conduite est ridicule, comique, mais ils ont un mal fou à échapper au mode de fonctionnement qu'ils ont mis en place pendant des années.

En tant que réalisatrice vous évitez l’éclatement du conflit grâce à votre mise en scène et à l’utilisation de l’humour. Il était important pour moi de montrer que chacun des personnages est digne de sympathie.

Dans une scène, des femmes d’âge mûr qui sont apparemment des non professionnelles jouent au ping-pong avec Lars et Marie. Cette scène ne ressemble pas, de par son aspect quasi-documentaire au reste du film. Pour quelle raison?
Elle survient peu de temps après que Lars rencontre Marie. Quelque chose de nouveau lui arrive. C’est pour cette raison qu’il y a un changement dans le style du film. De plus, si l’on excepte Marie, c’est la première apparition de femmes à l’écran dans le film. A ce moment, Lars pénètre pour la première fois dans un univers chaleureux où il se sent bien car elles ne sont pas distantes avec lui bien qu’il soit nouveau dans le village. Ces femmes sont à l’image de Marie.

Pouvez vous nous parler de la seule scène où Marie parle et réprimande son père? Nous en avons beaucoup parlé avec les acteurs et avons beaucoup répété. J’ai toujours senti que cette scène était importante mais j’en ai vraiment pris conscience après l’avoir tournée. C’est là que Marie s’émancipe, alors qu’elle n’en a pas vraiment besoin car la vie avec son père lui convient et elle ne veut pas quitter son village. En fait elle a pris les choses en main depuis que sa mère a quitté son père il y a longtemps. Elle est toujours sa fille, mais par certains aspects elle tient aussi le rôle de la femme. Pendant la dispute ellle exprime ce que tout le monde sait, sans avoir le courage de le dire haut et fort.

Constantin von Jascheroff qui interprète le rôle de Lars est très impressionnant. Comment l’avez-vous découvert ?
Le choix du comédien nous a pris beaucoup de temps. Il n’a été effectif que trois ou quatre semaines avant le tournage, parce qu’il était difficile pour beaucoup de garçons d’intégrer que Marie ne parle pas. Constantin est arrivé et cela s’est très bien passé. Mais le handicap n’est pas le sujet du film. En fait ce sont tous les personnages qui ont des difficultés à communiquer entre eux.

Dans votre film, on voit de nombreux animaux morts. Qu’est-ce que cela signifie?
L’animal mort le plus important est le rat qui est pris dans la glace. Ce qui peut-être vu comme une métaphore du film, comme un symbole de la torpeur qui soulage Lars. Mais, les chiens ont plus d’importance que ces animaux morts pour Lars parce qu’ils sont ses seuls amis, jusqu’à sa rencontre avec Marie. Ils sont plus proches de lui que ne le sont les êtres humains. Pour moi les chiens et la nature sont essentiels pour montrer que ce garçon a une grande ouverture d’esprit. Les chiens sont donc d’une certaine façon une métaphore pour le film.

Vers la fin du film, Robert, le petit ami de la mère de Lars, chante Le Voyage d’Hiver de Franz Schubert. Certains passages de ce morceau illustrent parfaitement les thèmes du film, par exemple “l’amour aime vagabonder”, “laissons les chiens fous hurler hors des demeures de leurs maîtres”. Quelle est la signification de ce morceau?

Quand j’écrivais le scénario, j’écoutais très souvent Le Voyage d’Hiver. Le film reflète effectivement ses thèmes et sa morale. C’est un morceau complexe qui est tout à la fois beau et amer. Quand Robert se lève et commence à chanter on ressent toute la complexité émotionnelle de la situation. Cela demande du courage de chanter cette chanson dans cette situation.

La fin du film appelle différentes interprétations. Est-ce que cela a été difficile de l’écrire et avez-vous songé à une fin plus classique? Durant le processus d’écriture j’ai beaucoup pensé à la fin. Pendant le montage, la fin du film a encore été longuement discutée entre nous et nous avons testé différentes versions. Mais j’ai toujours eu dans l’idée que la fin devait être positive car le changement est le thème essentiel de ce film.

Entretien réalisé par Claudius Lünstedt et Ansgar Vogt, Berlin, Janvier 2007