Dig !

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RÉALISATION: ONDI TIMONER
MONTAGE: ONDI TIMONER
NARRATION : COURTNEY TAYLOR
PHOTOGRAPHIE : ONDI TIMONER, VASCO LUCAS NUNES & DAVID TIMONER
PRODUCTION : ONDI TIMONER
CO-PRODUCTION : VASCO LUNAS NUNES

 

Ondi Timoner

ONDI TIMONER


Après son diplôme à l’Université de Yale, elle fonde Interpoler Films en 1994. Elle a tourné le documentaire " Voices from inside Time " (Grand Prix du Film de Yale), dans une prison de femmes au Connecticut, puis " The Nature of Beast " (vainqueur du Bettina Russel Grand Jury Prize), sur la journée épique d’une femme dans le système judiciaire. Plus tard, elle a tourné Dam Nation, autour d’une des plus anciennes civilisations en Afrique Sub-Saharienne. Sa fascination pour les héros et porte-parole de la contre-culture n’a d’égal quu sa passion pour la musique. Elle a tourné des clips et des documentaires pour les Dandy Warhols, Dave Oz, Vanessa Carlton, The Vines, Paul Westerberg et Lucinda Williams, parmi d’autres, et a financé, produit, réalisé et monté DIG !. Elle a écrit et réalisé un court-métrage de fiction, " Recycle ". C’est son style, une intimité très poussée avec le sujet auquel elle s’intéresse, qui, après 7 ans de tournage, donne cette vérité au montage final de DIG !, qu’elle a véritablement achevé la semaine de la naissance de son fils Joaquim.

Réalisateur

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2011 FILM
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2000 FILM
1998 FILM
1996 FILM

Dig !

Ondi Timoner
Date de sortie :: 
13/04/2005
USA – 2004 – 107’ – 35mm couleur - 1 :85 – Dolby SRD

DIG ! est l’histoire exemplaire de deux groupes de la scène indépendante américaine vue de l’intérieur : les Brian Jonestown Massacre de San Francisco et les Dandy Warhols de Portland. Unis au départ par un même esprit de révolte et de création, par une admiration réciproque, chacun va gérer à sa façon le tiraillement entre ses aspirations artistiques et sa soif de notoriété.
Ondi Timoner a capté 1500 heures d’images sur sept années pendant lesquelles elle a suivi leur évolution et leurs parcours croisés, en concert, backstage, en studio, sur la route, dans leur quotidien. Elle a filmé leur fracture – une amitié qui tourne à l’aigre. Car quand les uns modèrent leurs discours et s’adaptent à l’industrie pour atteindre un public plus large, les autres se radicalisent et se perdent dans des conflits internes, mais gagnent un statut de groupe culte.
DIG !, c’est le rock vu de l’intérieur, via le destin de deux groupes jumeaux, qui se sont tour à tour adorés, méprisés, inspirés, détestés, admirés…

ENTRETIEN AVEC ONDI TIMONER
Quel est le vrai sujet du film ?

DIG ! s’intéresse à ce qui se passe quand l’art et l’industrie se rencontrent, à travers le regard des leaders de deux groupes rock, qui sont les deux meilleurs amis au monde avant de devenir les rivaux les plus hargneux – mais qui restent une référence l’un pour l’autre. Il montre aussi la folie et l’esprit d’autodestruction, les compromis qu’il faut peut-être accepter pour réussir et ce qu’il en coûte de passer outre.
Comment en est venue l’idée?
J’ai commencé en rencontrant une dizaine de groupes qui tentaient de signer avec des maisons de disque, pour un projet, The Cut. J’avais l’intention de les suivre pendant plusieurs années pour voir comment les groupes gardent leur identité quand ils accèdent à l’industrie et au grand public. J’avais entendu parler des Brian Jonestown Massacre mais croyais à l’origine que c’était un groupe des années 60 à côté duquel j’étais passé. Leur manager, un ami, m’a vivement conseillé d’aller les voir, plusieurs labels s’intéressaient à eux. Quand je les ai rencontrés, ils me sont apparus comme des gens totalement fous et incroyablement charismatiques.
Et les Dandy Warhols ?
Anton m’a parlé d’eux et m’a envoyée à Portland, où j’ai rencontré Courtney et son groupe. Pour les Dandy Warhols, la musique est une expérience de fun. Il faisait leur chemin sur la scène de Portland, ils étaient déjà des rock-stars avant qu’on les considère comme tel. Ils venaient de signer avec Capitol, ils semblaient capables de faire toujours plus, et en avaient le désir. C’est avec eux qu’Anton voulait mener sa « révolution du monde de la musique » - je l’ai cru, car si quelqu’un pouvait faire la révolution c’était bien lui. Il y avait cette relation singulière entre eux : Courtney écrit des musiques magnifiques, mais a des problèmes avec les paroles, là où Anton n’a aucune peine à les écrire. C’est qui rend le personnage de Courtney si sympathique : son humilité.
Ainsi, tout ce que je cherchais en observant dix groupes, je l’obtenais avec ces deux-là. J’ai donc choisi de centrer mon propos sur eux seuls, sur ces deux personnalités liées entre elles – les amis les plus intimes devenus rivaux.
Quand avez-vous compris quel sujet vous teniez ?
Anton a emmené son groupe jouer au Viper Room. Ils avaient mis tout leur argent dans des sitars, et étaient assez remués. Ils avaient eu cette dispute dans mon jardin, celle où Matt Hollywood lui dit qu’il se prend pour Dieu. Anton a appelé le Viper pour demander d’annuler sa liste d’invités : « cette industrie est une mafia, personne ne rentre gratuitement ». Il voulait juste récupérer assez d’argent pour payer l’essence du retour. L’état de tension s’est prolongé dans la soirée et a abouti à cette baston sur scène, devant les responsables de huit labels.
Même si on ne connaît pas les deux groupes, on est immédiatement captivé par leur histoire. A quoi cela tient-il ?
Je pense que l’un et l’autre avance sans compromis, et qu’ils ont tous deux conscience de leur talent. Ils sont les plus grands fans l’un de l’autre. Ils sont très différents mais s’apprécient mutuellement plus qu’aucun autre groupe. J’ai voulu filmer tellement de choses de ce que j’ai vu que j’ai pu re-créer les expériences que nous avons vécues, pour mieux inviter les gens dans cette expérience. C’est un voyage comme ceux qu’on vit dans un film de fiction, quand vous êtes sur la route et vivez l’histoire comme si vous y étiez. C’était mon but et j’espère y être parvenue. Je ne pense pas qu’il faille connaître les groupes pour rentrer dans le film et l’apprécier. J’ai filmé les aventures de deux artistes, la manière dont se crée leur art, les relations qu’ils nouent entre eux et avec le système, leur intégrité, leur mode de vie. DIG ! est un long métrage dédié à la musique. Par ailleurs, BJM et DW sont parmi les groupes les plus extraordinaires que j’ai rencontrés et j’adore leur musique. Anton est un personnage incroyable, d’un charisme hors du commun, personne ne pourra le nier.
Qu’est-ce qui différencie Anton de Courtney ?
Courtney aime jouer de la musique, mais il aime le confort. Anton préfère les expériences limites. Il marche à la drogue et à l’alcool – il prend du poids et devient le doux et sympathique voisin qu’on rêve d’avoir, puis maigrit, sort de ses gonds, fait un disque incroyable et s’énerve dans tous les sens. Il sait quand il est le plus créatif et travaille sur ses propres limites. Peut-être est-ce la raison pour laquelle il a fait tellement plus de disques que Courtney : il va souvent chercher la douleur nécessaire à sa création.
Le film représente 7 ans de tournage, avec des heures d’images filmées. Il semble avoir fait l’objet d’un travail herculéen…
C’est vrai que ça été très intense, c’est 1500 heures d’images en tout. Mon frère David et moi avons commencé à filmer en 1995, et nous filmions presque tous les jours. On a accumulé des tonnes d’images et passé des tonnes de coups de téléphone. Après avoir passé 3 ou 4 ans à ce rythme j’ai su qu’il fallait commencer un montage. Il me prenait tellement de temps que j’ai choisi de rester en contact de façon hebdomadaire avec les groupes pour me tenir au courant avec leurs vies et coller à leur actualité. Le montage était épuisant. Il y a eu des moments assez durs pendant le tournage, comme lors de l’arrestation, mais finalement la partie la plus pénible fut le montage. A la fin, j’allais accoucher, je pleurais sans cesse, puis tout s’est passé en même temps : la naissance et l’aboutissement du film.
Quels sont vos moments favoris dans le film ?
J’en ai tellement… la fin, sans doute, sur les dernières mesures du titre de BJM, Nevertheless, quand on voit Anton s’éloigner dans le désert. Il y a aussi cette séquence de concert où Anton répond au gars qui lui balance des fruits sur scène et lui dit « reste dans l’ombre à jeter des fruits, je vois tes petites mains, toutes tremblantes de peur ». J’ai ressenti tellement d’émotion pour lui à ce moment là, c’est un moment vraiment poignant. Il est accablé de douleur, et pourtant il continue, sur scène, d’essayer de faire de belles choses, ses compositions restent magnifiques. J’aime aussi beaucoup la séquence où l’on voit les BJM perdus dans Chicago.
Que les groupes pensent-ils du film ?
Anton s’est à la fois violemment exprimé contre le film, mais conseille pourtant d’aller le voir sur son site ! Connaissant Anton, il a dû être à la fois excité et effrayé. Il a envie d’être reconnu pour ce qu’il a fait, mais n’avait pas de recul sur sa manière de traiter les gens jusqu’à ce qu’il voit le film. Il voulait toujours que la caméra tourne, on témoignait de sa révolution, à laquelle nous avons longtemps cru. Il ne m’a refusé le tournage que 2 fois : l’une, quand je filmais la dispute avec sa femme, l’autre où, après avoir pris de l’héroïne, il est parti vraiment très loin.
Joel pense que c’est un très bon témoignage sur sa période BJM, il a vu le film 10.000 fois et en est l’un de ses premiers supporter. Dean et Jeff adorent le film, les Dandy Warhols aussi.
Le film a-t-il modifié les relations entre Courtney et Anton ?
Les Dandy Warhols ne voulaient plus être approchés par les BJM depuis des années. D’ailleurs les BJM en avaient l’interdiction. Anton exprimait une rage, une jalousie réelles à l’encontre des Dandy Warhols. Il a eu l’impression d’avoir été floué sur le projet de révolution qu’il s’était fixé, que les Dandy Warhols ont trahi les idéaux qu’il voulait véhiculer, et ça l’a blessé.
Mais grâce au film, je crois, leurs relations se sont nettement améliorées. Courtney voue un vrai culte à Anton. Son humilité à l’écran l’a beaucoup touché. Ils sont véritablement le baromètre l’un de l’autre dans le succès et l’intégrité, ce qui rend l’histoire si prenante.
Quels sont vos projets ?
J’ai deux projets auxquels je suis très attachée. L’un au sujet de Glen Sherley, un homme qui, dans la prison de Fulsom, écrivait des chansons, et qui a été découvert par Johnny Cash. Le film montrera la dissolution de leur relation et comment le showbiz peut s’avérer parfois plus dangereux même que la prison. J’ai aussi un projet très excitant, pour Chris Blackwell (NDLR : patron de Island Records), d’histoire de la musique Jamaïcaine. Le film couvrira la scène musicale du ska au reggae, en passant par le dub, et montrera comment elle a marqué la musique d’aujourd’hui. Enfin, je vais terminer des documentaires que j’avais mis de côté pendant l’expérience de DIG !