Eat Sleep Die

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Nermina Lukac Raša • Milan Dragiši Le père • Jonathan Lampinen  Nicki • Peter Falt Peter • Ružica Pichler Rosi

Réalisation et scénario Gabriela Pichler • Photo Johan Lundborg • Montage Gabriela Pichler & Johan Lundborg • Son Martin Hennel • Montage son : Mikael Korner • Musique Andreas Svensson & Jonas Isaksson • Casting Lotta Forsblad • Costume Sandra Woltersdorf • Maquillage Kaj Gronberg • Direction de production Peter Kimay • Producteur exécutif Martin Persson • Producteur China Åhlander  • Une production Anagram Film • En co-production avec Film i Skane, Sverige Television, Film i Vast • Et le soutien de The Swedish Film Institute & The Swedish Arts Grants Committee
 

 

 

Gabriela PICHLER

Gabriela PICHLER nait dans une famille de la classe ouvrière d’un quartier marginalisé de la banlieue de Stockholm. Plus tard, ses parents, d’origine bosniaque et autrichienne, décident de déménager pour s’installer à la campagne où elle grandit. Pour étudier à l’école de réalisation de Goteborg, Gabriela quitte un emploi stable dans une fabrique de biscuits. En 2009, son projet de fin d’études, le court-métrage Scratches, recoit le prix cinématographique suédois Guldbaggen. A l’international, il remporte plusieurs récompenses, parmi lesquelles le prix du meilleur film au Fresh Film Fest de Karlovy Vary. Les films de Gabriela Pichler traitent principalement de la classe sociale et de l’identité culturelle. Son travail recherche toujours l’authenticité et l’inattendu dans la vie de tous les jours, et intègre souvent des acteurs non-professionnels. Eat Sleep Die est son premier long-métrage.
FILMOGRAPHIE :
2012 Eat Sleep Die
2008 Scratches (cm)
2008 Tova & Tess – King & Queen of the World (cm)
2007 Tokyo Underground Party (cm)
2007 Boredom (Leda) (cm)
2005 Man måste va frisk för att orka ha ont (cm)
2004 Nångång (cm)

Informations complémentaires: 

Mostra de Venise 2012 Prix du Public
Festival Premiers Plans Angers 2013 Prix du Jury et d'interprétation
Festival Nordica Paris 2013

Eat Sleep Die

Gabriela PICHLER
Distribution :: 
Date de sortie :: 
12/06/2013
2012 – Suède – 1h44 – 1,85 – Dolby SRD

Raisa, une jeune immigrante d’Europe de l’Est devenue ouvrière en Suède se retrouve licenciée malgré son dévouement et sa rigueur professionnels. Elle doit alors faire face à un système qui ne lui convient pas, celui du chômage. Mais sans diplôme et sans permis de conduire, difficile de trouver un nouveau travail. Avec un père à charge, Raisa n’a pourtant pas le choix. Munie de ses bottes de couleur, elle arpente les rues de la ville où elle a grandi, en quête d’un travail, sans jamais baisser les bras…

Note de la réalisatrice

Vous êtes-vous jamais demandé qui emballe sous plastique la salade fraîche que vous mangez au déjeuner ? Qui sont ces personnes qui perdent leur emploi suite à des licenciements dans les usines des petites villes rurales? Êtes-vous prêt à visiter une autre Suède?

Je voulais faire un film sur les gens que j’ai toujours aimés mais dont j’ai parfois eu honte de faire partie. La Suède a un rapport difficile avec sa propre image, elle doit assumer son statut de pays d’immigration et de terre d’asile. Je veux participer au processus de redéfinition de l’identité nationale suédoise. Une fille comme Raša, ouvrière musulmane passionnée, sûre d’elle et directe, qui se fiche totalement de ce que les autres pensent d’elle, remet clairement en question l’idée que les Suédois se sont toujours fait d’eux-mêmes. L’histoire de Raša est intimement liée à sa propre identité et à la façon dont les gens la considèrent, mais elle fait aussi écho à l’expérience de nombreux jeunes confrontés à la crise économique qui sévit actuellement en Europe, avec son taux de cho^mage élevé et ses contradictions croissantes au sein de la société. Mais pour moi il était tout aussi important de développer un sujet plus personnel et de faire le portrait d’une relation père-fille que je n’ai jamais eu l’occasion de voir à l’écran lorsque j’étais plus jeune.


 

Entretien avec la réalisatrice

Vous êtes-vous inspirée de votre expérience personnelle pour réaliser ce film ?
J’ai grandi dans un foyer de la classe ouvrière et j’ai travaillé dans la fabrique de biscuits locale. J’ai étudié à l’école de cinéma de Gothenburg, et Eat Sleep Die est mon premier long-métrage. Ma mère est d’origine bosniaque et mon père d’origine autrichienne, tous deux sont nés en Suède.

Quels étaient pour vous les principaux défis liés à cette production ?
Réaliser un film non-sentimental et honnête sur les gens de la classe ouvrière, sans avoir à céder aux conventions ni aux stéréotypes. Ne pas choisir la facilité, et ne jamais m’écarter de mon intuition.

En quoi le fait de travailler avec des acteurs débutants a-t-il influencé vos objectifs ?
Cela a donné au film un style très direct et authentique. Mon but était surtout de faire en sorte que les acteurs jouent de façon très naturelle et apportent au film leurs propres histoires et expériences personnelles.

Où avez-vous puisé votre inspiration pour ce film ?
Je voulais raconter l’histoire des gens que j’ai toujours aimés, mais dont j’avais honte de faire partie. Je voulais que Raša soit une sorte de Rocky Balboa de la campagne suédoise. Se battant non pas sur le ring, mais contre le chômage et la bureaucratie de la société.

Que voudriez-vous que le public retienne de ce film ?
L’humour et la chaleur des personnages. La merveilleuse performance de Nermina Lukac, qui interprète Raša, notre héroïne. expérience de travail en usine – eh bien, la plupart des acteurs suédois ne correspondront pas à ce profil. Je veux que l’interprétation soit totalement vraie et authentique, et pour mes personnages je me suis souvent inspirée des gens que nous avons rencontrés et qui nous ont séduits pendant la longue période de casting.

Votre formation était axée sur le documentaire. Cela a-t-il eu une influence sur ce travail ?
Oui, très certainement. J’ai toujours souhaité que ces gens fassent un pas en avant et soient vus à l’écran, puisqu’en général ils n’ont pas la chance d’être entendus. Ca a été ma mission dès le début, et ça l’est toujours.

Qui était Gabriela Pichler avant de devenir réalisatrice ?
L’employée d’une fabrique de biscuits qui a commencé des études de cinéma et a décidé de poursuivre ses rêves.

Pourquoi avez-vous choisi cette histoire pour votre premier long-métrage ?
Parce qu’il est important de redéfinir l’image de la Suède d’aujourd’hui. D’avoir une héroïne qui se démarque par son attitude incrédule, rebelle et volontaire. Et de rendre hommage à une relation père-fille rarement portée à l’écran.

Comment décririez-vous cette expérience de premier long-métrage ?
La même angoisse, les me^mes doutes et les mêmes problèmes que sur les courts-métrages, mais étalés sur une période plus longue, qui a duré trois ans et demi…

Quelle a été votre expérience sur le plateau ? (Les moments les plus satisfaisants et les plus difficiles)
La meilleure chose a été de travailler avec des gens qui ne s’étaient jamais trouvés face à une caméra, et de les voir jouer de façon épatante ! Cela m’émeut à chaque fois. Le plus difficile a été de toujours me fier à mon instinct et mes convictions, malgré le manque de temps et d’argent qui vous hante constamment.

Dans votre oeuvre précédente (Skrapsår – 2008) vous aviez aussi eu recours à des acteurs non-professionnels : est-ce un choix stylistique ? Pensez-vous que les acteurs non-professionnels peuvent exprimer plus de choses que les acteurs professionnels ?
Je pense que l’interprétation est aussi basée sur notre expérience personnelle, d’un point de vue à la fois social et ethnique. Par conséquent, si je veux trouver pour jouer le rôle principal une actrice ayant grandi dans le milieu ouvrier suédois, originaire de l’ex-Yougoslavie et parlant une seconde langue, avec en plus le dialecte du sud de la Suède et une expérience de travail en usine – eh bien, la plupart des acteurs suédois ne correspondront pas à ce profil. Je veux que l’interprétation soit totalement vraie et authentique, et pour mes personnages je me suis souvent inspirée des gens que nous avons rencontrés et qui nous ont séduits pendant la longue période de casting.