The five obstructions

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Réalisation : Lars von Trier, Jorgen Leth
Scénario : Lars von Trier, Jorgen Leth, Asger Leth
Production : Panic Productions, Zentropa
Compositeur : Henning Christiansen, Fridolin Nordso, Kristian Leth
1er assistant : Asger Leth
Photographie : Dan Holmberg
Monteur : Morten Hojbjerg
Chef monteur : Camilla Skousen
 

Lars Von Trier

Tous les films de Lars von Trier ont été sélectionnés pour le Festival International
du Film de Cannes, où ils ont reçu sept récompenses, dont le Grand Prix du Jury pour Breaking the Waves et la PALME D'OR pour Dancer in the Dark. Ses long métrages et ses séries télévisées, ont reçu d'innombrables récompenses dont une nomination aux Oscars pour la prestation d'Emily Watson dans Breaking the Waves.
En 1995 Lars von Trier a présenté le manifeste Dogma 95, avec son ”voeu de chasteté” cinématographique et en 1998 le film dogme Les Idiots a été présenté à Cannes.
“La Trilogie de l'Europe” de Lars von Triers inclut les films Element of Crime, Epidemic et Europa. La deuxième ”La Trilogie Coeur d'Or” inclut les films Breaking the Waves, Les Idiots et Dancer in the Dark.
Après la Trilogie de l'Europe Lars von Trier a réalisé les séries télévisées L'Hôpital et ses fantômes I & II en 1994 et 1997.
Lars von Trier est le réalisateur de Orchidegartneren (1977), Menthe - la bienheureuse (1979), Nocturne (1980), Den sidste Detalje (1981), Befrielsesbilleder (1982) (tous des films d'amateur ou des courts métrages), The Element of Crime (1984), Epidemic (1987), Europa (1991), Breaking the Waves (1996), Les Idiots (1998), Dancer in the Dark (2000), 5 Obstructions (2003), Dogville (2003), Manderlay (2005) et Le Direktor (2006)
Films du même auteur valorisés par le Gncr: 

Réalisateur

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2011 FILM
2010 FILM
2009 FILM
2008 FILM
2007 FILM
2002 FILM
2000 FILM
1998 FILM
1996 FILM
Informations complémentaires: 

The five obstructions

Lars Von Trier
Distribution :: 
Date de sortie :: 
10/03/2004
BELGIQUE/DANEMARK. 2003. 1h30. 35mm. 1,85. Couleur Dolby SR.
Lars von Trier considère The Perfect human (1967) comme l'un de ses films cultes. Il défie son réalisateur, Jorgen Leth, de tourner cinq remakes de ce court métrage. Pour chaque projet, il va lui imposer de nouvelles "obstructions", le forçant à repenser l'histoire et les personnages de son film original. Leth devra gérer restrictions, ordres et autres interdictions.

MANIFESTE DE LARS VON TRIER

DÉFOCALISER
Nous sommes à la recherche d’une chose fictionnelle, non pas factuelle. La fiction étant limitée par notre imagination, et les faits, par notre perspicacité, la partie du monde que nous cherchons ne peut être cernée par une « histoire », ou approchée suivant un « angle».
Le sujet que nous cherchons se trouve dans la même réalité que celle qui inspire les faiseurs de fiction. C’est la réalité que les journalistes pensent décrire. Mais ils ne parviennent pas à trouver ce sujet peu commun, car leurs techniques les aveuglent. En fait, ils ne veulent pas le trouver, car ces techniques sont devenues le but en soi.
Quand on découvre ou cherche une histoire, ou à fortiori un argument qui communique, on supprime cette histoire. Il suffit pour ce faire de mettre l’accent sur une simple régularité, réelle ou artificielle, ou présenter au monde une image-puzzle dont les solutions ont été choisies à l’avance.
L’histoire, l’argument, la révélation et la sensation nous ont dérobé ce sujet : le reste du monde, qu’il n’est pas si aisé de transmettre, mais sans lequel nous ne pouvons vivre !
L’ennemi, c’est l’histoire. Le thème, présenté en dépit de toute décence. Mais c’est aussi le fait que l’importance d’un argument soit prétendument soumis à l’évaluation du spectateur, à grands renforts de points de vue et de faits, contrebalancés par leurs antithèses. C’est la vénération du contour, tout-puissant, au détriment du sujet dont il provient.
Ce sujet, qui est peut-être le vrai trésor de la vie, s’est volatilisé devant nos yeux.
Comment le redécouvrir ? Comment le transmettre, le décrire ? Le défi ultime du futur est de voir sans regarder : défocaliser ! Dans un monde où les médias se prosternent devant l’autel de la netteté, et ce faisant vident la vie de toute vie, le DEFOCALISATEUR sera le communicateur de notre époque – ni plus, ni moins!
Lars von Trier  —  Rageleje, 22 mars 2000


MANIFESTE DE JØRGEN LETH
LE MOMENT VIENT
Ce que je préfère dans un film, c’est de sentir le temps couler à travers une scène. Il devrait toujours y avoir de la place pour le temps. Un film doit respirer naturellement. Quand on sort, on tend un piège à la réalité, de manière à la persuader de se conformer à cet état d’esprit qu’on lui a préparé. On est détendu, attentif, non-engagé. Les choses se passent lorsqu’elles se passent. Nous sommes exactement aussi malins et aussi stupides que des poissons. On peut sortir quand on veut, dans n’importe quelle direction, et parfois on tombe sur un moment magique. C’est ce qu’on recherche, mais il ne faut pas être trop gourmand, ou trop sûr de soi. L’expérience nous dit qu’ils existent, ces moments. Dans notre travail, on est armé de son instinct, de ses yeux et de ses oreilles. On se concentre autant sur l’espace vide que sur l’espace occupé. On observe le silence, et le bruit. On se fie aux cadeaux illimités du hasard, pourtant le lieu où on se trouve n’est pas nécessairement le fruit du hasard. Le moment surgit brusquement, où on n’est plus étonné par son apparition. Nous y voici. On est prêt à le capturer, à l’accepter. On ne sait pas où il nous mènera. On suit le courant, on regarde où il veut aller et ce qu’il veut faire de nous. On l’observe alors qu’il prend forme et s’assemble, mais il faut le capter tant qu’il coule encore, avant qu’il soit trop défini. On est amoureux. Un sentiment nous a frappés, que l’on essaye de percevoir durant son superficiel passage, mais que l’on a peur de perdre en le comprenant trop bien.
Jørgen Leth  —  Paris, 11 avril 2000