Gloria mundi

Text Resize

-A +A
Réalisateur : Nico Papatakis
Scénario : Nico Papatakis
Producteur : Nico Papatakis
Production : Nio Productions
Compositeur : Bernard Parmegiani, Tassos Chalkias
Photographie : Yorick Le Saux
Chef décorateur : Robert Voisin
Chef monteur : Thomas Bertay
 

Nico Papatakis

Papatakis le réfractaire, par Michel Ciment (extraits)
"Cinéaste rare et parcimonieux (six films en trente ans), Nico Papatakis apparaît aujourd'hui, dans ce monde où fait retour le politique, où l'exclusion est plus que jamais d'actualité, comme un auteur essentiel. Qu'il soit inclassable, qu'aucune étiquette ne puisse le définir n'est sans doute pas pour rien dans sa marginalisation au sein de la "grande famille du cinéma" comme aux regards de la critique. Mais être un homme de l'ombre n'est pas pour déplaire à ce créateur discret qui n'a jamais revendiqué une place parmi les professionnels de la profession. Ce n'est pas seulement parce que ses projets font peur ou dérangent (une adaptation des Jouets de Georges Michel, un film sur Lumumba, un autre, Oracle Perforé, réflexion philosophique sur le crime productif) que Papatakis ne nous a pas donné une filmographie plus abondante. Chaque tournage naît pour lui d'une nécessité profonde et ses activités politiques et militantes, le temps de la reflexion ou tout simplement la sphère privée comptent bien plus à ses yeux que la poursuite d'une carrière. Il ignore l'angoisse du prochain film, le désir de tourner le plus rapidement possible.

Né en 1918 à Addis Abeba d'un père grec et d'une mère éthiopienne, déchiré entre deux cultures, rejeté par l'une ou l'autre communauté, Papatakis sera sensible toujours aux clivages, aux injustices, à l'errance des damnés de la terre. Partie prenante de toutes les luttes révolutionnaires, il se battra dans sa jeunesse en Ethiopie contre les armées de Mussolini puis dans le pays de son père contre la dictature de Metaxas, connaitra en France l'occupation allemande, aidera les indépendantistes algériens, participera à la résistance contre les colonels grecs. Il n'en fera pas pour autant des "fictions de gauche" où se retrouveraient la bonne conscience et l'humanisme tiède."

Réalisateur

Biographie ipsum dolor sit amet, consectetur adipiscing elit. Suspendisse rhoncus, velit quis pellentesque vulputate, odio eros elementum felis, sed rhoncus leo felis non lacus. Vestibulum ante ipsum primis in faucibus orci luctus et ultrices posuere cubilia Curae; Curabitur feugiat adipiscing ante, commodo venenatis lorem lacinia ac. Donec nec dignissim mauris. Morbi ac dui dapibus diam vehicula ornare. Nullam at nisi augue, et laoreet lorem. Suspendisse velit nisi, porta eget rhoncus accumsan, auctor id augue. Aliquam non lectus velit, vel lobortis nisl. Mauris fringilla felis in urna blandit eleifend.
 
2011 FILM
2010 FILM
2009 FILM
2008 FILM
2007 FILM
2002 FILM
2000 FILM
1998 FILM
1996 FILM
Informations complémentaires: 

Gloria mundi

Nico Papatakis
Distribution :: 
Date de sortie :: 
02/11/2005
FRANCE. 1976. 1h 32. 35mm. 1,66. Couleur. Mono.
Devant l'horreur du réel, quelle fiction serait à même de secouer l'apathie ?
Une comédienne joue le rôle d'une terroriste arabe que des parachutistes torturent dans un film qui reste inachevé. Pour mieux incarner son personnage, elle se torture elle-même. Etroitement mêlées, la fiction et la réalité font de sa vie un calvaire : elle est séparée de son fils, de son amant ; un producteur l'humilie, des intellectuels de gauche se moquent de sa foi révolutionnaire...
Derrière la caméra, Hamdias son amant et réalisateur, assiste à sa souffrance à distance.
Henry Chapier LE QUOTIDIEN DE PARIS 1976
L’exploitation (en 1975) de « Gloria Mundi » de Nico Papatakis, fit l’objet d’intimidations et fut suspendue au bout de trois jours. S’il parlait de la torture pendant la guerre d’Algérie, et fut pour cela jugé indésirable par certains, le film garde, malgré le temps qui est passé, une pertinence qui le rend plus contemporain que sa forme ne pourrait le laisser penser. Nico Papatakis est une figure énigmatique qui fut tour à tour un activiste politique présent de la fin des années 30 jusqu’aux années 60 sur certains des principaux théâtres de la lutte révolutionnaire ; le fondateur du fameux cabaret « La rose rouge » où le quartier latin de l’après-guerre (Cocteau, Jacques Prévert, Boris Vian, Juliette Gréco Mouloudji…) se retrouvait ; le producteur de l’unique film de son ami Jean Genet, « Un chant d’amour » et le co-producteur du premier film de John Cassavetes, « Shadows » ; et bien entendu le réalisateur de films tels que « Les abysses » (plébiscité par Jean-Paul Sarte ou André Breton, il fit scandale à Cannes en 1962). « La photo » (Quinzaine des Réalisateurs Cannes 1986) ou encore de « L’équilibriste », sélectionné à Venise en 1991. Participer par notre travail à faire sortir une nouvelle fois de l’ombre une œuvre que l’histoire a rapidement et violement enfouie nous semble tout à fait passionnant, d’autant plus que l’actualité du film et des questions qu’il pose semble ne pas s’être éteinte.
Gloria Mundi mouture 2004 est un remontage (des retournages ont été effectués) et un remixage de la version originale. Cette version va dans le sens d’un adoucissement du propos, où plutôt de la manière de le faire passer, laissant plus de place à l’allégorie.


GLORIA MUNDI
Un psychodrame politique


Dans « Les abysses », ou encore « Les pâtres du désordre », la violence de Nico Papatakis faisait déjà rage : elle s’élevait contre l’injustice, l’arbitraire, l’abus de pouvoir, éternels thèmes de la tragédie grecque… Cette fureur, loin de s’apaiser, a toutes les raisons d’éclater chaque jour davantage : est-il besoin de multiplier les exemples ? Dès lors, le créateur se trouve confronté – comme les interprètes – à un problème d’expression formelle : devant l’horreur du réel, quelle fiction serait à même de secouer l’apathie ? Comment échapper si l’on respecte le fameux bon ton, la mesure, ou les conventions scéniques, à ce qu’il faut bien appeler l’esthétisme d’un spectacle ? Ces questions, Nico Papatakis les a résolues dans « Gloria Mundi » d’une façon originale : en mêlant l’action terroriste à sa transcription cinématographique, le cinéaste conduit une double réflexion ; sa première démarche tend à une autopsie du terroriste, tandis que l’autre cerne le problème de l’interprète contrainte à retrouver l’accent de la vérité, et celui du metteur en scène qui opère un va-et-vient ininterrompu entre ce qu’il doit faire, ce qu’il imagine entreprendre et ce qui lui reste finalement à filmer… Scénario astucieux, ambigu jusqu’à paraître diabolique dans ce jeu perpétuel entre la réalité et la fiction, et dont le but est d’égarer le spectateur, pour le tirer de sa neutralité bienveillante : ne lui laissant guère le loisir de s’identifier, le film de Papatakis le dérange, l’angoisse et le bouscule, jusqu’à lui faire admettre l’horreur de la torture dans le quotidien.

UNE FUREUR EPIQUE
« Gloria Mundi », malgré les indications fournies au hasard des répliques, n’est pas du tout un film à thèse sur les Palestiniens : il est vrai qu’on les cite, mais il s’agit d’une référence symbolique qui couvre tous les rejetés, les parias, les minoritaires, en un mot tous ceux qui créent des problèmes, et qui empêchent qu’on ait bonne conscience, en allant nous « distraire » au cinéma. Nous distraire ? Voilà bien pour un cinéaste comme Nico Papatakis le comble de l’irresponsabilité ! La gravité de son propos concerne surtout la façon dont les artistes conçoivent leur métier. Cette méditation court d’un bout à l’autre du film et s’exprime notamment à travers l’expérience vécue de l’héroïne Olga Karlatos, qui ne trouve les accents de la vérité qu’en s’imposant à elle-même les sévices qui guettent le personnage dont il lui faudra assumer le rôle. Des séquences comme celle où l’héroïne écrase des mégots encore brûlants sur ses seins ont valu au film une interdiction aux mineurs : il n’y avait pourtant pas dans l’intention du cinéaste l’ombre du sadisme complaisant qui déferle souvent dans les westerns, ou autres séries violentes du petit écran. Il est vrai que les cris des personnages de « Gloria Mundi » sont déchirants, que sa fureur épique est chose inhabituelle dans notre cinéma. Mais dire (…) que Papatakis n’a voulu que choquer, c’est vraiment passer à côté de l’allégorie, et de son véritable sens. Entre l’aventure d’un terroriste qui ne paraît jamais, et le projet du film qu’il continue à nourrir à travers sa maîtresse qui en serait l’interprète, il se glisse un autre ballet d’images muettes qui prend pour sujet le combat des rebelles contre ceux qui veulent les étouffer, en les récupérant. « Gloria Mundi » règle ainsi son compte à toute une société qui singe un certain libéralisme pour couper la révolte à sa racine, en l’endormant de promesses, en essayant de le corrompre au niveau du confort. Papatakis nous raconte une fable qu’on n’a guère de mal à replacer dans notre environnement culturel.(…)