Il Dono

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Réalisation : Michelangelo Frammartino
Scénariste : Michelangelo Frammartino
Production : Pierre Grise Distribution, Santamira Produzioni

 

Michelangelo Frammartino

2003 : Il Dono (1er long métrage)

Réalisateur

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Il Dono

Michelangelo Frammartino
Distribution :: 
Date de sortie :: 
29/09/2004
ITALIE. 2003. 1h20. 35mm. 1,33. Couleur. Mono.
Il dono suit le quotidien d'un village de Calabre, qui comptait quelques milliers d'occupants, mais aujourd'hui n'en abrite plus qu'une poignée : ses habitants semblent attendre simplement que le temps passe, dans une indifférente fuite des heures.
Un vieil homme vit seul dans une ferme. Il est subitement confronté à la modernité le jour où deux ouvriers oublient chez lui un téléphone portable, ainsi qu'une photo pornographique téléchargée sur internet...
Une jeune fille qu'on croit prise par quelque démon offre son joli corps aux assauts sans tendresse des automobilistes qui la prennent en stop...
Une boutique ouvre tous les jours ses rideaux sans avoir de clients...
Les gamins jouent avec un ballon, qui finit par dévaler les pentes du village...
Il dono est la chronique d'un monde rural en disparition, un hymne à la simplicité de l'existence.

PROPOS PAR MICHELANGELO FRAMMARTINO

Le récit


Une seule histoire ne peut pas raconter une vie entière jalonnée d’événements, rarement liés par un rapport de cause à effet, et souvent inexplicables. Le film offre des histoires. C’est le spectateur qui doit retrouver son histoire à raconter. Le film propose des parcours, prépare le terrain pour des histoires à venir. Il n’y a pas de dessin précis, pas de buts préconçus.  IL DONO ne s’inspire pas de la narration linéaire occidentale, mais embrasse l’aspect mystérieux de la vie, indéchiffrable, inracontable. Je n’impose pas une narration en amont. En acceptant l’impossibilité de tout expliquer, je laisse au spectateur la possibilité de retrouver son fil rouge, d’élaborer son interprétation, une des mille possibles, en sautant dans l’inconnu, en prenant des risques, en formulant des hypothèses qui pourront ensuite être démenties ou confirmées. Je m’intéresse à l’intériorité, mais le cinéma ne peut montrer que l’extériorité. Dans le film, les visages des vieillards assis dans le magasin ou les yeux pâles du fou du village ne révéleront jamais leurs pensées les plus intimes.
J’ai fait le choix d’occulter la parole. Les dialogues fragmentaires sont des sonorités qui rejoignent les bruits de fonds. La narration renonce aux déclarations comme seuls instruments d’explication.

Le lieu,  les gens
On est en Calabre, à Caulonia, le lieu de mon enfance. Cela faisait dix ans que je n’y étais pas retourné, mais j’avais besoin de la retrouver, de retrouver ses rythmes, ses espaces, ses présences physiques. Lors des repérages, j’ai observé les gens agir et j’ai consigné des gestes que j’ai pu reprendre ensuite au moment du tournage. A ce moment-là, j’avais peur de les déranger, puis, il y a eu comme un compromis entre eux et moi, une reconstruction commune.
Les acteurs n’ont pas de longs dialogues à dire, ils n’ont qu’à être là et respirer. Pas de grande troupe, de trucages cinématographiques ou d’acteurs. Le film n’avait besoin de rien d’autre que de la vie.
Parmi les protagonistes du film, le vieux est joué par mon grand père Angelo.
J’ai préféré dire que je ne savais pas ce qu’il y avait dans l’esprit des personnages, au lieu de les analyser à tout prix. J’ai privilégié la soustraction à l’addition. Une hésitation consciente, une discrétion qui nous laisse à la surface des choses et qui devient typique de la caméra. Une caméra focalisée sur l’enveloppe des choses. Spectatrice de faits bruts, grossiers, non forgés. Purs événements. Un vieillard qui monte une pente, un chien qui n’arrive plus à se dresser sur les pattes, les coups de pédale vigoureux de la jeune fille en robe bleue… La caméra n’a pas le pouvoir magique de faire arriver les choses, de développer l’histoire, elle devient spectatrice muette du réel.

Choix artistiques et de production
Le film a été tourné en 16 mm, passé au télécinéma et monté sur un petit poste de montage digital pour un coût total de 5 000 euros. On n’a pas réalisé le film parce qu’on avait 5 000 euros, au contraire c’est le film qui avait besoin de 5 000 euros pour venir au monde.
Les modalités de production, ainsi que les choix esthétiques et narratifs à la base du film, ont permis de le réaliser avec un investissement initial modéré. La caméra se tient à distance de l’action, préfère souvent l’enfermer dans un seul cadre, sans souligner ou relier les détails agrandis par une approche visuelle anormale pour les yeux. Les optiques choisies ne veulent pas altérer le réel, mais reproduisent fidèlement notre façon de voir. D’ailleurs, le but n’est pas d’enregistrer tout simplement, mais de donner la plus grande liberté au spectateur, invité à recomposer le film à son tour. Au spectateur le plaisir de le retravailler après la projection, reconstruire les personnages, les mettre en relation les uns avec les autres, choisir enfin une mise au point personnelle. Les images du film ne devraient donc pas s’estomper sur le noir de l’écran, s’accomplir à la fin de la pellicule, mais continuer à s’écouler comme la vie, comme une personne que nous rencontrons par hasard et nous revient à l’esprit de temps en temps.

Il dono, le don
Le titre du film est un hommage à Derrida et à son concept du don. Le don est une aporie, pour qu’un don soit possible, il faut qu’il soit impossible (non gratifiant, non intéressé, non dit, etc.). Si ces conditions ne sont pas réunies, c’est peut-être un échange, mais pas un don. Le don doit être oublié pour qu’il ne rentre pas dans le système de l’échange, du débit/crédit, pour qu’il garde sa nature de don sans devenir autre chose.
Quand le vieillard offre la Vespa à la jeune fille, elle voudrait lui offrir son corps en échange ; mais pour lui, c’est un don, et elle pourra remplacer enfin son vélo.