Journées à la campagne

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Réalisateur : Raoul Ruiz
Scénariste : Raoul Ruiz
Production : Margo Films
Compositeur : Jorge Arriagada
Photographie : Inti Briones

 

Raoul Ruiz

A 5 ans, Raoul Ruiz est atteint d'un début de tuberculose. Son père est un capitaine dans la marine marchande, autoritaire et farfelu. Nourri de littérature Ruiz suit des études de droit et de théologie -l'occasion pour lui de diriger le ciné-club de l'université- et écrit des dizaines de pièces de théâtre d'avant-garde. Son premier long-métrage Tres tristes tigres, qui retrace le destin croisé de trois habitants de Santiago, décroche le Léopard d'Or à Locarno en 1969, année de son mariage avec sa collaboratrice Valeria Sarmiento. Militant socialiste, l'apprenti cinéaste devient à cette même époque conseiller cinématographique pour le parti d'Allende. Mais il quitte le Chili au lendemain du coup d'état de Pinochet.
Installé à Paris, Raoul Ruiz tourne en 1974 Dialogue d'exilés, inspiré de son expérience de réfugié politique. S'inspirant des écrits du philosophe Pierre Klossowski, il signe La Vocation suspendue (1977), l'histoire d'un abbé troublé par les querelles idéologiques qui agitent sa communauté religieuse, puis L'Hypothèse du tableau volé (1978), réflexion sur l'art et ses secrets. Imprégné de surréalisme, Ruiz opte au début des années 80 pour un registre plus léger, en tournant des récits d'aventures dans lesquels il laisse libre cours à son imagination : Les Trois couronnes du matelot en 1982, La Ville des pirates ou encore L'Oeil qui ment en 1993.
Trois vies et une seule mort est sélectionné en 1996 à Cannes. Sans renoncer aux audaces formelles qui ont fait sa réputation -y compris lorsqu'il relève le défi d'adapter Le Temps retrouvé de Proust (1999)- le cinéaste tourne désormais dans des conditions plus confortables, le plus souvent en association avec le producteur Paulo Branco. De Michel Piccoli et Catherine Deneuve (Généalogies d'un crime) à Isabelle Huppert (La Comédie de l'innocence), Arielle Dombasle (Les Ames fortes, adaptation de Giono en 2001) et Elsa Zylberstein (le mordant Ce jour-là). En 2004, Dias de campo, dans une veine plus intimiste, marque le retour de Raoul Ruiz dans son pays natal, trente après son départ en exil. Puis il signe le drame romanesque Le Domaine perdu, sur le destin entrecroisé de deux pilotes entre le Chili et l'Europe du XXème siècle.
Raoul Ruiz est mort le 19 Août 2011 à Paris d’une infection pulmonaire. Il venait d’avoir soixante-dix ans et était né au Chili, à Puerto-Montt, en Patagonie. La Nuit d’en Face est son dernier film. Une sorte de testament mystérieux dont personne, sur le tournage, qui eut lieu en mars et avril 2011 à Santiago du Chili, n’avait compris le véritable sens. Ce film, Raoul Ruiz l’avait conçu pour être vu après sa mort, une mort qu’il savait prochaine. À ses proches, à ses amis, il disait qu’il s’inspirait de contes d’Hernan del Solar, le père d’un de ses plus vieux amis, ou bien encore, aux plus rusés, qu’il parlait de son enfance, ou bien encore de celle d’un autre de ses amis. Toutes ces fausses pistes n’avaient qu’un but : semer des leurres, égarer ses proches, ne pas les inquiéter, ne pas les attrister. Raoul Ruiz savait que serait son dernier film, qu’il nous y parlerait une dernière fois, d’outre- tombe, et qu’il n’y aurait pas d’autre film de lui, après. La Nuit d’en Face est un résumé de son œuvre, un film émouvant, et drôle.
Films du même auteur valorisés par le Gncr: 

Réalisateur

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2011 FILM
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2000 FILM
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1996 FILM

Journées à la campagne

Raoul Ruiz
Distribution :: 
Date de sortie :: 
15/12/2004
CHILI/FRANCE. 2003. 1h30. 35mm. Couleur.
Nous sommes à Santiago du Chili, dans un bar. Deux vieillards discutent en buvant. Il semble que l'un d'eux soit en train d'écrire un roman. Conversation bizarre : ils parlent d'eux-mêmes comme s'ils étaient déjà morts, le prétendu romancier, don Federico, cueille des allumettes dans son verre de vin, une curieuse étrangeté s'installe...
Où sommes-nous, au juste ? au royaume des morts ? Pas tout à fait. Tout au plus dans une vie antérieure, dans le souvenir. Car don Federico se met à évoquer le temps de sa jeunesse, jadis, quand il vivait à la campagne...

NOTE DU RÉALISATEUR :
Je suis parti du Chili en 1973. Après dix ans d'exil j'y suis retourné. J'ai été surpris de constater que rien dans mon pays ne me donnait l'envie de faire un film.


Moi, à qui la seule idée de faire un film à Taiwan, en Sicile ou en Hollande me faisait venir des dizaines d'idées de fictions filmables, je me sentais devant le pays de mon enfance, comme paralysé, sans aucune idée.

J'ai du attendre encore vingt ans pour que les images du Chili commencent à se constituer en fictions que j'avais envie de filmer.

J'ai commencé par de petits commentaires. Et puis, un jour, je me suis trouvé sans savoir trop comment ni pourquoi, en train de tourner une fiction chilienne.
Qu'est-ce que ça veut dire "chilienne" ? Autrefois j'aurais répondu "une fiction sans qualités" (comme on dit : "L'Homme sans Qualités"). Aujourd'hui j'aurais plutôt tendance à dire : un film dans lequel tous les éléments locaux seraient, tout d'abord, sujet d'étonnement et d'étrangeté, où le fantastique découlerait naturellement de petits événements "sans histoire". Evénements flottants dans un monde qu'ignore la chronologie. Un monde où vous n'arrivez pas à savoir si vous êtes en train de vous rappeler d'un événement du passé ou si c'est le passé qui est en train de se souvenir de vous.

Au départ, je voulais simplement adapter une nouvelle de l'écrivain Federico Gana que j'avais lue à l'école. Puis j'ai décidé de mélanger deux de ses nouvelles. Finalement, j'ai fini par faire un film sur les souvenirs que la lecture de ses nouvelles avaient provoqués - j'avais huit ans - chez l'homme que je suis. Des souvenirs inversés, en quelque sorte.