L'idiot

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Scénario et Réalisation Pierre Léon
Photographie Thomas Favel
Musique Benjamin Esdraffo
Costumes Renaud Legrand
Décors Renaud Legrand
Son Rosalie Revoyre
Montage Martial Salomon
Production Pierre Léon
Spy Films & Chez Maman

 

Pierre Leon

Né à Moscou en 1959. Pierre Léon, acteur et réalisateur, est plusieurs fois membre du jury du concours de l'école de cinéma La Fémis. Il commence par l'interprétation en 1989 dans un film de Louis Skorecki par ailleurs chroniqueur à Libération. Puis il enchaîne avec des seconds rôles dans deux films de l'ex-critique et auteur Jean-Claude Biette : Chasse gardée (1992) et Le Complexe de Toulon (1996). Comme ce dernier, Pierre Léon collabore entre-temps à la revue de cinéma Trafic.
L'acteur passe à la réalisation en 2001, entamant une collaboration avec des partenaires récurrents : outre Biette, Anne Benhaïem, Serge Bozon. Avec son frère Vladimir Léon, il tourne un documentaire en 2004, témoignages de membres de sa famille ainsi que de l'actrice Marina Vlady sur l'époque communiste en Russie, Nissim dit Max. Après quelques petits rôles notamment dans un film de Jean-Paul Civeyrac (Toutes ces Belles Promesses) aux côtés de Jeanne Balibar et Bulle Ogier, ainsi que d'Eugène Green (Le Pont des arts), Pierre Léon tourne Octobre, rencontre dans un train autour de Dostoïevski. Il réalise ensuite en 2007 Guillaume et les Sortilèges, film de fantômes sans effets spéciaux. Puis en 2008, L'Idiot, adaptation de Dostoievski.

FILMOGRAPHIE
2009  L'Idiot
2007 Guillaume et les sortilèges
2006 Octobre

Réalisateur

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2011 FILM
2010 FILM
2009 FILM
2008 FILM
2007 FILM
2002 FILM
2000 FILM
1998 FILM
1996 FILM

L'idiot

Pierre Leon
Distribution :: 
Date de sortie :: 
15/04/2009
France - 2008 - 1h01 - Haute Définition - noir et blanc
Nastassia Philippovna, une femme et quatre hommes. L’un est son protecteur, qui veut se débarrasser d’elle pour faire un mariage de raison ; l’autre est celui à qui on l’a promise contre dot avantageuse ; il y a aussi son soupirant, marginal et ténébreux. Et l’idiot, celui qui l’aime follement, et qui a décidé de la “sauver”. Tous quatre, et quelques autres, se retrouvent lors d’une soirée chez Nastassia. Personne ne décidera pour elle : elle choisira le dénouement. Sa propre perte.
Pierre Léon : Un scandale, c’est comme une guerre civile. Sans effusion de sang. Mais pas sans effusions. Chaque acteur du scandale a son objectif de guerre, ses troupes, ses avant-gardes, ses arrière-pensées, son arrière-front.
Dans l’Idiot, il m’a semblé que l’épisode qui clôt la première partie, c’est-à-dire l’anniversaire de Nastassia Philippovna, était de ce point de vue un modèle. Il s’agit d’une réunion hétéroclite de quatre prétendants de Nastassia que la jeune femme va provoquer avec l’aide de Ferdychtchenko, un “bouffon” de service, chargé d’attiser les passions par un jeu de la vérité qui va dégénérer.
Les enjeux sont si complexes — la relative nostalgie de Totski, qui veut se débarrasser de Nastassia Philippovna, sa maîtresse, en la mariant à un jeune ambitieux, Gania, contre une importante somme d’argent, l’amour déréglé de Rogogine, la pitié et la grandeur à contretemps du prince Mychkine, cet Idiot qui laisse tous les drames s’écrire en clair sur son visage, la honte de Gania — que tous les personnages, plutôt que d’essayer de comprendre, se précipitent tête baissée, au risque de se fracasser contre le mur.
Chez Nastassia Philippovna, ce soir-là, en une heure et quelques secondes, les tensions accumulées, portées à leur maximum, se résolvent dans un véritable cluster — “une attaque simultanée, au hasard ou non, de plusieurs notes sur un clavier ” (Larousse).
J’ai pensé que cet épisode, tendu et direct, était comme un commentaire d’aujourd’hui du roman de Dostoïevski. D’où, formellement, le choix de ne pas reconstituer la Russie du XIXe siècle, mais plutôt un hors-temps européen. C’est une scène sans ellipse, un film-séquence, en quelque sorte, une tragédie mondaine qui dévide les querelles mais dont personne ne sortira indemne.