Le 5ème empire

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Réalisateur : Manoel de Oliveira
Scénariste : Manoel de Oliveira
Producteur : Paulo Branco
D'après l'oeuvre de : José Régio
Dialoguiste : Manoel de Oliveira
Photographie : Sabine Lancelin
Son : Philippe Morel
Costumière : Isabel Branco
Chef décorateur : Zé Branco
Chef monteur : Valérie Loiseleux
Mixage : Jean-Pierre Laforce

 

Manoel De Oliveira

Fils de la bourgeoisie industrielle de Porto, Manoel de Oliveira, dernier d'une fratrie, est saisi par la passion du 7ème art à l'âge de 18 ans. Il débute comme acteur, mais c'est la réalisation qui l'intéresse. En 1931 il, tourne son premier court-métrage Douro Faina Fluvial, documentaire muet consacré à l'activité des ouvriers sur les rives du Douro, salué par la critique internationale.
Son premier long métrage Aniki bobo, est un film pour enfants sorti en 1942. Mais le climat politique portugais, ajouté au manque d'infrastructures cinématographiques sous la dictature de Salazar, l'obligent à mettre sa carrière entre parenthèses. Il peut enfin réaliser en 1963 son deuxième long métrage, Actes de printemps. Cette évocation de la passion de Christ voit le réalisateur s'éloigner du réalisme de ses débuts.
Avec la chute de Salazar, les années 70 marquent le grand retour de Manoel de Oliveira, auteur d'une tétralogie des amours frustrées, qui comprend notamment Amour de perdition et Francisca (remarqué à Cannes en 1981). Nullement prophète en son pays, Oliveira s'attire peu à peu les faveurs des cinéphiles du monde entier, grâce à des oeuvres exigeantes telles que Le Soulier de satin, adaptation-fleuve de l'oeuvre de Claudel en 1985, Les Cannibales, fable ironique présentée à Cannes en 1988, ou encore La Divine Comédie, qui relate les interrogations métaphysiques d'un groupe d'aliénés.
La consécration arrive en 1993 avec Val Abraham, une variation limpide autour de Madame Bovary qui fait sensation à Cannes Tout en s'entourant de fidèles collaborateurs (du producteur Paulo Branco au comédien Luis Miguel Cintra), il peut désormais faire appel à des stars comme John Malkovich et Catherine Deneuve (Le Couvent), Marcello Mastroianni (Voyage au début du monde), ou encore Michel Piccoli (Je rentre à la maison). Tournant régulièrement en France, le maître de Porto signe en 1999 une audacieuse transposition de La Princesse de Clèves dans le Paris d'aujourd'hui (Le Principe de l'incertitude en 2002), il se penche sur son passé dans Porto de mon enfance (2001) et sur celui de son pays dans les austères Parole et utopie et Le Cinquième empire (2005). Il réalise en 2005 Le Miroir magique et en 2006 Belle toujours (hommage au film de Bunuel Belle de Jour).

Filmographie
1931 Douro faina flunial
(doc), 1942 Aniki Bóbó, 1956 Artistes dans la ville (doc), 1963 La passion du Christ, 1963 A Caça, 1971 passé et présent 1975 Benilde ou la vierge mère, 1978 Amour de perdition, 1981 Fransisca, 1985 Le Soulier de Satin,  1986 Mon Cas, 1988 Les Cannibales, 1990 Non, ou la vaine gloire de commander, 1991 La Divine comédie, 1992 Le Jour du désespoir, 1993 Val Abraham, 1994 La Cassette, 1993 Le Couvent, Fiction 90’, 1996 The Party, 1997 Voyage au début du monde, 1998 Inquiétude, 1999 La Lettre , 2000 Parole et utopie , 2001 Je rentre à la maison, 2001 Porto de mon enfance, (doc), 2002 Le Principe de l'incertitude , 2003 Un Film parlé, , 2004 Le Ve empire - Hier comme aujourd'hui , 2005 Le miroir magique, 2006 Belle toujours,, 2007 Christophe Colomb, l'enigme - 2009 Singularités d’une jeune fille blonde - 2014 Le Vieillard du Restelo - 2011 L’Etrange affaire Angelica - 2012 Gebo et L’ombre

 

Réalisateur

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2011 FILM
2010 FILM
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2007 FILM
2002 FILM
2000 FILM
1998 FILM
1996 FILM

Le 5ème empire

Manoel De Oliveira
Distribution :: 
Date de sortie :: 
04/05/2005
PORTUGAL. 2004. 2h07min. 35mm. 1,66. Couleur. Dolby SRD.

En réponse aux questionnements qu’impose notre monde actuel, marqué par le terrorisme et la résurgence des conflits religieux, Manoel de Oliveira propose dans son dernier film « Le Cinquième Empire », un retour vers l’histoire et plus particulièrement vers un fait constitutif de l’identité portugaise, la légende du Roi Sébastien. Mort prématurément et mystérieusement pendant la bataille de Ksar el-Kébir en 1578, le jeune roi âgé de 24 ans est l’instigateur d’une bataille meurtrière, qui marque un tournant historique entre islam et chrétienté. A partir de l’œuvre théâtrale de José Regio, Oliveira construit son film en trois actes autour de la nuit précédent le départ et des tiraillements intérieurs du jeune roi duquel on a à la fois reproché l’inconscience et déploré la disparition.

Jorge Listopad, Journal de Lettres, 15-28 septembres 2004
Le Cinquième empire, Impressionnant portrait du Roi Sébastien, figure torturée et malsaine, guidée par un fanatisme belliqueux et indignant. Sa recherche aveugle de gloire est le fil conducteur de ce film qui met brillamment dans des plans d'ombre, de son, de silence et de vent fort un texte de José Régio.

Journal de Lettres - Le 5ème empire semble être votre film le plus "noir", sans espoir.


Manoel de Oliveira - Celui-ci est mon film le plus prometteur donc dépasse le temps à travers le chant religieux. De la matérialité séculière se passe pour la spiritualité intemporelle. C'est un film qui traite du sacrifice.
JL - Néanmoins, c’est un film qui met dans scène un personnage aveuglé par la volonté de conquête, de pouvoir, de domination.
MO – Il ne s'agit pas d'un personnage têtu mais prédestiné. C'est cela qui le rend aliéné et "anormal". Il prétend se conserver pur et intact pour que se donne dans sacrifice dans bien de l'humanité. Il s'agit ici du Cinquième Empire, du retour des messies.
JL - l'envie de faire la guerre est vue comme une cécité concernant le reste de la vie, aux relations d'amour, d'amitié, parents.
MO - Ce personnage a que suivra sa destination. Christ n'aurait pas été sacrifié s'était d'accord comme les Juifs, se soutenait le judaïsme. Tout ceci est utopique donc l'Utopie seulement le cesse d'être quand se prend réalité.
JL - Mais telle que toutes les Utopie traitées par la littérature (comme celle de Thomas Moore, par exemple), sont des places où apetece ne pas vivre...
MO - l'Utopie est le guide de la réalité, est la lumière. Nous marchons avec certaine finalité et la plus désirée c'est l'Utopie. Mais les utopies sain places qui se désirent dépasser. Ceci est aussi ancien que l'humanité. C'est le mystère qui implique ce personnage qui le prend dans une figure poétique et intéressante. Il est un mystère insondable. Mais cette thématique n’ est pas limitée à D. Sebastião. La 12° Imã musulman était considérée "dissimulé", apparaissant déjà comme les messies qui venaient pour combattre le mal dans le monde, combattant pour la paix et pour l'harmonie. Ce projet arabe utopique est aussi chrétien, universel.
Une grande partie des nations occidentales sont nées avec l'expulsion des musulmans qui veulent maintenant se réapproprier un occident décadant.
JL - Luís Miguel Cintra incarne dans ce film la figure du prophète.
Mo- Son personnage est un personnage historique. C'était un homme qui prévoyait l'avenir. Il a prévu Alcácer-Quibir avant arriver. Comme est dit dans le film, il savait que le roi Sébastien était né "blessé de mort".
JL - Ce film totalement est fermé sur lui propre, toujours les mêmes salles, la fenêtre gradeada, les intérieurs interlopes. Il y a seulement un peu de vent qui les rapporte avec l'extérieur.
MO- Il s'agit d'une pièce dans trois actes qui se passe toujours dans le même lieu. Le vent n'existe pas dans la pièce. Nous l’avons introduit pour augmenter le mystère qu’implique la situation, le personnage.
JL - Vos films, par très pesé ou intenses qui soient, ont toujours un moment de rire ou au moins de sourire. Ce film ne permet aucun comme de "soulagement", même le rire est terrible, vient par les figures des idiots, de l'"anomalie".
MO - Mais dans la Passion de Christ n'y a aussi aucun moment de soulagement. Et néanmoins, plus le plus grand des soulagement, c'est Christ d'avoir venu au monde pour que sacrifient. Le roi Sébastien imite Christ, aussi veut être sacrifié. Tous ces mythes ont un fond religieux. 
L'Union européenne, soumise à l'athéisme, est pour l'instant une Utopie : il cherche à un seules formes de procédure dans toutes les nations. C'est une manière diverse de tendre pour autre forme de religion. La vie moderne se prend de plus en plus artificiel, et l'athéisme dominant prétend que l'Homme est le créateur d'une Nature qui ne fait plus que détruira. Ce sont des faits que je ne condamne pas ni cesse condamner : seulement je constate.