Les murmures du vent

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cénario : Shahram ALIDI
Image : Touraj ASLANI
Son : Asghar ABYOUN
Montage : Hayedeh SAFLYARL
 

 

Shahram Alidi

Shahram Alidi est né en 1971 à Sanandaj au Kurdistan Iranien. Durant sa scolarité, il s’intéresse à l’écriture et au théâtre et joue dans de nombreuses pièces. Il continue ses études en peinture et dessin à la faculté des Beaux Arts de l’université de Téhéran et obtient une maîtrise en 1998. En l’an 2000, Shahram Alidi s’intéresse à l’animation et continue ses études à la faculté de cinéma de l’université de « Honar » de Téhéran. Le Recensement du dernier village, son court-métrage réalisé en 2003, a obtenu beaucoup de succès dans de nombreux festivals internationaux. Les Murmures du vent (Sirta la gal ba) est son premier long-métrage.

Réalisateur

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2011 FILM
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2002 FILM
2000 FILM
1998 FILM
1996 FILM

Les murmures du vent

Shahram Alidi
Distribution :: 
Date de sortie :: 
31/03/2010
Irak - 2009 - 1h17 - Couleur - 35mm
Mam Baldar, l’oncle aux ailes, exerce depuis bien longtemps le métier de postier dans différents villages de montagne au Kurdistan Irakien. Mais il n’est pas un postier comme les autres puisqu’il transmet des sons et des paroles enregistrés sur des cassettes. Un jour, un commandant des partisans, loin de chez lui, demande d’enregistrer les premiers pleurs de son enfant qui va naître prochainement. En se rendant dans ce village, le postier découvre que tous les enfants ainsi que la femme du commandant ont été conduits dans une vallée éloignée afin d’assurer leur sécurité, et il se met donc en route pour les rejoindre là où ils sont...     
SHAHRAM ALIDI A PROPOS DU FILM
Parcours et influences
« Je suis né en 1971 à Sanandadj, Kurdistan, en Iran, à l’époque où les arbres étaient oranges et jaunes. J’ai terminé l’école là-bas. Un de mes premiers souvenirs de cinéma remonte à l’enfance. La boutique de mon père se trouvait à côté d’un cinéma. Nous pouvions aller voir des films parce que l’ouvreur qui contrôlait les tickets était un ami de mon père. J’étais aussi attiré par le théâtre lorsque j’étais à l’école élémentaire, mais c’était juste un passe temps. J’ai commencé à m’intéresser à l’art et à la peinture au lycée puis je suis allé à l’université des Beaux Arts de Téhéran en 1993. Je me suis alors essayé à l’illustration de livres pour enfants, me retrouvant soudain dans un monde animé et coloré.
Concernant mes influences, les films classiques me touchent beaucoup, les chefs d’oeuvres qui dépeignent des mondes insaisissables remplis de poésie et d’imagination. Mes préférés sont ceux d’Ozu, Kurosawa et Tarkovsky. Les Sept Samouraïs et leurs relations intrinsèques, l’apogée épique de l’histoire qui annonce la renaissance du cinéma… Les rêves permettent d’accéder à la réalité. J’éprouve au cinéma la même chose que devant l’art pictural ou graphique.
Dans mon esprit, chaque plan d’un film commence comme un tableau dont découlent ensuite beaucoup d’autres plans. En fait, c’est le minimalisme que l’on trouve dans la calligraphie japonaise et dans l’art du dessin floral qui m’inspire. »

Traiter du génocide kurde
« Au cours de voyages en passant la frontière Irano Irakienne, j’ai visité de nombreux villages. J’ai vécu avec les habitants, parlé aux survivants d’Anfal et filmé les ruines des maisons. Je voulais vraiment montrer l’atmosphère surréaliste de tous ces lieux. J’ai écrit 40 versions différentes au cours de ces quatre années. Le film a finalement été tourné dans deux villages très près de la frontière Irano Irakienne qui s’appellent Soran et Rwandez.
La courte durée de la vie des être humains est un sujet qui me préoccupe depuis toujours. J’aimerais trouver un moyen d’embellir la vie. On ne peut pas prolonger la vie des gens, mais les artistes peuvent rendre immortel l’art créé par l’homme. Me souvenir de tous les massacres, ceux des Juifs, des Arméniens et des Kurdes. Me souvenir de leurs rêves ensevelis…Tout cela me donne envie de graver une belle branche et de me battre contre la mortalité. »

Un tournage compliqué
« Le tournage a eu lieu en automne et il a fallu beaucoup de patience pour travailler avec le soleil, les ombres et les nuages. Au Kurdistan, il n’y a pas de courant électrique et les gens utilisent des générateurs. A cause des problèmes d’éclairage, nous n’avons pas pu filmer de scènes d’intérieur.
Ce qui a demandé le plus d’énergie, c’était le défi d’utiliser des acteurs non professionnels. L’un d’entre eux, par exemple, a disparu après 15 longues prises (en 35mm) sans rien dire à personne. Il s’est enfui. L ’aspect financier a représenté une véritable lutte. Récolter l’argent et obtenir l’autorisation de tourner au Kurdistan ont été une véritable souffrance. Il y a de nombreux labyrinthes bureaucratiques à franchir pour la moindre procédure parce qu’il n’y a pas de système à proprement parler. C’est un individu qui décide, pas un système. Aujourd’hui encore, après le succès du film, il y a beaucoup de problèmes avec les médias.
Nous avons aussi rencontré quelques problèmes techniques. En Irak, il n’y a pas de laboratoire pour développer les films, il n’y a même pas de caméra. A cause de la Guerre des Huit Jours entre l’Iran et l’Irak, des problèmes douaniers subsistent. Nous avons dû envoyer nos cinq paquets de négatifs en Iran de façon illégale afin qu’ils soient développés et tirés.
Heureusement, l’énergie positive de mes équipes de production et de tournage, des villageois de Soran et de Rwandez, ainsi qu’un groupe de distribution spécialisé m’ont encouragé à chaque étape. »

Fiction et réalités
« A propos des personnages et de leurs histoires, j’ai deux souvenirs. L’un à propos de Monsieur 33, l’homme de la radio. Pendant les jours de tournage des radios pendues, il a passé son temps attaché à l’arbre. Je lui demandais: « Ca ne t’a pas embêté d’être attaché à un arbre si longtemps pour le rôle? » Ses yeux étaient humides lorsqu’il m’a répondu: « Bien sûr que non. Mon père a été torturé et pendu exactement comme ça. » Nous étions choqués. L’autre souvenir concerne une femme âgée qui devait raconter la quête du Saint Sanctuaire. Elle était analphabète et n’avait rien lu, ne connaissait rien au texte qui racontait la capture et l’emprisonnement de son fils par le gouvernement. Lorsque nous avons commencé à lui expliquer le contexte, elle a dit : «Ne dites plus rien. J’ai tous les détails dans ma tête et dans mon coeur. » Nous lui avons demandé pourquoi et elle a dit: « C’est exactement l’histoire de la vie de mon fils. » Mon équipe et moi pensions qu’une force extraordinaire guidait notre projet. Il y a un mélange de fiction et de réalité. La carrière du messager est imaginaire, je l’ai entièrement inventé. L’interprète de ce dernier et celle de sa femme sont les seuls acteurs professionnels. M. Omar Chawshin a 40 ans d’expérience en tant qu’acteur professionnel au théâtre de Bagdad. Mme Maryam Bubani est aussi une actrice professionnelle du cinéma Iranien. Elle a pris de gros risques en acceptant ma proposition de jouer sans foulard. Je l’en remercie. Les autres acteurs et actrices sont réellement les habitants des villages. »

La forme au service du fond
« Les thèmes et symboles du film sont liés à la nature et il y a une unité dans tout le scénario. Par exemple, la plume, le nom de l’oncle « Ailé », la statue du cheval sur le devant de la voiture… Et puis, il y a l’arbre aux radios, à l’âge de la globalisation, dans tout un village, un dialogue entre les civilisations, le fruit de l’arbre, la connexion et la conversation vont être impossible. Les nouvelles et l’information seront coupées. Le thème principal et le sujet du film est le Verbe, le pont principal pour lier l’être humain et l’écriture. Ce sont les mêmes éléments: son, murmure du vent, paroles de chansons et radio. Le principal message, qui n’a besoin de traduction dans aucune langue, est évoqué par les pleurs d’un bébé. Les peines et les joies sont les mêmes partout et de tous temps.
Le titre original du film était « Sound Seller » (« Vendeur de Son »). Depuis le tout début, ce film était un ensemble d’images et de sons. J’avais pensé et parlé des éléments du son présents dans le film deux ans avant le tournage avec l’ingénieur du son, M. Delpak. Il a été très sensible au sujet et a compris l’importance du son pour moi. A mon avis, le son compose la structure de l’image. Je tenais à ce que tous les sons soient bien conçus et à leur place. »

Projets
« J’ai écrit un nouveau scénario sur le thème de la femme et les différences qui existent entre les religions et les lieux en Asie. Actuellement j’ai presque terminé l’écriture d’un autre scénario qui se déroule dans un pays développé. Son sujet porte sur l’humanité et est plein d’espoir et de joie. »
Téhéran - janvier 2010