Norway of Life (The Bothersome Man)

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Réalisateur Jens Lien
Producteur Jorgen Storm Rosenberg
Scénario Per Schreiner
Directeur de la photo John Christian Rosenlund
Monteur Vidar Flataukan
Directeur Artistique Are Sjaastad
Costumes Anne Pedersen
Musique Ginge Anvik, Edvard Grieg (extrait de Peer Gynt)

 

Jens Lien

En 1990, Jens Lien quitte la Norvège pour aller jouer du rock à Londres. Trois ans après, il en revient, réalisateur diplômé de la London Int. Film School. Il débute en tournant des documentaires, des films publicitaires et de nombreux court-métrages.
Parmi ces derniers, Shut The Door ( la Porte !) a figuré en Sélection officielle pour
la compétition à Cannes en 2000, de même que Natural G lasses (Lunettes Naturelles) à Cannes en 2001. Ses court-métrages ont gagné plusieurs prix dans le monde entier. Son premier long-métrage, JONNY VANG projeté en première au Festival de Berlin 2003 dans la section Panorama, a reçu plusieurs prix. Son dernier long-métrage, NORWAY OF LIFE (The Bothersome Man) a été projeté à la Semaine de la Critique à Cannes en 2006.

Réalisateur

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Norway of Life (The Bothersome Man)

Jens Lien
Distribution :: 
Date de sortie :: 
28/03/2007
Norvège - 2006 - 1h35 - 35mm - 1:85 - Dolby SRD
Andréas se retrouve dans une ville étrange. Il ignore comment il est arrivé là. On lui remet un emploi, un appartement, et même une femme. Très vite, il s'aperçoit pourtant qu'il y a quelque chose qui cloche. Tentant de s'enfuir, il découvre un monde sans issue. Il fait la connaissance de Hugo qui a découvert dans un mur de sa cave un trou dont s'échappent de merveilleux sons.
Est-ce l'entrée vers “l'autre monde” ? Un nouveau plan d'évasion est mis en place.
A PROPOS DU FILM
Ce film décrit une société qui a perdu quelque chose. Une société qui est devenue tellement parfaite et correcte que la mort n'y a plus droit de cité. Une société où tout fonctionne, mais d'où les émotions sont absentes, oubliées depuis longtemps.
NORWAY OF LIFE (The Bothersome Man) est le tableau accablant d'une société dénuée d'émotions, mais les circonstances ne sont pas très éloignées de notre propre société. Les situations sont familières. Cette ville est presque l'Oslo d'aujourd'hui, avec un petit quelque chose qui ne colle pas. Trop lisse, sans relief. Cette ultra-normalité crée un sentiment d'inconfort qui ne cesse de croître. Face à toute cette gentillesse, Andréas ne peut s'en prendre à personne d'autre qu'à lui-même. Vivant dans un monde sans vie, il est peu à peu détruit par la soumission impassible des autres.
NORWAY OF LIFE  est un cauchemar absurde dépeint de façon stylisée.
Un film d'horreur dans un décor de tous les jours. Le début du film est filmé façon
western avec de larges prises de vues dans un paysage désolé sur une musique languissante. Le héros, Andréas, arrive dans ce lieu désert. Il ne sait pas d'où il vient ni où il va. La trame de l'histoire est un peu celle d'un film qui se déroulerait dans une prison. Andréas arrive dans un endroit nouveau, le système lui fait peur.
L'histoire est racontée comme de l'au-delà. Andréas arrive dans un nouveau monde. Est-ce le paradis ou bien l'enfer ? Tout paraît impeccable, mais Andréas se sent à part. Il rêve, tombe amoureux, il a soif d'autre chose, ce qui n'a pas l'air normal et semble même assez navrant aux yeux des autres. Il essaie de s'évader, échoue. Il faut qu'il s'adapte, et à la fin, il se met à creuser un trou dans un mur.
Les personnages expriment leurs ressentis a minima. La tension monte, la solitude que ressent Andréas devient palpable. C'est un cauchemar, mais jamais il ne hurle son désespoir ; elle s'installe en lui sans faire de bruit. La tension ne cesse d'augmenter.

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NOTES DE RÉALISATION
Il y a un parti pris dans NORWAY OF LIFE : celui d'une esthétique cinématographique. Les larges prises de vue permettent de construire un univers qui reflète ce que vit et ressent Andréas. Les compositions sont tranchées. Les décors sont ceux d'une ville spécifique qui donnent au film un univers plus large. Jens Lien a choisi des décors dans des tonalités grises. Les rues sont parfaitement propres, sans voitures, tout est en ordre, il n'y a rien qui dépasse. Ca pourrait être Oslo, c'est sans âme.
Le film a cette façade bien lisse, presque avenante, mais très vite le public remarque qu'il y a quelque chose qui cloche. L'inadaptation d'Andréas à cette ville donne une couleur de plus en plus grotesque à cette apparence parfaite et correcte. Les rues de la ville sont parfaitement propres, « épurées » de leurs voitures, de leurs signaux routiers et autre mobilier urbain, ce qui ajoute à la sensation d'étrangeté. Le public lui aussi est mis en apnée. Il ressent un malaise dans cet environnement aseptisé et contrôlé.
Dans cet univers chorégraphié et contrôlé, certaines scènes rompent brutalement avec l'esthétique dominante, créant un déséquilibre, comme celui qui existe chez Andréas. C'est le cas de la scène du suicide. Quand il rentre chez lui après sa tentative de suicide, sa femme n'exprime aucune émotion en le voyant en sang, complètement déguenillé, et elle lui annonce tranquillement que des amis les invitent à venir faire du karting. La scène s'arrête brutalement et on le voit juste après en train de tourner en rond, au volant d'un karting sur un circuit.
La scène est filmée avec une caméra agitée, en plans serrés et ultra serrés sur son visage qui exprime toute la turbulence de ses émotions et ressentis. Le public voit qu'Andréas est bien vivant et il se sent proche de lui. Andréas ne s'enfonce pas dans l'apathie quand il réalise qu'il est piégé. Il n'accepte pas son sort, il devient agressif. Il est vivant et veut agir.
« J'ai voulu créer une ambiance cinématographique un peu semblable à celle de Sixième Sens, et j'ai aussi été chercher du côté de l'esthétique du réalisateur Roy Andersson. Les images sont dans les tons pâles et gris. La palette de couleurs est limitée. Les décors racontent eux aussi le vide et l'absence de vie des personnages. Les mouvements de caméra sont très lents, mais parfois aussi en plans larges, travelling, et des plans structurés, chorégraphiés. J'ai voulu arriver à faire sentir que sous la surface bien lisse, il y a quelque chose qui est au bord de l'explosion. 
Dans mon court métrage Shut the door (La porte !) qui a été écrit par le même scénariste (Per Schreiner), on trouve quelques uns des éléments de ce style, avec cette consonance entre l'univers, le décor, le design, la musique et l'interprétation, qui sont plus développés dans NORWAY OF LIFE . » Jens Lien