Passages

Text Resize

-A +A

Réalisation/Scénario : Yang Chao
Image : Zhang Xigui
Musique : An Wei
Montage : Xue Fangming
Décors : Zhang Danqing
Son : Li Zhe
Production : Infinitely Pratical Production

 

Yang Chao

Yang CHAO est né en 1974, à Xinyang en Chine. Passages est son premier long-métrage pour lequel il a reçu la Caméra d'Or - Mention spéciale à Cannes en 2004. En 2001, il avait été récompensé par la Cinéfondation du Festival de Cannes pour son court-métrage Run Away. Yang Chao explique : "Passages traite d'un voyage, au cours duquel une infinité de détails de nos existences et de portraits de gens d'appartenance variées apparaissent. D'une certaine manière, j'ai de la chance d'être réalisateur aujourd'hui en Chine car ce pays regorge de matière pour un cinéaste."

FILMOGRAPHIE

2004 : Lu Cheng / Passages
2001 : Dai Bi (CM)
1997 : Run Away (CM)

Réalisateur

Biographie ipsum dolor sit amet, consectetur adipiscing elit. Suspendisse rhoncus, velit quis pellentesque vulputate, odio eros elementum felis, sed rhoncus leo felis non lacus. Vestibulum ante ipsum primis in faucibus orci luctus et ultrices posuere cubilia Curae; Curabitur feugiat adipiscing ante, commodo venenatis lorem lacinia ac. Donec nec dignissim mauris. Morbi ac dui dapibus diam vehicula ornare. Nullam at nisi augue, et laoreet lorem. Suspendisse velit nisi, porta eget rhoncus accumsan, auctor id augue. Aliquam non lectus velit, vel lobortis nisl. Mauris fringilla felis in urna blandit eleifend.
 
2011 FILM
2010 FILM
2009 FILM
2008 FILM
2007 FILM
2002 FILM
2000 FILM
1998 FILM
1996 FILM

Passages

Yang Chao
Distribution :: 
Date de sortie :: 
09/08/2006
CHINE. 2003. 1h52. 35mm. 1,85. Couleur. Dolby SR.

Si-Xu et sa petite amie, étudiants provinciaux, décident d’échapper au morne avenir qui leur est promis. Ils prennent la route en direction de la grande ville où ils investissent l’argent de leurs études dans un projet improbable. Mais le chemin qui doit les mener à la fortune est semé d’embûches.

PASSAGES VU PAR LA PRESSE

La grisaille hostile de la Chine dans de longs plans-séquences, des cadres splendides où se découpent deux jeunes gens perdus, un montage elliptique : l’ombre de Jia Zhang Ke plane sur Passages, le premier film de Yang Chao, mais ne lui ôte pas sa singularité. Celle-ci tient surtout à un duo central, un couple de lycéens qui ne savent pas comment se construire un avenir. Aller à l’université? Tenter sa chance dans le capitalisme artisanal en investissant dans une plante rare? La fille commence par suivre le garçon, au sens des réalités plus aiguisé. Puis elle prend les devants pour l’entraîner dans une vie dont il n’est pas sûr de vouloir. Embûches, désillusions, escroqueries, autant de cartes postales de la Chine actuelle se dresseront sur le chemin de leur apprentissage. Partis pour fuir la violence, ils y enterreront leurs illusions.
Isabelle Regnier - LE MONDE


Passages, dont l’image se nimbe dès le début d’un beau gradué de teintes froides (bleus, gris…), élégiaque et brumeux à souhait, débute pourtant par une convocation heureuse des principaux éléments de la comédie américaine : tout d’abord celui du couple étrangement assorti, composé d’un garçon taciturne et d’une jeune femme presque chaplinesque, dont la chevelure laisse pendre ses quatre (!) couettes de cheveux, puis celui du périple maladroit et farfelu, dans lequel se lancent nos deux pieds nickelés chinois.
Le ton choisi par Yang Chao pour son premier long métrage est clair : Il se refuse à surexploiter la dimension mélodramatique d’un film qui met en scène deux paumés, symptomatiques des mutations économiques et sociales de la Chine nouvelle, pour lui préférer un humour minimaliste. Yang Chao veille cependant à restituer tout le pathétique de cette drôlerie par une retenue dont l’exigence esthétique est bien mieux à même de signifier l’étendue des déconvenues qui minent le tandem. La démarche n’est pas psychologique, elle est paysagiste.
Les mouvements sinueux de la caméra, qui perdent puis rattrapent (ou non) un personnage, signifient bien mieux le malentendu, et surtout inscrivent les mésaventures de celui-ci dans cette immensité du territoire chinois qui le dévore. Rarement dans le jeune cinéma chinois actuel, pourtant déterminé à mettre en scène le caractère écrasant de la culture et du système chinois, un cinéaste aura donné à ressentir aussi bien cet espace impossible à embrasser, par la fixité (superbes et pertinents cadrages) ou la mobilité (la récurrence des trajets, jusqu’à l’inanité du mouvement).
Passages a cette particularité d’avoir été validé par le très sévère comité de censure chinois, mais il n’est pas conciliant pour autant. La pudeur cruelle avec laquelle Yang Chao aborde ces rites de passage vaut toutes les métaphores du cinéma iranien, quand celui-ci cherche à figurer ses critiques dans le symbolisme.
Julien Welter - ARTE TV.COM