Rêve et silence

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Fiche artistique

avec  la participation de Miquel Barceló (peinture)
Yolanda Yolanda Galocha
Oriol Oriol Roselló
Jaume Jaume Terradas
Laura Laura Latorre
Alba Alba Ros Montet
Celia Celia Correas
 
Fiche technique
Réalisateur Jaime Rosales
Scénario Jaime Rosales et Enric Rufas
Productrice éxecutive Bárbara Díez
Chef Opérateur Óscar Durán
Son Eva Valiño
Chef monteur Nino Martínez Sosa
Chef décorateur Thomas Grezaud
Producteurs Jaime Rosales, José María Morales et Jérôme Dopffer
Une production de : Fresdeval Films / Wanda Visión / Les Productions Balthazar
Avec la participation de : TVE / Televisió de Catalunya / ICAA / Generalitat de Catalunya / la région Île-de-France / ICO / MEDIA

 

 

Jaime Rosales

Né à Barcelone en 1970. Après avoir fait des études de commerce à ESADE, il obtient une bourse pour étudier le cinéma dans la prestigieuse École Internationale de Cinéma et Télévision de San Antonio de los Baños (EICTV) à Cuba.
Las horas del día Festival de Cannes 2003, Quinzaine des Réalisateurs. Prix FIPRESCI de la critique internationale
La soledad Festival de Cannes 2007, Un Certain Regard.
Un tir dans la tête Festival de San Sebastián 2008, compétition. Prix FIPRESCI de la critique internationale
Rêve et silence Festival de Cannes 2012, Quinzaine des Réalisateurs

Rêve et silence

Jaime Rosales
Distribution :: 
Date de sortie :: 
03/10/2012
Espagne/France - 2012. 1h50 - VOSTF - Tourné en 35mm - 2.35:1- Scope - Dolby stéréo N/B et couleur

Oriol et Yolanda vivent à Paris avec leurs deux filles. Il est architecte, elle est professeur de lycée. Au cours de vacances dans le delta de l’Èbre, au sud de la Catalogne, un accident bouleverse leur existence.

Propos du réalisateur

LE HASARD
Quand je démarre un film, je fais en sorte, toujours, que tout se déroule tel que je me l’étais imaginé. Comme si j’étais un démiurge derrière un monde en attente, j’essaie de tout modeler à ma guise. Il se trouve que les films - du moins ceux que je réalise - se font dans le monde réel, avec des choses réelles et avec des personnes réelles. Et le monde réel, même si on s’efforce de le modeler, résiste. Je me retrouve alors à lutter désespérément contre tous les éléments. Rien ne veut ressembler à ce que j’avais imaginé. Quand cela fait un certain temps que je lutte et que je souffre, je me rends compte que l’imprévu, ce qui s’échappe du plan, a beaucoup de valeur. Bien plus de valeur que ce que j’avais imaginé. Ce n’est pas que la réalité dépasse la fiction : c’est que la réalité est bien mieux que la fiction. Il ne s’agit pas tant de réussir à contrôler les éléments que de réussir à ce que l’inattendu - le hasard - joue en faveur de l’oeuvre. Je prends conscience, maintenant que j’ai terminé le travail, que ce qui a été difficile, ce n’est pas d’avoir fait une oeuvre conforme à ce que j’avais imaginé. Le film ne ressemble pas du tout à ce que j’avais imaginé et ce qui a été difficile, ça a été de faire une oeuvre à travers soi. Réussir à devenir le moyen à travers lequel l’oeuvre s’est peu à peu transformée et laisser faire que le hasard et la réalité aient été une part du processus créatif.

LE REEL ABSOLU
La réalité humaine me fascine. Le réel absolu. La peinture du quotidien. La précision dans l’expression des relations humaines. Les petits gestes, les regards m’intéressent. Les émotions incontrôlables. Observer avec attention m’intéresse. Chaque individu a un moi qui se cache sous plusieurs strates. Nous ne laissons notre véritable nature émerger à la lumière que très épisodiquement. Il faut alors être très attentif. Toutes les décisions et l’architecture de la mise en scène ont été conçues pour parvenir à dépeindre et faire émerger cette réalité avec une extrême précision.

IMPROVISATION ET PRISE UNIQUE
Le scénario du film ne contient pas de dialogues. Les acteurs reçoivent le contenu dramatique des scènes au moment même de tourner. Ils ne reçoivent pas non plus d’instructions sur quoi dire, ou comment le dire ou quoi faire. On ne répète pas les prises, nous ne définissons pas non plus plusieurs angles de prise de vue d’une même scène ou situation. L’improvisation initiale est unique, vraie et singulière. Je me laisse surprendre par ce que disent et font les acteurs. Parfois, ils sortent du champ de façon inattendue et le cadre reste vide. C’est aussi pertinent.

L'IMAGE EN NOIR ET BLANC
Tout le film a été tourné avec une émulsion noir et blanc au grain dur. Je trouve le grain de l’image en noir et blanc très beau. Il donne une consistance extraordinaire au film. Une grande sensation physique, matérielle. Ce que l’on voit est là, cela s’est passé. Nous avons utilisé un type de pellicule 35mm qui permet de tourner sans éclairage artificiel. Tout a donc été tourné en lumière naturelle. Cette façon de filmer permet une grande agilité et produit, je l’espère, une image très belle et émouvante.

Dans ce film, j’ai eu le privilège de collaborer avec l’artiste Miquel Barceló. Nous avons commencé à parler du film il y a environ quatre ans, à l’origine même du projet. Nous nous trouvions tous les deux dans une période semblable de notre vie. La coupole qu’il avait réalisée pour les Nations Unies à Genève était sur le point d’être inaugurée et mon film, Un tir dans la tête, allait sortir. Nous étions très heureux de présenter nos oeuvres respectives et tous les deux, nous avons souffert d’une certaine incompréhension critique sous forme de polémique. Puis nous avons commencé à envisager des idées pour le travail à réaliser dans le film. Tout de suite, je me suis rendu compte que la principale difficulté serait de trouver la manière d’assembler un processus extensif –celui de la peinture- avec un processus intensif –celui du cinéma-. Pour lui, le temps n’est pas un problème. Il peut essayer et essayer des choses avant de les considérer comme bonnes. Au cinéma, cela n’est pas possible et encore moins dans ce film où tout était envisagé en une seule prise. Il fallait créer quelque chose en une seule fois, en un seul geste. Je suis très, très heureux du résultat final. J’ai beaucoup appris en travaillant à ses côtés : sur la vie, sur ce que signifie d’être un artiste véritable.

LA DIMENSION SPIRITUELLE DE L'ETRE
La fragilité des bases de notre civilisation qui est en train de se construire m’inquiète. Qu’il s’agisse d’une civilisation qui ne sache pas apporter une réponse à nos besoins spirituels me préoccupe. Nous avons une dimension spirituelle. Je n’arrive pas à la définir rationnellement, mais je la sens, je la devine et j’essaie de lui donner une expression poétique à travers un film. Le côté magique. Le côté sacré. Le côté mystérieux. Le côté poétique. Nous sommes sensibles à ces aspects. Il doit bien y avoir une raison. Et pourtant quand il nous faut produire un discours cohérent, nous échouons.