Sommeil amer

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Scénario : Mohsen AMIRYOUSSEFI
Image : Bayram FAZLI
Son : Mohammad-Reza DELPAK
Décors : Mohsen AMIRYOUSSEFI
Montage : Mohsen AMIRYOUSSEFI
 

Mohsen Amiryoussefi

Né en 1972, Mohsen Amiryoussefi est titulaire d'une Maîtrise en mathématiques. Auteur de plusieurs pièces de théâtre et de scénarios, il réalise plusieurs courts métrages avant de signer SOMMEIL AMER

Réalisateur

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2011 FILM
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2009 FILM
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2002 FILM
2000 FILM
1998 FILM
1996 FILM
Informations complémentaires: 

Sommeil amer

Mohsen Amiryoussefi
Distribution :: 
Date de sortie :: 
01/06/2005
Iran. 2004. 1h27. 35mm. 1,66. Couleur. mono
Depuis quarante ans, Esfandiar prépare les défunts avant de les accompgner à leur dernière demeure. Un jour, pendant son travail, il est pris d'un malaise. Serait-il mortel lui aussi ?
jeudi 20 mai 2004 (Liberation) Par Olivier SEGURET

Un premier film iranien dans un cimetière : morbide et drôle.
Quitte à crever, autant en rire

A première vue, la mort iranienne n'a pas grand-chose à voir avec la mort que nous connaissons. Là-bas, les rites funéraires sont musulmans, les cimetières sont perses et les croque-morts sont des «laveurs de cadavres». Abbas Esfandiari est l'un d'eux : un vieux monsieur au profil d'aigle qui règne avec autoritarisme sur son champ de sépultures, sans égard pour le petit peuple de subalternes (fossoyeur opiomane, masseur, femme à tout faire) dont il prétend être le chef. Le seul qu'il craint, c'est l'ange Ezraël, force invisible qui joue le rôle de notre grande faucheuse : lorsqu'il frappe à la porte, c'est la mort qui s'annonce...
La vie avec les morts de monsieur Esfandiari forme toute la matière de l'insolite Sommeil amer, premier long métrage du jeune Iranien (32 ans) Mohsen Amiryoussefi. Le registre du film est indécidable : toujours documentaire, souvent fictionnalisé dans ses menus détails et parfois furieusement blagueur. Dans son dernier quart notamment, Sommeil amer emprunte sans crier gare une tangente très surprenante, qui pourrait être un pastiche oriental et fauché du Projet Blair Witch avant de rebondir in extremis sur une note un peu plus amère et grave - mais toujours épicée de cette légère ironie qui ne quitte jamais le regard du cinéaste.
Cette mort qu'il côtoie depuis quarante ans, le vieil Esfandiari, qui est le véritable héros, admirable et ambigu, de cette affaire, l'envisage un jour pour son propre compte et entreprend d'obtenir le pardon de ceux qu'il a quotidiennement accablés de son mauvais caractère. C'est cette entreprise, pas si facile, qu'Amiryoussefi enregistre avec une ruse amusée, cette tendresse caustique qui forme tout le charme du film et signe largement la réussite de son extravagant projet : 90 minutes dans un cimetière de la région d'Ispahan, à parler de la mort et à travailler autour des cadavres, en termes simples et souvent amusants.
Sa belle tenue macabre, son humour morbide mais élégant donnent à Sommeil amer son originalité mais aussi sa limite : c'est un film extrêmement séducteur et malin, qui court éperdument le risque de sa propre légèreté... On n'en retient peut-être pas une grande consistance mais on n'oublie pas le tour de force : sur le thème de la mort, parvenir à nous délasser.
Par Michèle Levieux
Le cinéma iranien nouveau est arrivé ! Un cru jeune et bleu, suave, tendre et brutal dans lequel se mêlent vie, mort et cinéma, avec un zeste de burlesque.
La liberté de ton de Mohsen Amiryoussefi est " affichée " dès le premier plan du film qui ne peut déroger au rituel obligatoire de la phrase écrite en exergue de tout film iranien : " Au nom de Dieu ". Mais lui enchaîne aussitôt, jouant avec le son, sur " Au nom du Dieu des morts, je remercie ce programme de télévision ", puis avec l’image, celle bleuie des vieux téléviseurs noir et blanc d’antan, pour nous présenter Sédeh, une petite ville du centre de l’Iran. Au travers de la vie grouillant autour de sa mosquée, son cimetière et les personnages pittoresques qui les hantent. Un microcosme qui en vaut bien un autre pour aborder les grandes questions posées par l’humaine condition.
Mohsen Amiryoussefi est un jeune cinéaste de trente-deux ans. Enfant de la Révolution, il a passé les premières années de sa vie à Abadan, un port frontalier du sud du pays pour venir avec sa famille, au moment de la guerre entre l’Irak et l’Iran, s’installer dans cette petite ville de Sédeh, qui a vu naître sa mère. C’est ce lieu familier que va évoquer Mohsen, dont la jeunesse a été entachée par le passage sanglant, mortel et vengeur des révolutions, des guerres et des exécutions. Mathématicien de formation, il vit sa " rencontre " avec le théâtre de Brecht comme un tournant définitif. Son cinéma se situe entre Pascal, Brecht et Calderon de La Barca. Avec un bel hommage au cinéma des origines et aux éternels burlesques qui l’ont animé.
Mohsen Amiryoussefi nourrit son film de son expérience et de ses amitiés. Particulièrement avec le vieil Abbas Esfandiar, sorte d’empereur régnant sur le cimetière de Sédeh, laveur de cadavres de profession, avec lequel il a déjà fait un film court. C’est encore lui, Esfandiar, qui domine de son regard Sommeil amer, le premier long métrage d’Amiryoussefi.
Comme en un conte persan fantastique et moderne, Esfandiar, le " boss ", organise la préparation des corps des défunts de manière quasi scientifique, mais il a aussi un rapport privilégié avec la technique optique. Du haut de la montagne au pied de laquelle se trouve le cimetière, il peut observer avec ses jumelles, et ainsi nous présenter ses acolytes dans leurs habitudes quotidiennes. Esfandiar fait aussi un usage particulier de sa télévision, dont il se sert au sens étymologique du terme, pour voir au loin : des reportages essentiellement sur les coutumes de préparation des morts selon les cultures et les religions, mais aussi pour " s’entretenir " avec toutes sortes d’intervenants, que ce soit un thanatopracteur cannois, Delbar lui préparant un bon repas chez elle, ou pourquoi pas ! lui-même circulant à vélo.
Tout bascule pour notre homme le jour où, au fond d’une tombe, alors qu’il pratique l’ultime rituel sur un corps défunt, l’image se brouille. Pour la première fois de sa vie, Esfandiar reçoit les signes de la mort qui approche. De lui, cette fois. Et si la vie était un songe ! On pourrait vivre sa propre mort. Mais trêve de plaisanterie, quoi qu’il arrive, la vie continue. Pour Esfandiar. Les cadavres s’entassent. Et c’est bien connu, les morts n’attendent pas. Coupez !