Tony Takitani

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Réalisateur : Jun Ichikawa
Producteur : Ishida Motoki
Nouvelle originale : Haruki Murakami
Musique : Ryuichi Sakamoto
Photographie : Hirokawa Taishi
Costumes : Ichida Yoshikazu
Montage : Hashimoto Yasuo
Edition : Sanjyo Tomoo
Scripte : Kondo Machiko
Maquillage : Hisamichi Yuki
Stylisme : Hirao Shun
                  Hujii Makiko
Décor : Takahashi Shimako







 

Jun Ichikawa

Né en 1948, Jun Ichikawa a débuté sa carrière dans une agence de publicité, puis a progressivement évolué vers la mise en scène de longs métrages. Ses publicités se sont distinguées par leur bon goût singulier, récompensé par trois Grand Prix consécutifs au Festival International de la Publicité à Cannes, de 85 à 87. C’est juste après ces récompenses qu’il tourne son premier long métrage,
« Bu Su ».

2004 Tony Takitani
2002 Ryoma no Tsuma to sono Otto to Aijin
2001 Tokyo Marigold (scénario et realisation)
2000 Zawa-zawa Shimokitazawa
1997 Osaka Monogatari
1997 Tokyo Yakyoku
1996 Tadon to Chikuwa (scénario et realisation)
1996 Tokiwaso no seishun (scénario et realisation)
1995 Tokyo kyodai
1993 Byoin de shinu to iu kote (scénario et realisation)
1990 Tsugumi (scénario et realisation)

Réalisateur

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2011 FILM
2010 FILM
2009 FILM
2008 FILM
2007 FILM
2002 FILM
2000 FILM
1998 FILM
1996 FILM
Informations complémentaires: 

Tony Takitani

Jun Ichikawa
Date de sortie :: 
25/01/2006
JAPON. 2004. 1H15. 35mm. 1.85. Couleur. Mono
Tony a eu une enfance solitaire. Il perçoit donc les émotions comme anormales, voire immatures. Quand il rencontre Eiko, il découvre les sentiments jusqu'alors ignorés : l'affection, et son pendant,
la peur de sa perte. Leur amour s'épanouit sans problème à une exception près: l'achat compulsif et irresistible des vêtements de marque, qu'Eiko accumule dans une pièce dédiée à cette obsession. Quand elle disparaît tragiquement, Tony passe ses journées dans cette pièce, entouré de ces habits-souvenirs. Il décide alors de passer une annonce, à la recherche d'une femme aux mesures de la disparue...
NOTE D'INTENTION DU RÉALISATEUR

Je suis de la même génération que Haruki Murakami, j’ai lu tous ses récits depuis le début. Les thèmes de la solitude, de la recherche de soi, qui reviennent dans sa littérature, ont une grande résonance en moi comme en chacun de ceux de cette génération qui a connu la fin des années soixante, et garde une mélancolie sur la fin d’une époque. La courte nouvelle Tony Taktani, éditée au Japon il y a une dizaine d’années, est une fable sur l’isolement. Il y est présenté comme est une conséquence génétique, transmis de génération en génération, qui ne peut être combattu par l’individu seul.
Quand j’ai adapté la nouvelle pour le film, je me suis rendu compte que la source singulière de l’émotion des personnages n’était pas facile à identifier pour un spectateur. J’ai donc traité les personnages d’une façon symbolique pour faire passer l’idée qu’ils étaient le fruit d’une imagination. Paradoxalement, je voulais aussi que les spectateurs se sentent proches d’eux, c’est pourquoi j’ai fait appel à des acteurs connus au Japon, Issey Ogata et Miyazawa Rie.
J’ai déjà fait des films adaptés de roman auparavant, mais je savais que je ne pouvais pas exprimer la teneur particulière de celui-ci, à la fois lucide et douce, en adoptant mon approche naturaliste habituelle. C’est pour cette raison que je me suis servi du narrateur comme élément de distanciation. J’ai aussi senti que la tonalité basse de sa voix conviendrait à l’atmosphère que je souhaitais rendre. Finalement le narrateur m’a permis d’exprimer des aspects de la narration sans toucher à la sérénité du texte, ni forcer le découpage avec des cassures esthétiques.
Dans ma tentative d’évocation du monde de Murakami, qui est très concret mais en même temps flotte quelques centimètres au-dessus de la réalité, j’ai fait appel à plusieurs principes. J’ai composé des plans avec des espaces vides, comme dans les peintures d’Edward Hopper. J’ai construit une simple scène de théâtre pour le tournage et utilisé la même scène pour la plus grande part du film, en ne changeant que les angles de vue et l’habillage. J’ai fait appel à très peu d’acteurs et ai, en fait, demandé aux principaux de jouer deux rôles chacun. J’ai décoloré la bobine afin de modifier les ombres. Le résultat est très différent de mes films précédents, avec une texture très étrange. Mon espoir est que l’expérience sera quelque chose de nouveau pour le public de Tony Takitani.


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Locarno 2004 : Compétition Internationale
"Tony Takitani" par Olivier Bombarda

Tony Takitani a eu une enfance très solitaire et est devenu très vite indépendant. Il rencontre tard sa femme avec qui il découvre l’amour. Seule ombre au tableau, Eiko éprouve un besoin irrépressible à acheter des vêtements...

Après un long trajet dans le domaine de la réalisation publicitaire et de fictions, l’ancien diplômé de l’Académie d’Art visuel de Tokyo Jun Ichikawa signe aujourd’hui son quinzième film d’après une nouvelle d’Haruki Murakami, « Tony Takitani ». Adaptant l’histoire d’un homme profondément solitaire depuis l’enfance, le cinéaste choisit de suivre les préceptes esthétiques de la ligne claire affinant formellement au fur et à mesure de l’enchevêtrement des scènes, l’expression d’une extrême délicatesse. Les tons camaïeux de gris issus de la décoloration de la pellicule, la musique aérienne et mélancolique de Ryuichi Sakamoto au piano toujours très inspiré par Debussy, le sens infini du détail des objets et des choses environnantes filmées en très gros plans, les décors intérieurs et extérieurs toujours organisés autours d’espaces vides, le peu de dialogues et les respirations infinies des comédiens donnent l’idée d’un raffinement ultime et caractéristique de la culture japonaise contemporaine en même temps qu’il habille visuellement les sentiments intérieurs de Tony Takitani. Du fait de son isolement depuis l’enfance, ce dernier connaît une réticence naturelle aux émotions qu’il considère comme signe d’immaturité. Ainsi l’addiction de sa femme qui achète compulsivement des vêtements et remplit avec démesure une pièce entière d’oripeaux qu’elle ne porte jamais, lui est totalement incompréhensible. Lorsque cette dernière disparaît Tony éprouve une fascination morbide face à ces « peaux » vides et ne peut réfréner un besoin de réincarnation au travers d’une autre jeune femme qu’il vêt à l’image de la défunte. Conséquemment Jun Ichikawa rappelle les symptômes du personnage de James Stewart dans « Vertigo » d’Alfred Hitchcock qui, parce qu’ils sont renforcés par un sens aigu de vacuité de chaque instant ici font de ce film une allégorie glaçante et profondément troublante.