Un sort pour éloigner les ténèbres

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Robert Aiki Aubrey Lowe
Hunter Hunt-Hendrix,
Marten Kaevats,
Iti Kaevats,
Merit Kask,
Kadri Kontus,
Taraka Larson

Réalisation, Image, Montage Ben Rivers & Ben Russell
Son Chu-Li Shewring, Nicolas Becker & Philippe Ciompi
Montage son Nicolas Becker & Philippe Ciompi
Mixage Gérard Lamps
Musique Veldo Tormis, Lichens, Queequeg
Production Rouge International (Julie Gayet & Nadia Turincev)
Black Hand (Indrek Kasela)

 

Ben Rivers & Ben Russell


BEN RUSSELL 
Artiste, cinéaste et enseignant, Ben Russell construit une œuvre à la croisée de la performance, du cinéma expérimental et de l’impulsion ethnographique. Il puise son inspiration dans le travail des pionniers du cinéma et l’observation des communautés humaines. Né à Chicago en 1976, Ben Russell est un artiste vidéaste américain qui s’interroge sur la place du spectateur et les performances rituelles. Il reçoit en 2008 un Guggenheim Award, et ses films ont fait l’objet d’expositions et de projections dans des lieux aussi divers que le Centre Pompidou, le Muséum of Modern Arts ou un monastère belge du XVIIème siècle. Passionné par le cinéma expérimental, il a lancé la programmation de films et de performances à travers son Magic Lantern Cinema (une dénomination qui rend hommage au mythique cinéaste Kenneth Anger).

BEN RIVERS 
Né en 1972, Ben Rivers est un artiste britannique qui s’intéresse à des individus ou communautés vivant en marge de la société et propose un travail à la lisière du documentaire et de l’ethnographie. Lauréat du Grand Prix à Art Basel pour son film Sack Barrow, il  a été sélectionné à la Mostra de Venise en compétition officielle pour Two Years at Sea en 2011. En empruntant une voie plus picturale que narrative, en adoptant une approche documentaire expérimentale, son œuvre tente de proposer une forme hybride de cinéma qui s’expose également dans les centres d’art à travers des installations.

 

Informations complémentaires: 

- Festival du Film de Locarno (Suisse)
- Festival International du Film de Toronto (Canada)
- Festival du Nouveau Cinéma de Montréal (Québec)
- Festival International du Film de Rotterdam (Pays-Bas)
- Festival International du Film de Mar del Plata (Argentine)
- Festival International du Film de Vienne (Autriche)
- Festival International du Film de Thessalonique (Grèce)
- Cork Film Festival (Irlande)
- New Directors/New Films (MoMA) (New York, USA)
- Cinéma du Réel (Paris, France)
- Chicago Underground Film Festival (USA)
- Jeonju International Film Festival (Corée du Sud)

Un sort pour éloigner les ténèbres

Ben Rivers & Ben Russell
Distribution :: 
Date de sortie :: 
18/03/2015
Estonie / France / 1h38

Un homme intègre une communauté libertaire dans une petite île d’Estonie. Il s’isole ensuite en pleine Finlande septentrionale où il décide de vivre en ermite. Et devient enfin le chanteur d’un groupe de black-métal néo-païen en Norvège.
Une expérience utopique, sonique et transcendante sur les trois moments de la vie d’un homme.

Réalisé par Ben Rivers et Ben Russell, deux artistes au parcours hybride, Un Sort pour éloigner les ténèbres est un triptyque sensuel et sonique sur la vie d’un homme en quête de transcendance et d’une nouvelle utopie. Bousculant autant les frontières de la fiction que du documentaire, Un Sort pour éloigner les ténèbres a été présenté dans plus de 80 festivals internationaux et a trouvé une partie de son inspiration dans les univers de cinéastes aussi différents que Jean Rouch, Robert Kramer, Michael Haneke, Robert Bresson et Kenneth Anger.

 

 

PROPOS DE BEN RIVERS & BEN RUSSELL


FRONTIERES
« Un Sort pour éloigner les ténèbres est un projet que nous avons mûri ensemble et nourri de nos expériences, et qui bouscule les frontières déjà mouvantes des oeuvres audiovisuelles non fictionnelles. En effet, le film a été pensé à la fois comme une exploration plus approfondie des thèmes déjà présents dans nos oeuvres (les rituels et les cérémonies dans Let Each One Go Where He May et Trypps 1-6 pour Ben Russell ; le nomadisme et la post-industrialisation dans Ah, Liberty! et I Know Where I’m Going pour Ben Rivers, NdR) et une tentative de brouillage des lignes entre cinéma documentaire et installation d’art contemporain. »

CONCEPTION
« De sa conception jusqu’à son exécution, de la première fois où la caméra a capté des images jusqu’au montage final, toutes les décisions ont été prises ensemble pendant les trois ans où nous avons travaillé sur Un Sort pour éloigner les ténèbres. Ce qui ne signifie pas que nous ayons exactement la même manière de concevoir un plan, par exemple. En effet, l’un est plus intuitif et l’autre tente toujours de trouver une signification à ses actions. Et c’est aussi pour ces raisons que nous souhaitions travailler ensemble. Pour la première partie du film, La Communauté, nous avions chacun une caméra et nous enregistrions simultanément les mêmes conversations en fonction de l’axe que l’un et l’autre avait choisi. Nous nous sommes inspirés de deux films d’ailleurs pour arriver à ce résultat qu’on voit à l’écran : Chronique d’un été (Paris 1960) de Jean Rouch et Edgar Morin et Milestones de John Douglas et Robert Kramer. Pour la seconde partie, La Solitude, nous n’avions plus qu’une caméra et nous regardions dans le viseur à tour de rôle pour nous accorder sur le plan à tourner. Et pour la troisième partie, nous avons fait appel à Chris Fawcett, un chef opérateur spécialiste du steady-cam, à qui nous indiquions avec beaucoup de fermeté le type d’images que nous voulions, où il devait se positionner avec la caméra et avec quelle rapidité. »

ACTEUR
« Nous avions besoin de quelqu’un qui était un musicien et qui était en mesure de s’abandonner totalement. Et Robert avait le profil parfait pour cela. Nous ne voulions pas d’un acteur au sens strict pour autant. Nous avions tous les deux en tête la théorie de Robert Bresson sur les interprètes. Ils doivent être comme des toiles vierges, avoir une présence immédiate, fusionner avec l’instant. Il faut par conséquent les dépouiller de toutes leurs afféteries d’acteur, les empêcher de faire semblant. Comme dans la scène de 71 fragments d’une chronologie du hasard de Michael Haneke où l’un des personnages joue au ping pong. Dans cette séquence qui dure cinq minutes, l’intensité physique de l’effort fait oublier à l’acteur qu’il joue. Il redevient lui-même et cela permet au réalisateur de filmer un geste. »

BLACK METAL
« Le black métal est né en Europe du Nord et entretient une relation très particulière avec la période du pré-Christianisme, les mythes païens et la représentation de la sublimation. Il est traversé de thèmes spirituels que vous ne trouvez pas dans la musique populaire occidentale et européenne. »


QUESTIONNEMENT
« Un Sort pour éloigner les ténèbres engage le spectateur dans un mouvement constant entre fiction et documentaire et lui pose des questions, que nous estimons ,fondamentales, sur le monde contemporain : “ Quelle place donne-t-on à la foi lorsque notre période de référence est celle de la modernité ? Quelle est la place de l’incertitude et du mystère dans une existence essentiellement déterminée par la rationalité ? Quelle lumière se cache dans les cendres du cinéma alors que son aura est toujours si persistante ? ” »


TRANSCENDANCE
« Un Sort pour éloigner les ténèbres est une expérience bien plus sensuelle qu’intellectuelle. Nous avons mis beaucoup de temps à trouver la forme finale du film, car nous n’avons pas tout de suite compris qu’il nous fallait transcender toute cette expérience. En effet, nous pensons que le cinéma ne devrait pas seulement être le témoin du monde ou le représenter, mais qu’il devrait créer une nouvelle réalité, une utopie. »
de brouillage des lignes entre cinéma documentaire et installation d’art contemporain. »