WORKERS

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Jesús Padilla Rafael • Susana Salaza Lidia • Bárbara Perrín Rivemar Elisa • Sergio Limón Severino • Vera Talaia La patronne • Adolfo Madera Emilio • Giancarlo Ruiz Gerente • Rey Castro Saraí

Scénario et Réalisation José Luis Valle • Montage Oscar Figueroa Jara • Image César Gutiérrez Miranda • Son Pablo Tamez • Design sonore José Miguel Enríquez • Costumes Linda Naitze Ruiz Herrera • Producteur José Luis Valle • Une production Imcine-Foprocine / Zensky Cine / CUEC / José Luis Valle / Autentika Films

 

José Luis VALLE

José Luis Valle est d’origine salvadorienne. Il a fait ses études au Centre d'Etudes Cinématographiques (CUEC) de l'université de Mexico. Il a réalisé plusieurs courts-métrages et a également écrit un livre pour enfants. Son documentaire, EL MILAGRO DEL PAPA, a été présenté en 2009 au festi- val International du film de Locarno. WORKERS, son premier long-métrage de fiction, a obtenu le prix du meilleur film mexicain lors de la dernière édition du festival de Guadalajara.

FILMOGRAPHIE 
2002 Tomo VII (cm)
2004 Gravísima, altisonante, mínima, dulce e imaginada historia (cm)
2006 Quimera (cm)
2009 El milagro del Papa, (doc)
2011 Agua para viajeros, (cm)
2013 Workers

Informations complémentaires: 

FESTIVAL BIARRITZ – AMERIQUE LATINE 2013
FESTIVAL DE GUADALAJARA – PRIX DU MEILLEUR FLIM MEXICAIN
FESTIVAL INTERNATIONAL – DU FILM DE JERUSALEM 2013

WORKERS

José Luis VALLE
Distribution :: 
Date de sortie :: 
23/10/2013
Mexique /Allemagne 2013 - 35mm - 2 h - 2.35 - Dolby SRD

Rafael et Lidia ont été en couple autrefois, et bien qu’ils ne se soient pas revus depuis des années, leurs vies demeurent intimement entrelacées par la monotonie hypnotique de leur travail et par le souvenir de leur enfant disparu.
Rafael occupe  un emploi de balayeur  depuis 30 ans dans la même fabrique d’ampoules électriques. A la veille de prendre  sa retraite,  il apprend  que son patron ne lui versera  aucune pension car il est immigrant non déclaré...
De son côté, Lidia fait partie des sept employés qui entourent et soignent une vieille mexicaine fortunée qui n’a d’yeux que pour son chien .

 

ENTRETIEN AVEC LE REALISATEUR

Workers : « Le plus compliqué a été la direction des acteurs »
Workers - dont le titre en anglais fait allusion au quasi- bilinguisme qui domine le quotidien de la ville frontalière de Tijuana -, ville adoptive du cinéaste, a été présenté cette année à la Berlinale. Le cinéaste salvadorien nationalisé mexicain, José Luis Valle a raconté à Deutsche Welle comment il a traité les thèmes de l'humour, de l'absurde et décrit sa fascination pour la ville de Tijuana.

Comment es-tu arrivé à la construction de tes personnages, qui racontent de façon si humoristique leur propre histoire ?
Le cinéma qui m'intéresse, ces histoires, arrivent au fil du temps, de manière très fragmentée, à partir d'impressions puisées dans la réalité, d'anecdotes, d'expériences, voire dans
les petites annonces du journal, mais aussi grâce à beaucoup d'observation. L'histoire de Rafael est celle d'un ami de mes parents, un salvadorien immigré et illégal confronté à une situation transnationale qui le dépasse. L'histoire de la femme est davantage d'ordre fictionnel.

Depuis combien de temps vis-tu au Mexique ?
Depuis longtemps. J'ai quitté le Salvador lorsque j'avais un an pour venir au Mexique, ensuite j’ai vécu avec ma famille dans divers lieux en Amérique Latine. Je pense néanmoins que je me suis établi au Mexique le jour où j'ai démarré mes études de cinéma. Une fois terminées, ,comme je suis très nomade, j'ai à nouveau recommencé à sortir du pays. Le Mexique a toujours été ma base, et aujourd'hui, indépendamment du film, je suis très heureux à Tijuana.

La ville de Tijuana t'a-t-elle inspirée pour faire le film ?
Oui, sans aucun doute, à Tijuana il est impossible de ne pas être inspiré. On l'a ressenti lors du développement du projet. C'est comme lorsque tu as une fiancée, qui n'est certes pas la plus jolie mais que tu aimes plus que tout. Tjuana n'es pas une belle ville, mais elle ,est pleine de charme. C’est une grande source d'histoires et d'expériences, c'est pour cela que  j'aimerais revenir filmer à Tijuana.

Ta devise de vie est le transit...?
Totalement. Ma thèse universitaire traitait des “voyageurs médiévaux”. J'ai adopté le concept que l'on appelle “Homo Viator”, l'homme en chemin, peu importe où tu te trouves, même si tu es complètement sédentaire dans ta ville tu es un citoyen du monde, tu es de passage, et ce concept est en quelque sorte la toile de fond de ces histoires, c'est en rapport avec le genre de cinéma que je souhaite faire.

Que recherchais-tu dans les personnages, on a l'impression que tu réduis au minimum l'expression des acteurs ?
Tu n'imagines pas comme cela est compliqué. La direction d’acteurs est peut-être la chose la plus complexe et en même temps ce qui m'amuse le plus dans la création cinématographique, tout particulièrement dans ce film. Nous voulions que tous les éléments convergent vers la subtilité. Pour les acteurs, c'était une épreuve épuisante, ils ont dû me haïr car je leur disais “ne bouge pas ce sourcil”, et ensuite ils me disaient “au fait, tu m'as rendu hyper conscient de la façon dont nous bougeons les sourcils”. Au Mexique les acteurs viennent des feuilletons télévisés (telenovelas) ou du théâtre, où règnent d'autres codes, d'autres conventions. Changer les habitudes de quelqu'un qui a fait des séries ou du théâtre, depuis 30 ans, ,est un combat éprouvant.
Ces comédiens souhaitaient relever le défi avec moi et nous sommes parvenus à l’essence des choses, en croyant aveuglement qu’il est peut-être plus fort que les personnages se taisent ou parlent peu plutôt que de débiter des dialogues insipides. Dans le film, on fait référence à l’injustice sans prononcer le mot injustice, il y a une vengeance qui ne se voit pas.

Comment travailles-tu l'humour avec cette approche novatrice que tu as des images ?
Malgré le fait d'avoir vécu tant d'années au Mexique, j'ai un regard de “non appartenance”, non pas que je ne veuille pas m'intégrer. Mais je continue à m'étonner de choses que les mexicains eux-mêmes ont sans doute cessé de voir. A Tijuana, cette palissade qui entre dans la mer et qui sépare les deux pays (Etats-Unis et Mexique) fait partie du paysage, pour les mexicains. Quand moi je l'ai vue, elle m’a glacé le ,sang, non pas parce qu'elle dégage un sens tragique, elle est belle. Mais elle est aussi cruelle. 
Pour moi, l'humour se transmet de manière naturelle car je suis comme cela, et j'ai un regard un peu distant par rapport aux choses qui cultivent une certaine ironie. Mais la situation vécue aussi par les personnages est si absurde qu'elle en devient franchement comique.

De quelle façon le Mexique t'a-t-il accueilli, lui qui a été source d'inspiration pour la création de tes personnages?
Le Mexique est un pays très généreux, chaleureux. Les migrants, les exilés du fait de la guerre en Espagne, en Amérique Latine ont pu y confluer grâce à la nature accueillante de ces habitants même si on assiste tout récemment à une décadence sociale, une dépravation causée par le narcotrafic, les massacres, le trafic humain. J'adore malgré tout le Mexique mais il y a aussi des choses qui me sont arrivées qui m’affectent : par exemple quand on me demande où se trouve le Salvador, ou encore des problèmes de discrimination liés à ma situation migratoire. Mais ce pays continue malgré tout de m'étonner bien que la violence m'attriste car il arrivera peut-être un jour où il ne fera plus bon vivre au Mexique. Aujourd'hui je ne suis pas si sûr d’y rester. Je me sens un peu mal à l'aise .

Quels sont les projets que tu as en tête ?
J'aimerais beaucoup monter un projet sur la guerre au Salvador en y développant ma perception et mon vécu de la guerre, à travers le regard d'un enfant, et non la réalité d'un champ de bataille.
La guerre est absurde et sous les yeux d'un enfant, bien plus encore. J'aimerais réaliser ce projet en partant de l'absurde. En générant ce type de situations, tu peux sans doute prendre davantage de distance et réfléchir aux choses. L'intrigue traite de l’enlèvement spectaculaire d’un cheikh arabe par la guérilla salvadorienne dans les années 80…un fait rarissime. Les ravisseurs étaient des jeunes de 17 ans, qui auraient préféré jouer au footb all plutôt que d'enlever un potentat. A la fin ils deviennent de bons amis, ils prennent la fuite et on n'entendra plus jamais parler d'eux. C'est une histoire d'amitié dans un contexte de guerre.