Bashing

Text Resize

-A +A

Scénario et dialogues : Masahiro KOBAYASHI
Photo : Koichi SAITOH
Son : Tatsuo YOKOYAMA
montage : Naoki KANEKO
musique: Hiroshi HAYASHI

 

Masahiro Kobayashi

De nationalité japonaise.
 Né le 6 janvier 1954 à Tokyo (Japon).

 1996 CLOSING TIME
 1998 BOOTLEG FILM (La Route des Petits Voyous)
 2000 KOROSHI (Film Noir)
 2001 ARUKU HITO (L¿homme qui marche sur la neige)
 2003 LA COIFFEUSE- ONNA RIHATSUSHI NO KOI

 2004 FURIKKU (Un Flic)
Films du même auteur valorisés par le Gncr: 
Informations complémentaires: 

Sélection officielle Festival de Cannes 2005

Bashing

Masahiro Kobayashi
Distribution :: 
Date de sortie :: 
14/06/2006
JAPON. 2004. 1h22. 35mm.Couleur
Yuko, otage en Irak, rentre au Japon après avoir été libérée. Mais six mois plus tard, son retour tourne au calvaire. Il semblerait que toute la société japonaise se soit liguée contre elle après avoir été embarrassée et consternée par l¹attention internationale dont Yuko a été l'objet. Celle-ci est, chaque jour, « brutalisée » par des insultes dans la rue, des coups de fil anonymes, et même par des violences physiques. Licenciée de son travail, son isolement ne fait que grandir en même temps que son désespoir. Après avoir perdue son père, son unique soutien, l'idée de l'impensable commence à se faire jour en elle : retourner dans le seul endroit où l'expression sur le visage des gens n'est ni froide ni dure, le seul endroit où elle se soit jamais sentie nécessaire.

Alors qu'elle achète des friandises japonaises pour les enfants iraquiens, elle se laisse aller à un petit sourire secret.

"Bashing" - CANNES 12 mai 2005
A l'occasion de la conférence de presse de Bashing, film japonais présenté en Sélection Officielle et en compétition, le réalisateur Masahiro Kobayashi et les comédiennes Fusako Urabe et Nene Otsuka ont répondu aux questions de la presse internationale. Extraits choisis.

Masahiro Kobayashi sur ses intentions : "Le vrai sujet du film est le harcèlement dont ont été victimes les otages quand ils sont revenus au pays. Il s'agissait de décrire les sentiments qui peuvent naître dans le coeur de cette jeune femme qui ne comprend pas pourquoi elle est l'objet de tant de haine. Ce n'est pas la dimension politique qui m'intéressait, je n'ai pas fait un film sur la prise d'otage. Et au-delà de son cas, je parle du problème des minorités. Il y a une tendance au Japon à être très méchant vis-à-vis des faibles. C'est ce que je remets en question : j'ai l'impression que la société japonaise est un peu malade et cherche à se venger de l'insatisfaction du monde moderne sur les gens les plus faibles."

Masahiro Kobayashi sur l'origine de ce harcèlement au Japon : "C'est très difficile de dire pourquoi la société japonaise a réagi comme cela. Je sais que beaucoup de Japonais vont avoir des interprétations différentes. C'est la raison pour laquelle j'ai décidé de faire une fiction et non un documentaire. J'ai une idée : c'est peut-être dû au fait que le Premier Ministre japonais Junichiro Koizumi a adopté une position très claire et très négative en rejetant la responsabilité sur les otages. C'est leur faute, a-t-il expliqué. Et les médias japonais conservateurs lui ont emboîté le pas, sans émettre de doutes. Et la population a suivi le mouvement, sans poser de question. Peut-être est-ce une explication ?"

Masahiro Kobayashi sur sa position à l'égard de ce harcèlement : "Ma position est claire : je ne comprends évidemment pas les partisans du harcèlement de cette journaliste au Japon [événement dont s'est librement inspiré le réalisateur]. Et si j'avais pu avoir mon mot à dire sur les conditions de libération de l'otage, j'aurais effectivement retiré nos troupes d'Irak. Mais ce n'est pas le sujet du film."

Masahiro Kobayashi sur le bénévolat au Japon : "Quand il s'agit de bénévoles qui aident suite à un tremblement de terre, c'est très bien accepté par la société japonaise. Elle admire ces gens qui viennent au secours des sinistrés. En revanche, en ce qui concerne le bénévolat à l'étranger, c'est considéré comme douteux. Les nippons se demandent ce que ces bénévoles vont faire "là-bas". Vont-ils être vraiment utiles alors qu'il y a déjà tant à faire au pays ? Je ne suis pas sûr cependant de refléter la position de tous mes compatriotes. En tout cas, j'ai l'impression que les Japonais se posent des questions sur la nécessité de ce type de bénévolat."

Masahiro Kobayashi sur la présentation du film en compétition à Cannes : "Je suis très heureux que mon film ait été sélectionné en compétition. Pour Bashing, c'est une garantie d'être vu par le plus grand nombre de personnes, dans un plus grand nombre de pays, de trouver un bon circuit de distribution, y compris au Japon. C'est une grande opportunité."





Mépris d'otage  Par Didier PERON     
La compétition officielle s'ancre doublement dans l'actualité irakienne via Kilomètre zéro (lire ci-dessous) et Bashing, septième long métrage de Masahiro Kobayashi, sur une ex-otage japonaise revenue d'Irak au pays et mise au ban de la société. Le sujet est à haute teneur polémique, même si, du point de vue de l'Occident, le film n'aura d'autres effets que de reconduire le sentiment bien partagé que le Japon est un monde impénétrable où tous les signes sont inversés.

Qu'une jeune bénévole rescapée des griffes de preneurs d'otages apparaisse aux yeux de l'opinion comme un objet de mépris nous paraît à peine concevable. Pourtant, Kobayashi s'appuie sur des faits réels, qui ont secoué la société et les médias, l'opinion majoritaire considérant que les ex-otages avaient mis la nation dans l'embarras et devaient s'excuser en se faisant tout petit.

A travers le cas romancé de la jeune idéaliste Yuko, partie au Moyen-Orient parce qu'elle ne supportait plus le conformisme utilitariste, le cinéaste s'attaque aux verrouillages idéologiques qui écrasent toutes volontés de sortir du cadre.

Le film n'est pas aussi fort que son sujet, le cinéaste forçant la note mélodramatique. L'acharnement contre Yuko et ses proches finit par sembler mécanique et unilatéral. Avec ses larmes ravalées et ses trépignements de petite fille capricieuse, le personnage n'offre d'ailleurs pas une image très reluisante de l'alternatif nippon. 
13 mai 2005