Estamira

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Réalisation : Marcos Prado
Image : Marcos Prado
Son : Leandro Lima, Rodrigo Noronha
Montage : Tuco
Musique : Roberto Freitas, Décio Rocha
Production : Zazen Produções Audiovisuais Ltda.

 

Marcos Prado

Bus 174, 2002
Pantanal Cowboys, 2000
The charcoal people
, 1998.
Films du même auteur valorisés par le Gncr: 
Informations complémentaires: 

GRAND PRIX DU FESTIVAL INTERNATIONAL DU DOCUMENTAIRE DE MARSEILLE 2005
PRIX DU GNCR AU FESTIVAL INTERNATIONAL DU DOCUMENTAIRE DE MARSEILLE 2005

Estamira

Marcos Prado
Distribution :: 
Date de sortie :: 
14/05/2008
BRÉSIL. 2005. 2h01. 35mm. 1,85. Couleur. Dolby SRD.
Estamira raconte l'histoire d'une femme de 63 ans atteinte de schizophrénie. Estamira vit depuis 20 ans sur la décharge de Jardim Gramacho à Rio de Janeiro. Nous suivons son changement sur quatre ans de traitement médical. Ses enfants témoignent des difficultés de sa vie : son enfance perdue dans la misère du Brésil rural, les péripéties tourmentées de ses amours et de ses mariages, et ses frustrations. Estamira explique avec poésie, philosophie et éloquence qu'elle se consacre à la mission qui lui a été confiée : révéler la vérité et la reconquérir.

Comme une invitation au voyage

"(...) Estamira, de Marcos Prado, avec un dispositif radicalement différent, creuse le même sillon. Pour dresser le portrait au long cours (vertu cardinale du documentaire, la patience : le tournage a duré quatre ans...) d’une schizophrène de soixante-trois ans, qui vit depuis vingt ans sur une décharge de Rio de Janeiro, le cinéaste a choisi une forme qui épouse souvent les méandres de ce personnage hors norme, brisé par l’existence, qui a choisi de plier le monde à la puissance désordonnée de son verbe, plutôt que d’en subir la brutalité. Si Estamira a renoncé à Dieu, si elle est le produit de « l’ordre et du progrès » d’une société patriarcale, elle règne sur le royaume de ses déchets, souffrante mais sans pouvoir renoncer à « se désincarner » : horizon du suicide suggéré dans le plan final, la possibilité de se fondre dans l’élément liquide, la mer, qui fonctionne aussi comme métaphore de la création du Brésil par les colonisateurs. Infatigable « sujet parlant » qui, dressée, guette les pièges et les maléfices d’un monde régi par les faux-semblants.

Emmanuel Chicon - L'HUMANITÉ