Et la lumière fut

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Interprétation
Sigalon Sagna, Saly Badji, Binta Cissé, Marie-Christine Dième, Alpha Sane
Scénario Otar Iosseliani
Image Robert Alazraki
Son Alix Comte
Musique Nicolas Zourabichvili
Montage Otar Iosseliani, Ursula West, Marie-Agnès Blum
Production Les Films du Triangle, Direkt Film GmbH, La Sept

 

 

Otar Iosseliani

Après avoir étudié le piano, les mathématiques et la mécanique, Otar Iosseliani s'oriente vers le 7ème Art au VGIK, l'école de cinéma de Moscou. Il y réalise plusieurs courts métrages et un moyen métrage en 1961, intitulé Avril qui est interdit par les autorités locales. Une mésaventure qui se reproduit notamment avec La Chute des feuilles, son premier long métrage. "Ces films n'étaient pas anti-soviétiques. Ils décrivaient la réalité qui pouvait se passer du système, les problèmens humains qui continuaient à exister et qui, peut-être, pour la censure, soulignaient le côté passager du bolchevisme", explique le cinéaste. Depuis 1982, Otar Iosseliani poursuit sa carrière en France avec Les Favoris de la lune ou La Chasse aux papillons. Mais le cinéaste reste fidèle à sa méthode : "utiliser les ressorts de la comédie, parler des choses les plus graves en souriant", confie-t-il. La reconnaissance arrive avec Adieu, plancher des vaches!, sélectionné hors compétition à Cannes et lauréat du prix Louis-Delluc, Goncourt du cinéma français.


 
FILMOGRAPHIE
1962 Avril
1964 La Fonte   
1970 Vieilles Chansons georgiennes
1970 Il etait une fois un merle chanteur
1976 Pastorale
1982 Euskadi
1984 Les Favoris de la lune
1988 Un Petit monastere en Toscane
1989  Et la lumiere fut
1992 La Chasse aux papillons
1994 Seule, Georgie
1996  Brigands, chapitre VII
1996 La Chute des feuilles
1999 Adieu, plancher des vaches ! 
2001 Lundi Matin
2006 Jardins d'automne  
Informations complémentaires: 
Grand Prix du Jury - Mostra de Venise 1989
 
 

 

Et la lumière fut

Otar Iosseliani
Distribution :: 
Date de sortie :: 
17/01/1990
Italie, France - 1989 - 1h40

Des bucherons viennent troubler puis détruire la sérénité d'un village au cœur de la foret africaine.

 

Un jour j'ai feuilleté un livre de photos prises en Afrique, et, sans connaitre ce continent, convaincu seulement par les regards émouvants et les visages de ces gens sans défense devant l'ouragan qui s'approche d'eux, j'ai pensé qu'on pouvait mettre en évidence dans ce pays la chute d'une certaine culture, considérée comme une culture primitive par les autres civilisations plus industrialisées et elles-mêmes privées de culture, donc encore plus primitives. La destruction d'une culture au sein d'un microcosme de relations humaines pouvait s'inscrire dans le genre de la fable que j'essaie de poursuivre dans tous mes films. J'ai écrit le squelette de cette fable et je suis parti en Afrique pour les repérages avec l'idée de justifier l'arbitraire et l'a priori de mes idées. Je voulais que la matière humaine qui allait incarner ma pensée soit tout à fait dans le sens de cette idée de pureté. (…) Voyager sur des crocodiles, souffler et déclencher le vent, faire revivre quelqu'un qui a la tête coupée, produire le feu ou la pluie instantanément par la parole, tout cela appartient aux contes africains. Notre but était d'établi dès le début du film un contrat avec le spectateur : rien n'est étrange, tout est réel, simple et possible. 

 
(Otar Iosseliani, Cahiers du cinéma, n°427, janvier 1990)