L'état du monde

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production : LX Filmes, la Fondation Calouste Gulbekian
six films par :
Apichatpong WEERASETHAKUL
Vicente FERRAZ
Ayisha ABRAHAM
Wang BING
Pedro COSTA
Chantal AKERMAN

 

Philippe Ramos

Films du même auteur valorisés par le Gncr: 
Informations complémentaires: 

Quinzaine des réalisateurs, Cannes 2007

L'état du monde

Philippe Ramos
Distribution :: 
Date de sortie :: 
20/02/2008
2007 – Portugal – 1h45 – 35mm – couleurs – dolby SRD
Dans le cadre des évènements commémoratifs de son cinquantième anniversaire, la Fondation Calouste Gulbenkian a souhaité intégrer le Forum Culturel “L’Etat du Monde”  avec un projet cinématographique : six réalisateurs de pays différents ont été invités pour répondre à ce défi et écrire et réaliser chacun un film court d’environ 15 minutes.  Il s’agit de six projets de films indépendants, chacun d’eux porteur d’une vision unique et personnelle sur des aspects divers de petites parties du monde. Du croisement de ces regards, résulte un autre regard, métaphorique et nécessairement prospectif et universel.
LUMINOUS PEOPLE de Apichatpong Weerasethakul
Thaïlande - 16’ – Réalisation, Image, Montage : Apichatpong Weerasethakul - Avec Sakda Kaewbuadee, Jenjira Jansuda

Un groupe de personnes descend le Mékong en bateau, longeant la frontière entre la Thaïlande et le Laos. Ils naviguent contre le vent, préparant une cérémonie funéraire…
NOTE DU RÉALISATEUR
Luminous People est la reconstitution d’une cérémonie qui célèbre la présence des morts et les mémoires décadentes des vivants, du cinéma. Je me suis rendu, avec mon équipe, à Nong Khai, une petite ville située à proximité du fleuve Mékong, et j’ai invité les habitants de cette localité à participer au projet. Pendant les deux journées que l’on a passé sur le bateau, nous avons reconstitué une cérémonie inventée et élaboré un récit. Plus tard, certains membres de l’équipe se sont réunis pour visionner les images et leurs conversations ont été enregistrées. Pendant ce processus, l’un d’entre eux s’est remémoré une visite que son père décédé était venu lui rendre dans ses rêves. Je lui ai demandé de chanter cette histoire dans le film.

GERMANO de Vicente Ferraz
Brésil - 21’ – Réalisation : Vicente Ferraz - Image : Carlos Arango de Montis - Montage : Moema Pombo - Son Pedro Moreira - avec Paschoal Vilaboim, Juandir Ferreira, Babu Santana
Après avoir navigué plusieurs années dans la magnifique baie polluée de Guanabara, Germano et son équipe décident d’aller pêcher dans d’autres eaux. Malgré leur petite barque et leur vieux moteur, ils prennent la direction de la haute mer.
NOTE DU RÉALISATEUR
J’ai écrit cette petite histoire en pensant au thème qui m’avait été proposé : L’état du monde. La première chose qui m’est venue à l’esprit, c’est l’état de notre planète, l’impasse entre la globalisation et les cultures nationales, le défi que représente la préservation de ’environnement. C’est cela qui m’a amené à raconter l’histoire simple de Germano et de sa petite embarcation, confrontés à un immense pétrolier russe, par analogie avec le passage du XXe au XXIe siècle. Je voulais faire un film semblable à un roman populaire du Nordeste brésilien.

ONE WAY de Ayisha Abraham
Inde - 17’ – Réalisation : Ayisha Abraham - Image : Avijit Mukil Kishore - Montage Cynthia Mandansky, Luis Correia - Son : Gissy Michael  - Musique originale : Clay Kelton Avec : Shyam Bahadur
Au rez-de-chaussée d’un immeuble, la vie quotidienne du gardien, ponctuée par le récit de son voyage depuis les montagnes du Népal à Bangalore, en Inde.
NOTE DU RÉALISATEUR
One Way est le portrait d’un travailleur invisible dans une grande ville contemporaine, dont l’existence est arrêtée entre la vertigineuse transformation de l’espace urbain et le paradis perdu de sa terre indigène.

BRUTALITY FACTORY de Wang Bing
Chine - 16’ – Réalisation: Wang Bing - Image : Zhang Tieqiang, Jean-Sébastien Lallemand - Son : Chen Chen, Shen Jinguang - Décors : Wang Jianjun - Montage : Adam Kerby Avec : Xu Ning, Wu Gang, Wang Hongwei, Lu Ye, Li Wake
Par une journée ensoleillée, un immeuble industriel est détruit. La nuit tombe. Les ruines de l’usine sont vides et silencieuses. Les fantômes apparaissent, des voix
s’élèvent et racontent leur histoire...
NOTE DU RÉALISATEUR
Il y a quelques années, alors que je m’entretenais avec des ouvriers, ils m’ont parlé des affrontements, des interrogatoires et des épisodes de torture ayant eu lieu dans leur usine pendant la révolution culturelle. Un soir, alors que je déambulais dans l’enceinte de l’usine déserte, je fut saisi par la peur, me sentant comme observé et suivi par un fantôme. Aujourd’hui encore, la vérité sur cette époque n’est connue que par un petit nombre de personnes ayant directement assisté à ces événements ou les ayant vécus. Avec le temps, leurs histoires se sont transformées en plaisanteries, en histoires de fantômes ou en contes terrifiants, une façon de garder le passé en mémoire.

TARRAFAL de Pedro Costa
Portugal - 17’ - Réalisation et Image : Pedro Costa - Son : Olivier Blanc, Vasco Pedroso – Montage : Patricia Saramago - Avec : Jose Alberto Silva, Lucinda Tavares, Alfredo Mendes, Ventura
Tarrafal : territoire de l’île de Santiago au Cap-Vert où, en 1936, le Portugal a créé une colonie pénale pour les prisonniers politiques. Cette colonie était connue sous le nom de “camp de la mort lente”.

TOMBEE DE NUIT SUR SHANGHAÏ de Chantal Akerman
France ( ?) - 15’ – Réalisation : Chantal Akerman - Montage : Claire Atherton - Son : David Lassale
Plus que des sons, plus que des images, sans hiérarchie, Mona Lisa côtoie un dessin animé et le Chopin de la musique américaine des années 1970-80
dans une sorte de plaisir ambigu.
NOTE DU REALISATEUR
Quand on m’a proposé de faire un court-métrage sur l‘état du monde, je me suis sentie écrasée par un sujet si large. Je me suis dit, ma rue, la rue de Ménilmontant, est aussi une partie de l‘état du monde. Mais je ne la vois plus parce que je la vois tous les jours. J’ai donc décidé de m‘éloigner pour pouvoir voir. Aussi j’ai été à Shanghai, c’est loin et je n’y étais jamais allée. Et là j’ai vu un monde où les images sont partout, où toutes cultures se mélangent dans un concert assourdissant, tout cela en vidéo, les bateaux, les immeubles, ne sont plus que des immenses écrans. Il y a du plaisir à y être mais aussi autre chose, cela fait encore plus réfléchir aux images qui s‘érigent comme des totems.

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La Fondation Calouste Gulbenkian et le Cinéma
La Fondation Calouste Gulbenkian a commencé à soutenir l’art cinématographique en 1961. Depuis, la Fondation intervient de manière ponctuelle et contribue à la réalisation d'œuvres et de projets cinématographiques.   Au cours des trois dernières années, la Fondation Calouste Gulbenkian a commandé et produit une vingtaine de documentaires, dont la majeure partie ont été réalisés par de jeunes auteurs ayant fréquenté les cours de réalisation cinématographique et de réalisation de documentaires du Programme Gulbenkian "Créativité et création artistique".
L’Etat du monde fait partie intégrante de la programmation du forum culturel du même nom, "L’état du monde", qui s’est déroulé en juillet 2007 à Lisbonne.
www.gulbenkian.pt/estadodomundo
La Fondation Calouste Gulbenkian, institution portugaise privée, a été créée en 1956 par volonté testamentaire de son fondateur, financier de nationalité britannique et d’origine arménienne, mort en 1955 à Lisbonne où il résidait depuis 1942. Pionnier de l’industrie pétrolière, Calouste Sarkis Gulbenkian fut également un grand collectionneur d’art. Le Musée Gulbenkian, inauguré en 1969, accueille peintures, sculptures et autres objets rares venus surtout de sa résidence parisienne.  La Fondation mène aujourd’hui des activités très diversifiées dans les domaines des arts, de l’éducation, de la santé et de la science.