News from Home / News from House

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Auteur réalisateur Amos GITAI
Images  Haïm ASIAS, Nurith AVIV
Son Ravid DVIR, Alex CLAUDE, David GILLAIN
Montage Isabelle INGOLD
Recherches  Ayelet TAMARI, Jamil KHOURY
Producteurs  Amos GITAI, Michaël TAPUACH, Laurent TRUCHOT,  Patrice QUINET
Produit par  Agav Films
En association avec  ARTE (France / Allemagne), Artemis (Belgique), Agat Films (France), Sundance Channel (USA), RAI 3 (Italie),  RTBF (Belgique), YLE (Finlande), Hamon (Israël), The New Fund for Israeli Cinema, Second Channel (Israël)
Et la participation du CNC
Avec le soutien du Programme Media de l’Union Européenne

 

Amos Gitaï

Etudiant en architecture en Israël, Amos Gitaï réalise ses premiers courts métrages dès sa formation universitaire. Après avoir participé, encore étudiant, à la Guerre du Kippour en 1973 dans une section de sauvetage, le cinéaste poursuit sa formation d'origine à l'université de Berkeley aux Etats-Unis.
En 1977, il commence à travailler pour la télévision israélienne. En 1982, son documentaire Journal de campagne, tourné pendant la Guerre du Liban, déclenche une violente polémique qui oblige le metteur en scène à quitter Israël pour s'installer à Paris, où il restera jusqu'en 1993, avant de repartir en Israël, où il séjourne depuis.
1980 HOUSE – doc • 1981 WADI – doc // IN SEARCH OF IDENTITY – doc // AMERICAN MYTHOLOGIES – doc • 1982 FIELD DIARY – doc • 1983 ANANAS – doc • 1984 BANGKOK-BAHRAIN – doc • 1985 ESTHER  • 1987 BRAND NEW DAY – doc • 1989 BERLIN-JERUSALEM // BIRTH OF A GOLEM – doc • 1991 GOLEM, THE SPIRIT OF EXILE // WADI, TEN YEARS LATER – doc • 1992 METAMORPHOSIS OF A MELODY – doc • 1993 QUEEN MARY – doc // THE PETRIFIED GARDEN // THE WAR OF TH ESONE OF LIGHT AGAINST THE SONS OF DARKNESS – doc // IN THE VALLEY OF THE WUPPER - doc // KIPPUR WAR MEMORIES – doc • 1994 IN THE NAME OF THE DUCE – doc // GIVE PEACE A CHANCE – doc • 1995 DEVARIM  • 1996 THE ARENA OF MURDER – doc // MILIM - doc • 1997 WAR AND PEACE IN VESOUL doc • 1998 A HOUSE IN JERUSALEM – doc // ZION, AUTO–EMANCIPATION – doc // YOM YOM • 1999 KADDOSH • 2000 KIPPOUR  • 2001 EDEN // WADI GRAND CANYON – doc • 2002 KEDMA • 2003 ALILA • 2004 PROMISED LAND • 2005 FREE ZONE • 2006 NEWS FROM HOME / NEWS FROM HOUSE - doc
 
Films du même auteur valorisés par le Gncr: 

News from Home / News from House

Amos Gitaï
Distribution :: 
Date de sortie :: 
15/11/2006
France / Israël - 2006 – 35mm – couleurs – 89mn – Dolby SRD

25 ans après HOUSE (1980) et 14 ans après UNE MAISON A JERUSALEM (1998), Amos Gitaï revisite la maison, sujet des deux premiers volets, et son voisinage. Regards sur son pays au travers des personnages israéliens et palestiniens qui traversent le temps, au milieu du tumulte du Moyen-Orient, autour de ce lieu unique. Regards sur les différentes transformations au fil de ces dernières 25 années, de cette métaphore qu’est la maison et des personnages qui s’y rattachent.

Note du réalisateur
Le film HOUSE a été tourné à trois reprises sur 25 ans. La première fois en 1980, puis il y a neuf ans et, plus récemment en 2005.
Thierry Garrel m'a proposé de revisiter HOUSE, un film que j'ai réalisé il y a exactement 25 ans, pour savoir ce qu'étaient devenus les habitants et tous ceux qui vivaient là.
Le premier film a été tourné en noir et blanc, en 16 mm. À l'époque, il a été considéré comme trop polémique par la télévision israélienne et il n'a jamais été diffusé. Je me demandais où vivaient maintenant les personnages, s'ils étaient même encore en vie et ce qui était arrivé aux plus âgés.
Et j'ai découvert une diaspora de plus en plus importante, des gens dispersés partout. Certains Israéliens de la génération suivante étaient partis à l'étranger, au Canada ou en Europe. Des Palestiniens de la génération précédente étaient à Amman, d'autres à Montréal. Et ce microcosme très dense, dans lequel les personnages arrivent de toutes les directions et qui constitue la matière de ce film, est devenu de plus en plus abstrait, dispersé. Comme si cette histoire s'épuisait, et le Moyen-Orient aussi, peut-être. J’y ai vu l'occasion de tenter de garder la métaphore, ce microcosme.
D'une certaine façon, un documentaire, c'est comme un chantier archéologique humain en cours. On creuse jusqu'à ce qu'on trouve un fragment d'os ou une histoire ou bien des maisons qui ont été recouvertes par la poussière. Je crois que c'est le rôle du documentaire : creuser, faire apparaître le plan d'ensemble, la structure masquée par le présent. La fiction est plus proche de l'architecture. Il faut bâtir, créer des arches pour que ça tienne. Mais ici, il s'agit d'un site archéologique humain ouvert. Couche après couche, on voit apparaître les personnages, des ouvriers, des propriétaires, des gens qui apportent de minuscules morceaux, des fragments de souvenirs, des récits, des photos. Comme ils sont tous dispersés, il ne reste que les souvenirs et il n'y a plus de cellule familiale. Dans la plupart des cas, les gens sont déplacés par des forces économiques ou par des guerres. Ce sont des réfugiés. Ce pays est composé aussi de personnes déplacées.  De Juifs venus d'Europe de l'Est, des camps, ou d'Afrique du Nord, et des Palestiniens, déplacés par les Israéliens.

Ce sont les histoires que nous racontons dans les films et c'est NEWS FROM HOME, le nouveau chapitre d'un site humain ouvert.
Amos Gitaï

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INFORMATIONS COMPLEMENTAIRES
Le tailleur de pierre vient d’un village qui s’appelle Walladji, et a été rasé après la guerre de 1948. Le village a ensuite été reconstruit à côté de Batir. C’est en Cisjordanie, qui était sous contrôle jordanien jusqu’à la guerre des 6 jours, en 1967. Batir est un village palestinien qui porte le même nom que Betar, la dernière citadelle des Juifs, perdue en 135 après J.-C, 65 ans après la chute de Massada et 70 après l’incendie et la destruction de Jérusalem. Les Palestiniens l’appellent Hirbet el Yahud, ce qui signifie « la ruine des Juifs ». Notre tailleur de pierre est originaire de ce village. Depuis peu, le projet de mur inclut un tronçon qui va séparer les deux villages de leurs terres cultivables. Ce sera une immense cicatrice dans le paysage. Elle bloquera l’accès aux villages et détruira un système d’irrigation qui a des centaines d’années, si ce n’est plus.

Dans le cessez-le-feu négocié en 1949 sur l’île de Rhodes entre les Jordaniens et Moshé Dayan pour la partie israélienne, la frontière était censée longer la ligne de chemin de fer construite par les Ottomans, qui passe près de Batir et de Walladji, dans la vallée. Dayan avait insisté pour que la frontière soit établie 200m plus loin en territoire jordanien, à l’endroit où la ligne de chemin de fer suit une courbe. A l’époque, les Jordaniens avaient objecté que les villageois de Walladji et de Batir seraient obligés d’abandonner leurs villages, leurs terres étant situées entre la ligne de chemin de fer et les collines appartenant à Israël, en territoire israélien. Dayan donna alors un accord tacite qui ne figura nulle part, mais était en substance le suivant : si le train a le droit de passage, les villageois pourront cultiver leurs terres ; mais s’ils s’opposent au passage du train, ils ne pourront pas aller cultiver leurs terres. Récemment, l’Etat d’Israël a tenté de contester le droit de propriété des Palestiniens sur cette terre en faisant valoir qu’il n’existe pas de contrat écrit. La Cour suprême a donné raison aux Palestiniens et dit qu’il s’agissait d’un accord oral qui devait être respecté. La compagnie de chemins de fer a décidé de rouvrir la ligne entre Tel-Aviv et Jérusalem. Elle a essayé elle aussi de contester le droit de propriété de certains terrains…