Nouvelle Donne

Text Resize

-A +A
RÉALISATION Joachim Trier / SCÉNARIO Eskil Vogt, Joachim Trier / IMAGE Jakob Ihre / SON Morten Solum / MUSIQUE Ola Fløttum et Knut Schreiner / MONTAGE Olivier Bugge Couttè / DÉCORS Roger Rosenberg / PRODUCTION 41/2 / COPRODUCTION Filmlance International AB, Nordisk Film Post Production, Norsk Filmstudio / AVEC LA PARTICIPATION DU Norwegian Film Fund, Nordisk Film & Tv Fund, Swedish Film Institut /
 

Joachim Trier

Joachim Trier, né en 1974 à Copenhague, a grandi dans une famille dont le grand-père, Erik Loechen, était réalisateur (Jaksen/La Chasse sélectionné en compétition officielle festival de Cannes 1960 et Motforestilling/ Objection (1972)) et dont les parents travaillaient dans le milieu du cinéma. Il tourne son premier film en 8 mm à l'âge de 5 ans. Après avoir été champion de skateboard au niveau national – un sport qui lui inspire plusieurs vidéos –, il entre au European Film College au Danemark, avant d’intégrer à  23 ans la National Film and Television School de Londres, dont il ressort diplômé. Entre 1999 et 2002, il tourne de nombreux courts métrages, dont Pietà (1999), Still (2001) et Procter (2002) sur la découverte d’une mystérieuse pellicule de film dans la caméra d’un homme retrouvé mort. Les trois films ont été sélectionnés dans plus de trente festivals internationaux et ont été récompensés par de multiples prix, dont ceux du Meilleur Film Anglais et du Meilleur Film Européen aux European Film Awards d’Edimbourg en 2002. Joachim Trier a également réalisé des clips publicitaires en Angleterre et en Norvège.
En 2006, il réalise son premier long métrage, Nouvelle Donne, dans lequel deux amis d'enfance ont pour ambition de devenir écrivains. Le film, qui traite de la désillusion post-adolescente, du mal-être et des rêves de jeunesse envolés, a obtenu plusieurs prix dans  de nombreux festivals internationaux. Joachim Trier intègre alors la liste des « dix réalisateurs de Sundance à suivre » établie par le magazine Variety.  Son second long métrage, Oslo, 31 août, a été présenté au Festival de Cannes 2011, dans la section un Certain Regard. 
 
 

 

Films du même auteur valorisés par le Gncr: 
Informations complémentaires: 

entre autres…
PRIX DU JURY JEUNE PUBLIC - FESTIVAL DE ROTTERDAM 2007
PRIX DÉCOUVERTE - FESTIVAL DE TORONTO 2006

Nouvelle Donne

Joachim Trier
Distribution :: 
Date de sortie :: 
11/06/2008
Norvège / 2006 / 1h43 / couleur / 1,85 / Dolby SR
Depuis l’enfance, Erik et Phillip, unis par une profonde amitié, ont pour ambition de devenir écrivains. Alors que le manuscrit d’Erik est rejeté, celui de Phillip est publié et le jeune homme devient du jour au lendemain une figure de la scène culturelle norvégienne. Six mois plus tard, Erik et ses amis vont chercher Phillip à l’hôpital psychiatrique…
ENTRETIEN AVEC JOACHIM TRIER
Ce qui intrigue d’abord dans NOUVELLE DONNE, c’est son titre (original), REPRISE, mot français qui a de multiples sens. Que vouliez-vous exprimer avec ce terme ?
Au départ, le titre était davantage lié à l'histoire entre Kari et Phillip qui essayent de reconstruire leur relation à travers des « répétitions ». Leur voyage à Paris en est un exemple. Le film présente également les aspects positifs et négatifs des répétitions dans la vie des jeunes hommes : les blagues à répétitions ou « running jokes » des groupes d'amis qui s'opposent au besoin de s'émanciper et d'avancer dans la vie.

Le début de NOUVELLE DONNE est construit comme un cartoon, pourquoi une telle introduction dont le rythme est si différent du reste du film ?
L'idée était d'introduire les personnages d'Erik et de Phillip et leur amitié à travers les rêves qu'ils partageaient. Une grande partie de leur personnalité est marquée par des pensées fugaces où se mélangent des attentes assez naïves avec des références culturelles musicales ou littéraires plus ou moins sophistiquées. Notre intention était de laisser la dynamique du film illustrer les caractères des personnages, et ceci devait être établi dès le départ. Le « ton » du film est également établi dès l'introduction : les enchaînements, les variations de rythme, les libertés que nous voulions prendre. Nous souhaitions avoir un rythme très soutenu dans la séquence d'ouverture afin que le public comprenne qu'il regardait un film où il n'était pas nécessaire de capter d’emblée tous les détails. Assez ironiquement, les séquences d’intro, malgré leur légèreté, sont aussi une présentation des thèmes abordés dans le film. Ce qui suit dans le film sous une forme plus sérieuse est ici résumé.

L’aspect très maitrisé est étonnant pour un 1er film. Quelle a été votre formation et votre itinéraire avant ce 1er long-métrage ?
D'autant que je m'en souvienne, j'ai toujours fait des films. J'ai grandi dans une famille travaillant dans le monde du cinéma (mon grand-père était réalisateur et mes deux parents travaillaient également dans ce secteur), je savais donc que le cinéma était un travail concret pour le meilleur et pour le pire. Pendant mon adolescence, j'ai réalisé plusieurs vidéos sur le skateboard et développé une curiosité pour le film narratif. J'ai été au European Film College au Danemark et à vingt-trois ans, j'ai intégré The National Film & TV School en Angleterre. J'ai toujours été attiré par les réalisateurs et les films qui parvenaient par le cinéma à raconter des histoires de façon différente, peut-être même poétique. Ceci a posé problème en Angleterre où la tradition pragmatique et socio-réaliste imprégnait l'école. J'ai tout de même beaucoup appris dans les techniques de direction des acteurs, notamment grâce à des professeurs tels que Stephen Frears.

La photographie du film évite les tons chauds, un peu comme un rêve éveillé, quelles ont été vos options et votre travail avec le chef opérateur ?
Jakob Ihre et moi avons fait ensemble plusieurs courts-métrages et nous sommes de bons amis. J'admire en particulier sa sensibilité à la lumière. Je suis un réalisateur qui s'implique beaucoup dans l’aspect photographique des films que je fais et j'ai l'impression, qu’au fil du temps, Jakob et moi avons trouvé un très bon équilibre. Nous partageons de nombreuses références culturelles (à la fois populaires et plus pointues). Nous adorons écouter The Who pendant que nous regardons un mélange de films classiques, de la photographie, de la peinture, des magazines de mode ou des photos que nous avons prises par hasard sur notre téléphone portable. Nous ne faisons aucune discrimination. Le travail le plus important pour Nouvelle Donne a été dans la phase de pré-production lorsque nous avons pris le temps d'observer la lumière naturelle dans les différents décors choisis pour le film.

■ Le scénario est complexe, constitué de séquences actuelles, passées, certaines sont des fausses pistes, certaines clairement imaginaires comme l’introduction. Il y a des souvenirs, des bifurcations. Un tel canevas était-il une évidence depuis le début ou la nécessité s’est-elle fait jour petit à petit ?
J'ai écrit le film avec mon ami de longue date Eskil Vogt. Nous partageons un bon nombre d'idées lorsqu'il s'agit de trouver une forme adéquate pour exprimer des pensées ou des états d'âme. Assez tôt dans le processus d'écriture du manuscrit, il était clair que plusieurs idées directrices donnaient déjà une impression de la manière dont elles devaient se raconter de façon structurelle. Nous souhaitions faire de nouvelles expériences, mais de façon à ce que le public soit impliqué dans le jeu du temps et des personnages.

 ■ La différenciation visuelle des différents registre temporels est assez peu marquée, vouliez-vous désorienter le spectateur volontairement ?
Hum... J'ai toujours combattu la dichotomie entre les pensées et les sentiments, particulièrement dans mon approche des films. L'interprétation est une partie de l'expérience en temps que spectateur, mais ne s'oppose pas pour autant à la possibilité de ressentir une ambiance ou une histoire. Ce qui a été très intéressant avec Nouvelle Donne a été de découvrir comment différentes personnes comprennent et interprètent les choses, sans que nécessairement elles se sentent exclues du contenu du film.

■ Comment s’est déroulée votre relation de travail avec Eskil, le co-scénariste de Nouvelle Donne? (idée originale, développement du scénario, construction des personnages principaux).
Nous avons travaillé ensemble sur les scénarios de plusieurs courtsmétrages pendant de nombreuses années. Eskil a fait la Fémis à Paris en tant que réalisateur, ce qui fait de lui un collaborateur encore plus précieux, notamment dans le processus d'écriture. Nous partageons tous deux l'idée que le scénario déjà doit inclure certaines directions fondamentales de la mise en scène, de la forme du film. Le sujet d’un film doit déjà être traité à tous les niveaux. Un film doit s’exprimer autant avec sa forme qu’avec le dialogue et le comportement de ses personnages. Je dois toutefois dire que, pour nous, le grand pas en avant avec ce film a été de pouvoir se focaliser sur des personnages qui parlent une langue qui est la nôtre, mais après de nombreuses années à l'étranger (moi à Londres et Eskil à Paris). Une autre avancée a également été de tenter de combiner un langage cinématographique abstrait avec des portraits psychologiques réalistes. Mes premières tentatives étaient beaucoup plus abstraites que Nouvelle Donne.

D’une manière générale, quelles sont vos principales influences ? Revendiquez-vous, parmi elles, le côté « français » du film (la musique du Mépris, Le travail sur les titres, le voyage à Paris, le côté Nouvelle Vague du film) ?
Il n'est pas rare que les Norvégiens qui aiment la culture aient une vision romantique de la culture française. Le regard que le film porte sur la France est également rêveur et un peu naïf. Dans le film, Erik et Phillip rêvent d'une France d'exception : un pays où l'art et la culture seraient plus importants qu'autre chose. Eskil et moi-même avons passé beaucoup de temps en France et nous avons appris à nuancer notre regard sur la situation en France. Nous sommes toutefois toujours de grands fans de la tradition cinématographique et littéraire du pays. Godard, Resnais, Robbe-Grillet ou Duras sont des artistes que nous apprécions énormément. Parmi les nouveaux réalisateurs, Claire Denis, Arnaud Desplechin et Philippe Grandrieux ont chacun à leur manière été une source d'inspiration. Nous sommes bien évidemment impatients et un peu anxieux de l'accueil que nous fera le public français, précisément car le film est rempli d'hommages à la culture française. Pourtant, nous ne voulons pas non plus exagérer l'influence du film français sur notre film. Nous nous inspirons en réalité tout autant des films italiens, américains et russes. Des réalisateurs tels que Woody Allen, Wes Anderson et Nicolas Roeg. Prima della rivoluzione de Bertolucci a également été une grande source d'inspiration pour ce film.

Quelle a été votre manière de travailler par rapport au support scénaristique ? Le film était-il très « écrit » avant le tournage ?
Oui et non. J'ai toujours cru dans le proverbe « Luck favoursthe well prepared »*. *«La chance survient quand on est bien préparé ».  Même si le scénario était très détaillé, il est nécessaire de créer de l'espace pour la spontanéité et l'inattendu. C'est spécifiquement ce mélange d'idée claire pour chaque scène et la possibilité de l'inattendu, provenant soit des acteurs, soit du tournage qui m'attire dans un film. Je ne fais pas de « storyboards », mais des « floorplans » qui donnent une indication pour les mouvements de caméra, pour le travail sur la lumière et pour certains déplacements des personnages.

N’avez-vous pas eu peur avec l’intervention régulière d’un narrateur (d’une « voix off » plutôt) de faire sortir le spectateur du film, de le rendre extérieur à l’histoire ?
Non, je voulais l'inclure. Il était intéressant de découvrir qu'en mettant certaines parties de l'histoire en « voix off », les images avaient plus de liberté pour faire autre chose que juste de faire avancer l’intrigue d’un plan à l’autre.

Y a-t-il un élément biographique ?
Oui, par de nombreux aspects. Ce n'est pas directement l'histoire d'Eskil et la mienne, mais le film raconte un environnement et certains destins que nous avons connus.

Pouvez-vous nous en dire plus sur les acteurs du film (qui ne sont pas connus en France) ? Et sur votre manière de travailler avec eux, notamment par rapport aux différentes séquences ?
Presque tous les rôles principaux ont été joués par des acteurs amateurs dans Nouvelle Donne. Nous avons fait d'énormes castings et vu presque mille personnes pour les rôles principaux. Des réunions de travail avec les favoris ont suivi avant que nous ne fassions notre choix. Il était important de vérifier l’alchimie entre les acteurs. C'était un challenge de mélanger des amateurs et des professionnels, et dans la plupart des cas, les acteurs ont pu en bénéficier dans les deux sens. Nous avons trouvé des acteurs de milieux très différents, des humoristes, des musiciens. Anders Danielsen qui joue Phillip est dans la vraie vie médecin. Son expérience des cliniques psychiatriques a largement contribué au réalisme et à la subtilité de la représentation de la maladie de Phillip.

Vos personnages sont parfois mysogines, lâches, voire cruels les uns avec les autres, mais on sent votre tendresse vis-à-vis d’eux, et surtout ils sont « sauvés » par l’humour du film. Pourquoi être parti dans cette direction de personnages ?
Je voulais représenter ces garçons dans leur complexité et leurs angoisses. Je suis attaché à eux, mais en même temps, je ne veux pas cacher qu'à certains moments ils peuvent se montrer antipathiques et égocentriques. Le film montre les différentes façons qu'ont les garçons de traiter les filles et leur relation avec elles et j'ai la sensation que, le plus souvent, c’est les filles qui s’en sortent le mieux.  Les personnages du film souffrent de la difficulté de faire une critique de la bourgeoisie et de trouver un mode de vie alternatif tout en étant les enfants de la génération 68.

Comment avez-vous eu l’idée du personnage de Sten Egil Dahl ? Est-il inspiré d’un personnage réel ?
Nous nous sommes inspirés de plusieurs personnes pour le personnage de Sten Egil Dahl. Une personne dont je veux particulièrement parler est l'écrivain norvégien Tor Ulven qui s'est suicidé en 1995. Son art poétique et personnel combiné aux nombreux mythes autour de sa personne ont fait de lui une figure culte dans le milieu littéraire norvégien. Un deuxième auteur que nous apprécions spécialement est l'écrivain et penseur Maurice Blanchot qui vivait également une vie très privée. Il n'existe qu'une photo récente de lui en public qui figure dans Nouvelle Donne. C'est une photo prise en cachette et Eskil a dû faire de nombreuses démarches pour obtenir le droit de l'utiliser.

Vous avez été champion de skate en Norvège, avez-vous été immergé dans une « skate culture » qui pourrait expliquer d’après vous certains aspects de Nouvelle Donne. ?
Le skate-board comporte de nombreuses figures que tout le monde peut faire. C'est la façon de les exécuter qui fait toute la différence.

■ La presse anglaise a qualifié le film de « playful spirit of early Truffaut with a punk-rock sensibility » (esprit du jeune Truffaut avec une sensibilité punk-rock). Que pensez-vous de cette référence ?
C'est un honneur de recevoir de tels compliments. Nous souhaitions faire une déclaration d'amour aux films et à la musique. Plusieurs personnes étaient sceptiques face à ce mélange de références intellectuelles et de punk, mais nous trouvions cela tellement juste pour les personnages et le style du film. J'ai pour cette raison fait un slideshow (diaporama) avec des photos. De Søren Kierkegaard à Roland Barthes, en passant par Jean-Pierre Léaud, Joy Division, Gilles Deleuze, etc. Je l'ai ensuite montré à des gens pendant que je jouais « Search and Destroy », d’Iggy and the Stooges. Certaines personnes ont été convaincues, d'autres ne le sont peut-être toujours pas. Nous recherchions un formalisme « sale » et le mélange de punk et de Nouvelle Vague m'est apparu comme une évidence. Ils font d'une certaine façon partie de la même tradition, non ?
Le film a une apparence drôle, ironique, en traitant de sujets graves, la folie, les choix décisifs qui surviennent pour les 15-25 ans. Vu de France, c’est un ton radicalement différent du cinéma nordique « habituel », on dirait plutôt ici anglo-saxon. Avez-vous eu le sentiment de prendre le contrepied d’une certaine image du cinéma nordique ?
Ce projet était une tentative de combiner des éléments humoristiques avec un sérieux plus sombre ; exactement comme un groupe de garçons dans la vingtaine le font. A un moment donné on a une conversation sur Nietzsche et il suffit qu'une jolie fille passe pour que la conversation dévie sur une anecdote plus légère, avant de reprendre les grandes questions existentielles. En ce qui concerne la place du film dans la tradition nordique : derrière ce film il y a tout un groupe de personnes d'horizons très différents, venant de Norvège, du Danemark, de France, de Suède, etc. Plusieurs traditions nous inspirent. Il est cependant clair qu'il nous manque en Norvège les grands maîtres suédois (Bergman) ou danois (Dreyer) et nous n'avons donc pas de tradition claire à laquelle il faut se tenir.

Le film prend place à Oslo, dans quelle mesure la géographie ou la sociologie de la ville ont-elles influé sur le film ?
Une analyse sociologique ne m'intéressait pas, mais on voulait raconter l’histoire de nombreux endroits et personnes d’Oslo qui n'ont jamais eu l'occasion de voir leur histoire racontée auparavant en Norvège. Nos endroits. Il existe une importante classe moyenne à Oslo avec de nombreux jeunes gens qui ont un grand éventail de choix qui s’offre à eux. Même si plusieurs choses vont mal en Norvège, la majorité vit dans une « social-démocratie » où tout semble sûr et protégé. On ne ressent pas le besoin de se plaindre et on a l'impression que toutes les possibilités nous ont été offertes. Je désirais décrire comment cette liberté de choix dans certains cas peut devenir paralysante auprès de nombreux jeunes rêveurs.

Skate, musique rock-punk, image travaillée, avez-vous l’impression de faire partie d’une nouvelle génération de cinéastes scandinaves ?
Je ne ressens aucune affinité particulière avec la nouvelle génération de cinéastes scandinaves, peut-être à l'exception de Jesper Ganslands « Farwell Falkenberg » de Suède. Je connais de nombreux musiciens et écrivains norvégiens et, avec eux, j'ai sans doute plus l'impression d'appartenir à la Norvège.

Vous avez fait le tour du monde des festivals, en recueillant nombre de prix du public : quelles ont été les réactions de ce public, que vous ont dit les gens qui aiment le film, à quoi ont-ils été sensibles ?
Je n'aurais pas pu être plus heureux de l'accueil que j'ai reçu pour mon premier film. Mon film – que je pensais être un petit film norvégien – a été distribué dans trente pays, a obtenu de nombreuses récompenses, des critiques formidables, tant du New York Times que de plusieurs journaux turcs. Mais le mieux est quand des jeunes garçons portant des t-shirts Joy Division et des jeans noirs serrés viennent vers moi dans les rues d'Oslo et me disent qu'ils ont vu Nouvelle Donne plusieurs fois et sont un peu énervés car c'était le film qu'ils avaient eux-mêmes l'intention de faire. Et, comme un petit bonus, nous sommes détestés par les critiques lesplus obtus de Norvège. Non vraiment, on ne peut pas se plaindre.

■ Quels sont vos projets ?
J'écris mon prochain film avec Eskil.