Odete

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Scénario João Pedro Rodrigues et Paulo Rebelo
Image Rui Poças
Son Nuno Carvalho
Montage Paulo Rebelo
Décors et Costumes João Rui Guerra da Mata
1er Assistant Réalisateur Paulo Guilherme
Production rosa filmes
Directeur de Production Rafael Hernandez
Consultant Musical Frank Beauvais
Productrice Maria João Sigalho
Distribution Pierre Grise Distribution
avec le soutien de L’institut portugais du film, le ministère de la culture, la chaîne publique portugaise et le GNCR

 

Joao Pedro Rodrigues

João Pedro Rodrigues commence par étudier la biologie dans le but de devenir ornithologue avant de bifurquer vers des études de cinéma à l’école de Cinéma de Lisbonne, dont il sort diplômé. Son cinéma se consacre à l’exploration du désir humain, dans tous ces aspects et sous toutes ses formes, reflétant la diversité de l’histoire du cinéma, des fictions classiques au documentaire et à l’expérimental.
Il a, à ce jour, réalisé plusierus  longs-métrages : O FANTASMA (2000), ODETE (2005), MOURIR COMME UN HOMME (2009), LA DERNIERE FOIS QUE J’AI VU MACAO (2012) - co-réalisé avec João Rui Guerra da Mata - etL’ORNITHOLOGUE (2016). Il a également réalisé un nombre conséquent de courts-métrages, souvent avec Guerra da Mata, qu’ils aiment qualifier de « films asiatiques ».
Les films de João Pedro Rodrigues ont été montrés et primés dans les plus grands festivals internationaux, dont Cannes, Venise, Locarno et Berlin.
De 2014 à 2015, il est résident du Radcliffe Institute à l’Université de Harvard. De 2015 à 2016, il enseigne pour la deuxième fois au Fresnoy, Studio national des arts contemporains en tant qu’artiste invité.
Dernièrement, il a également développé des installations et œuvres plastiques pour les musées et les galeries : “Santo António” / “Saint Antoine”, créé avec Guerra da Mata pour le Mimesis Art Museum en Corée du Sud (26/11/2013-9/02/2014) était leur première exposition. Une installation vidéo à quatre écrans, faisant partie de l’exposition coréenne fut également montrée en octobre 2014 à la Johnson-KuluKundis Family Gallery du Radcliffe Institute, Harvard University, USA.
La toute nouvelle exposition de Rodrigues et Guerra da Mata « Do Rio das Pérolas ao Ave” / “Du fleuve des Perles au fleuve Ave” (02/07/2016-25/09/2016) est actuellement montrée à Solar, Cinematic Art Gallery, à Vila do Conde au Portugal.
A partir du 25 Novembre 2016 et jusqu’au 2 janvier 2017, ses films feront l’objet d’une rétrospective complète, en présence également de João Rui Guerra da Mata, au Centre Pompidou à Paris.

Films du même auteur valorisés par le Gncr: 
Informations complémentaires: 

MENTION SPÉCIALE du Groupement National des Cinémas de Recherche - Quinzaine des Réalisateurs, Cannes 2005
Compétition Officielle – Festival de Venise 2000
Meilleur Long-métrage – The New Festival, New York 2001
Meilleur Long-métrage Étranger – Festival « Entrevues », Belfort 2000

Odete

Joao Pedro Rodrigues
Distribution :: 
Date de sortie :: 
11/01/2006
Portugal / 2005 / 1h41 / 1,85 / Dolby SRD / interdit aux – de 12 ans

Pedro et Rui forment un jeune et beau couple.
Mais la mort fauche Pedro dans un fracas de tôle. Entre les larmes de l’amant et la tristesse de la famille va s’infiltrer Odete, patineuse-vendeuse dans un supermarché, qui déclare être enceinte du mort. Rui se refuse à y croire comme si elle le dépossédait de son deuil. Pourtant une étrange solution se dessine qui permettrait à l’un comme à l’autre d’accéder à son impossible désir…

Lisbonne, XXIe siècle.
Un film qui colle au monde. Dans les supermarchés il y a des patineuses. Tout se passe sur les portables : on prend les rendez-vous, les gens se disent qu'ils s'aiment, ils se séparent. Des histoires naissent au rythme obsédant de la musique qui les accompagne.
C'est dans ce monde de vertige pop que j'ai trouvé mes personnages.
Deux vies parallèles se rejoignent. Rui veut survivre à la mort de Pedro, son fiancé, mais s'abîme dans la solitude. Odete, abandonnée par son compagnon, va s'approprier ce deuil et s'en abreuver. Ou peut-être est-ce le fantôme de Pedro qui prend possession d'elle.

Parce que l'amour est plus fort que la mort. Odete ou le désarroi de deux êtres abandonnés, hantés par l'amour, obsédés par la mort et poursuivis par le fantôme de leur désir. Odete : une histoire de solitude et de survivance. Peut-on transcender la mort d'un amour en se nourrissant de rêves ? Ces rêves ne sont-ils pas des émanations du réel ? faits de gestes réels ? Et c’est de poursuivre ces gestes, ceux de l’amour et ceux du deuil qui m’intéresse.  Joao Pedro Rodrigues

ENTRETIEN AVEC JOAO PEDRO RODRIGUES

Odete est une histoire très étrange, comment l’as-tu présentée aux comédiens ?
Nuno Gil, qui joue Rui, est venu spontanément me voir pendant le casting en disant qu’il avait très envie de faire un film avec moi. Il avait découvert O Fantasma et l’adorait. C’est un acteur qui est encore novice mais qui a quelques expériences à son actif. Il a notamment étudié le Butô au Japon pendant plusieurs mois. Il croit davantage à la puissance physique de l’acteur qu’à la psychologie, ce qui était parfait pour le rôle puisque le personnage a quelque chose de brut. Quant à Ana Cristina de Oliveira, je l’ai découverte il y a longtemps dans une publicité pour Levi’s. Elle a débuté en tant que mannequin. Je l’ai vue pour la deuxième fois dans la vidéo d’un artiste peintre très connu au Portugal, Juliao Sarmento. Mais la rencontrer a été décisif. Il y avait quelque chose en elle de touchant, une étrangeté, une dualité entre joie et tristesse qui m’a à la fois attendri et immédiatement intéressé. Tous les deux avaient la même virginité que les acteurs d’O Fantasma.

O Fantasma a été un succès à la fois critique et public, comment gérer l’écriture d’un deuxième film dans ces conditions ?
Il a bien marché comme premier film, beaucoup tourné à l’étranger, dans les festivals. Il a notamment bénéficié d’une sortie aux Etats-Unis où peu de films portugais ont cette chance. Je pense que l’estampille « film gay » a beaucoup aidé. C’est en France je crois que la réception critique a été la meilleure. Mais au Portugal il a également plutôt bonne réputation, je n’ai pas à me plaindre. Dans ces conditions envisager un deuxième film est source d’angoisse. J’ai d’ailleurs mis près de cinq ans pour terminer Odete, tant pour des raisons de production (notamment la difficulté à trouver des coproductions) que pour des raisons liées à l’écriture qui a été plus sinueuse que sur O Fantasma. Je ne voulais pas faire O Fantasma 2 et en même temps je voulais rester fidèle à mes obsessions. D’un certain point de vue, cela dit, Odete pourrait s’apparenter à étrange remake d’O Fantasma, et même porter le même titre.

Comment est né le projet ?
Lorsque je commence à écrire, j’assemble des bouts d’histoires qui me reviennent en mémoire. Celle d’Odete s’inspire notamment d’un court scénario que j’avais imaginé vers 22-23 ans, lorsque j’étais en école de cinéma, et qui s’intitulait la Fille-mère. L’histoire était presque la même : une fille prétendait être enceinte d’un mort. A cela s’est ajouté un article sur la grossesse nerveuse lu il y a quelques années. Puis m’est venu à l’esprit cette idée qu’il serait effroyable de voir disparaître l’objet de son affection. Tout s’est emboîté peu à peu jusqu’à aboutir au scénario définitif d’Odete.

Odete est une histoire de fantôme, mais qui serait du côté des vivants…
Oui, même si Odete revient à plusieurs reprises dans le cimetière et va jusqu’à y dormir une nuit. J’ai toujours éprouvé une réelle fascination pour les cimetières, sans jamais trouver ça morbide. Au contraire, le cimetière d’Odete tient un peu le même rôle que la décharge dans O Fantasma : pour les personnages, c’est une manière de s’approprier un territoire où ils se sentent chez eux. J’avais une vision très pragmatique du lieu. Que fais-je si la personne que j’aime meurt, comment puis-je continuer à vivre avec elle ? Très concrètement, le cimetière est l’endroit où habitent les morts, là où peut s’exprimer avec le plus d’évidence la relation qu’un vivant entretient avec un mort.

Il y a deux récits parallèles dans Odete. Le premier est presque conceptuel, cérébral, le second est mélodramatique et sentimental. Comment faire cohabiter deux univers aussi différents ?
J’ai fait en sorte que la dimension mélodramatique du drame de Rui « envoûte » son histoire à elle, la vampirise progressivement. La scène de la veillée funèbre, c’est un peu comme si le mort l’appelait à elle. J’avais un peu peur, d’ailleurs, que ce soit trop signifiant, trop lisible. Mais, d’un autre côté,