Pingpong

Text Resize

-A +A

Réalisation Matthias Luthardt
Scénario Meike Hauck, Matthias Luthardt
Image Christian Marohl
Montage Florian Miosge
Son Jacob Ilgner
Musique Matthias Petsche
Décors Friederike Hagen
Costumes Andrea Schein
Assistant réalisation Oliver Röpcke
Directeur de production Ines Just
Producteurs Niklas Bäumer, Anke Hartwig
Une production Junifilm GmbH en coproduction avec HFF “Konrad Wolf”, MDR et Koppmedia

 

Matthias Luthardt

Matthias Luthard est né en 1972. Il passe son enfance aux Pays-Bas puis en Allemagne. Il étudie la rhétorique et la littérature allemande et française à Paris et à Hambourg où il obtient une maîtrise de lettres en présentant une thèse sur les films de Krzysztof Kieslowski. Stagiaire à Arte et SR, il suit les cours de réalisation de l’École Allemande de Cinéma et de Télévision (dffb) et d’écriture de scénarios tenus par Dick Ross. En 1999, il est le cofondateur de la société de production “Risingstar” spécialisée dans la réalisation de bandes-démos pour acteurs.
Après la réalisation de deux courts métrages en 2001, son documentaire Menschen brauchen hobbies est nominé pour le “Silver Wolf Award” au Festival International du Documentaire d’Amsterdam (2004).
En 2003, il dirige et supervise la production de Full of Energy, un long métrage ougandais. En 2005, il sort diplômé (réalisation) de l’École Konrad Wolf de Cinéma et de Télévision (HFF) de Postdam-Babelsberg où les ateliers sont tenus, entre autres, par Margarethe von Trotta, Andreas Dresen et Michael Ballhaus. Ping pong est son film de fin d’études tourné en seulement 23 jours et son premier long métrage.
Films du même auteur valorisés par le Gncr: 
Informations complémentaires: 

Semaine de la Critique Cannes 2006 : Prix SACD ; Prix OFAJ de la (toute) jeune critique
Nommé aux European Film Awards 2006 catégorie Découverte/Prix Fassbinder

Pingpong

Matthias Luthardt
Distribution :: 
Date de sortie :: 
24/01/2007
Allemagne 2006 - 1h29 - couleur - format 1.85 - Dolby Digital
C’est l’été. Paul, 16 ans, débarque un beau matin chez son oncle Stefan. Cette arrivée inopinée ne suscite guère l’enthousiasme, mais le jeune homme venant de perdre son père, Stefan et sa femme, Anna, se sentent obligés de l’accueillir.
La désinvolture de Paul bouscule les habitudes de cette famille rigide et bourgeoise. Stefan est aimable, mais distant. Anna multiplie les signes d’agacement. Elle est focalisée sur son fils, Robert, jeune virtuose du piano qui prépare une audition importante, mais surtout sur son chien Schumann. Pour ne pas être renvoyé chez sa mère, Paul propose de rénover la piscine laissée à l’abandon. Lorsque Stefan part soudain en voyage d’affaires, Anna se retrouve seule avec les deux adolescents.
Sous l’influence du charme de Paul et du travail qu’il accomplit, les réticences d’Anna se dissipent. Elle se rapproche de lui. Subjugué par cette femme encore belle, Paul entreprend de la séduire. Une relation trouble s’installe entre eux.
Le soleil brille. Une femme parle à son chien. Son fils répète au piano. Le temps s’est arrêté. Dans le jardin, le chantier d’une piscine à l’abandon.
C’est comme ça que tout a commencé. Très sobrement, sans fioritures. Une idylle, mais quelque chose sonnait faux. J’avais envie de m’approcher au plus près, d’étudier ce microcosme et de le décortiquer. C’est ainsi qu’est né mon premier long métrage, Pingpong. J’aime les films qui m’invitent à observer. J’aime les documentaires. Et les films qui me font oublier que ce ne sont que des fictions. J’aimerais continuer à travailler dans ce sens.

Les sources d’inspiration
J’ai passé ma jeunesse dans un univers habité par la musique classique. Je jouais du violoncelle et voulais en faire ma profession. C’était mon choix, personne ne me poussait à cela ; mais j’ai observé très tôt de jeunes musiciens autour de moi dont les parents étaient des artistes professionnels : ils s’isolaient avec leur instrument pour essayer d’égaler la réussite de leurs parents, et ils se soumettaient à une discipline énorme qui me fascinait et qui, en même temps, me faisait peur. Certains de ces jeunes adultes étaient tellement enfermés dans leur monde musical, sans le moindre désir de contacts sociaux, qu’ils me semblaient "autistes".
En pensant à eux, j’ai créé le personnage de Robert, l’une des bases essentielles du scénario de Pingpong. Ce jeune musicien devait être d’une famille bourgeoise, car c’est avant tout la bourgeoisie aisée qui peut prendre en charge l’apprentissage d’un jeune instrumentiste classique. On pourrait dire que la bourgeoisie et la musique classique représentent le couple parfait, ou bien que la musique classique est le parfum de la bourgeoisie.
C’est un parfum séduisant qui, dans le cas de la famille d’Anna, Stefan et Robert, a un goût très amer. Nous l’apprenons par le regard de Paul qui cherche une reconnaissance et de l’affection. C’est un regard direct sans préjugés. Un regard qui explore une famille empoisonnée par l’incapacité de communiquer. Au début, il y a de la fascination chez Paul ; à la fin il ne reste plus qu’une répulsion profonde.
Matthias Luthardt