Sang et or

Text Resize

-A +A

Produit, monté et realise par Jafar Panahi
Scénario Abbas Kiarostami
Image  Hossain Jafarian
Producteur Exécutif  Jahangir Kosari
Chef décorateur Iraj Raminfar
Ingénieur du Son Dana Farzanehpour
Monteur Son  Masoud Behnam
Mixeur Son Laurent Bailly
Musique Peyman Yazdanian
Directeur de Production Reza Noroozi
Une production Jaffar Panahi Productions (Iran), Lumen Films (France) et Mikado Film (Italie)

 

Jafar Panahi

Jafar Panahi est né en 1960 à Mianeh, en Iran. Il fait des études de réalisation au Collège de Cinéma et de Télévision de Téhéran. Avant de se lancer dans le long métrage, il réalise plusieurs courts et moyens métrages pour la télévision iranienne. Il est l'assistant d'Abbas Kiarostami pour Au travers les oliviers.

Filmographie
1995 LE BALLON BLANC (Caméra d’or, Cannes 1995)
1997 LE MIROIR (Léopard d’or, Locarno 1997)
2000 LE CERCLE (Lion d’or, Venise 2000; Film FIPRESCI 2000)
2003 SANG ET OR (Prix du Jury, Un Certain Regard, Cannes 2003)
Films du même auteur valorisés par le Gncr: 
Informations complémentaires: 

Prix du Jury – Sélection Officielle – Cannes 2003 – Un Certain Regard

Sang et or

Jafar Panahi
Date de sortie :: 
25/02/2004
Iran / Couleur / 97 min / 35mm / 1,66 / DTS / 2003

Téhéran. Une bijouterie des beaux quartiers. Hussein, venu se venger du gérant qui l'avait humilié, le tue avant de se donner la mort. Derrière ce fait-divers se cache le récit d'un homme solitaire écoeuré par la misère humaine.

Propos du réalisateur
AU DEPART, UN FAIT DIVERS
Abbas Kiarostami m’a raconté un fait-divers qu’il venait de lire dans le journal : un cambrioleur s’était trouvé piégé par le système de sécurité d’une bijouterie et avait fini par tuer le bijoutier avant de se donner la mort. Cette histoire m’a obsédé. Je me suis interrogé sur les raisons qui pouvaient pousser un être humain à cette extrémité. Abbas en a écrit le scénario, partant de l’idée que je voulais ouvrir le film sur cet enfermement, sur cette impasse dont il allait falloir retracer le parcours.

DU POLITIQUE A L’HUMAIN
La politique en tant que telle ne m’intéresse pas. Mais explorer les effets de ses erreurs sur la vie des gens est sans doute la matière de mes films.  Etant un vrai citadin, les grandes villes, où ces erreurs sont plus manifestes, en deviennent naturellement le décor. Comme partout ailleurs, la classe moyenne tend à disparaître en Iran. Il y a d’un côté une concentration de richesses et de pouvoir et de l’autre les humiliations et les privations.

CIRCULATION
Pour un salaire de misère, Hussein livre des pizzas dans les quartiers riches de la capitale. Ce dispositif m’a permis d’entrouvrir l’espace intérieur, caché au regard, et donc libre des réglementations sociales. Je n’ai jamais voulu filmer des femmes voilées chez elles car cela ne correspond pas à la réalité, mais à une représentation imposée. Ici, j’utilise le flou ou les ombres chinoises pour contourner cet interdit.

NI JUGEMENT, NI SEDUCTION
Je demande à mon public d’accepter de réfléchir. Pour tous mes films, je me prends au jeu de l’histoire sans a priori. Je ne veux pas délivrer un message imposé, je cherche. C’est aussi pour cela que je refuse un esthétisme facile qui m’éloignerait de la complexité des personnages et des situations. J’avance à tâtons pour m’approcher d’une vérité que je propose. Après, c’est au spectateur de réfléchir et d’interpréter.
 
LES FEMMES
Les personnages principaux de ce film sont des hommes, contrairement à mes films précédents. Je ne décide pas de faire des films sur des femmes ou des hommes, mes sujets sont des êtres humains. Toutefois, même si on voit essentiellement des hommes dans ce film, on y parle surtout des femmes.

LE TOURNAGE
Lorsque je faisais mes études de cinéma, j’envisageais plusieurs axes différents pour chaque plan. Je me suis vite rendu compte que tout arrive pour moi pendant le tournage. Bien sûr il faut de la préparation, organiser les mises en place etc., mais j’ai besoin des accidents du réel pour donner corps à ma vision du film. L’inspiration que m’apportent mes personnages me dicte les choix à faire jusqu’à la dernière minute. Comme je pense que pour ce type de cinéma, l’utilisation d’acteurs connus tue la vraisemblance, je travaille essentiellement avec des non professionnels. En revanche, diriger ces acteurs demande plus de travail. Car il est faux de croire que ces acteurs sont les personnages. Leur sélection ne tient compte que de leur physique et de ce qui s’en dégage. Il s’agit par la suite de faire rentrer le personnage dans cette enveloppe.