Transe

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Réalisation Teresa Villaverde
Scénario Teresa Villaverde
Image Joao Ribeiro
Son Murielle Damain
Montage Andrée Daventure
Décors / Costumes Zé Branco
Production Clap Filmes (Portugal) Gemini Films (France), Revolver SRL (Italie)
Coproduction Hermitage Bridge Studio (Russie)

 

Teresa Villaverde

Teresa Villaverde est née en 1966 au Portugal. Elle est auteureréalisatriceet productrice. Au théâtre, elle a mis en scène l’hommage national à José Saramago, pour le premier anniversaire de sa mort.

FILMOGRAPHIE

- CONTRE TON COEUR (Colo), 2017
Festival de Berlin, Compétition / Festival de La Rochelle / Festival de Cannes, ACID 2018
- PARIS 15/16, 2016 (court métrage documentaire)
Festival DocLisboa, Portugal
- LES PONTES DE SARAJEVO (« Sara et sa mère »), 2014 – Film collectif
Festival de Cannes – Sélection Officielle
- VENEZIA 70 – FUTURE RELOADED, 2013 – Projet collectif
Festival de Venise – Sélection Officielle / Partie: « Amapola »
- CISNE (Cygne), 2011
Festival de Venise – Orizzonti
- TRANSE, 2006
Festival de Cannes – Quinzaine des Réalisateurs
- VISIONS OF EUROPE, 2004 – Film collectif
Partie : « Cold Wa(te)r
- A FAVOR DA CLARIDADE (A la faveur de la clarté), 2003
Film essai/documentaire sur l’oeuvre de l’artiste plasticien/ sculpteur Pedro Cabrita Reis,
dans le cadre de la présence portugaise à la Biennale d’Art de Venise
- ÁGUA E SAL (Eau et Sel), 2001
Festival de Venise - En compétition / Mention d’honneur-Elvira Notari – Venise
- OS MUTANTES (Les Mutants), 1998
Festival de Cannes - Sélection Officielle Un certain regard
Prix ONU pour les 50 ans de la Déclaration des Droits de l’Homme –Rome
- O AMOR NÃO ME ENGANA (L’Amour ne trompe pas) , 1996
Documentaire pour ARTE/ZDF
- TRÊS IRMÃOS (Deux Frères, ma soeur) , 1994
Festival de Venise – En compétition / Meilleure actrice (Maria de Medeiros) – Festival de
Venise / Meilleure femme réalisatrice (Prix Elvira Notari) – Venise
- A IDADE MAJOR (ALEX), 1991
Festival de Berlin – Forum / Prix CICAE (Association de Cinémas d’Art et d’Essai), France

Films du même auteur valorisés par le Gncr: 
Informations complémentaires: 

Quinzaine des Réalisateurs, Cannes 2006

Transe

Teresa Villaverde
Distribution :: 
Date de sortie :: 
27/12/2006
Portugal – France – Italie – Russie –2006 –2h06 – 35mm – 1,66 – Couleur – Dolby SRD

Sonia abandonne sa famille et son ami à Saint-Pétersbourg et décide de partir. Elle a alors l’illusion de commencer une nouvelle vie, mais elle va connaître l’enfer de ceux à qui la vie n’a rien à offir. Elle traverse l’Europe et va vivre toute la misère et la dégradation liées au trafic et à l’exploitation des êtres humains. C’est l’histoire d’une autre Europe.

Transe porte Villaverde
Les nouvelles formes de la prostitution internationale qu'alimentent les mafias russes ont été le thème de nombreux documents qui n'ont, par définition, pas tellement le choix de leur point de vue : enquêtes, reportages, témoignages... Dans tous ces cas, c'est par un regard extérieur à leur tragédie que nous a été rapporté l'esclavagisme sexuel où sont abîmées tant de «filles de l'Est». La première idée, et franche réussite, de Transe, c'est d'avoir conjuré la fatalité de ce sens unique, osant inventer une réversibilité possible, fût-elle imaginaire, pour raconter un de ces destins fracassés.
Souricière. C'est l'expérience de Sonia que nous vivons, avec ses yeux et ses oreilles, dont nous empruntons les capacités sensorielles au moment de leur mise à l'épreuve. La jeune Russe quitte Saint-Pétersbourg et son mélancolique boyfriend pour tenter sa chance vers une vie meilleure. Manipulée, piégée, vendue, elle traverse l'Europe suivant une filière dont les indices lui échappent. Solidement rivés à son regard, nous n'en saurons jamais beaucoup plus qu'elle sur les circonstances, détails et négociations qui se jouent en son nom et sur son dos (en l'occurrence, son cul).
Égarés avec elle dans un labyrinthe humain et géographique où les langues russe, allemande, italienne, portugaise s'enchâssent, nous devenons nous aussi une Sonia, du moins mentalement, cherchant à déchiffrer l'opacité radicale de la souricière. Peu de renseignements journalistiques donc, dans Transe, mais un déluge d'informations sensibles sans doute puisées dans un travail d'écriture très
documenté.
Ailes artistes. Le résultat est à la fois superbe et convaincant : jusqu'ici réputée pour son cinéma rigoureux mais engourdi, Teresa Villaverde trouve dans Transe le sujet qu'il lui fallait, lui donnant les ailes artistes qui manquaient à ses précédents films, agissant comme un révélateur de ses talents, transfigurant son cinéma. Jamais sordide, Transe est une oeuvre d'une beauté vraiment nouvelle, où se mêlent le contemplatif et l'enragé. Sans l'actrice Ana Moreira, Teresa Villaverde n'aurait pas pu atteindre un tel effet de vérité poétique : elle anime le personnage de Sonia d'une palpitation terrible, nous la rend amèrement inoubliable.
Olivier Séguret in Libération du 25 Mai 2006