Western

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Avec Meinhard Neumann, Reinhardt Wetrek, Syuleyman Alilov Letifov, Veneta Frangova

 

Valeska Grisebach

Née à Brême en 1968, Valeska Grisebach étudie d’abord la philosophie et les lettres à Berlin et Munich avant d’intégrer l’Académie du Film de Vienne en 1993. Elle y réalise trois films documentaires Sprechen und Nichtsprechen en 1995, In der Wüste Gobi en 1997 et Berlino en 1999. Deux ans plus tard, son premier long métrage de fiction Mein Stern voit le jour, pour lequel elle reçoit de très nombreuses distinctions, dont le First Steps Award 2001, le Prix du meilleur film au Festival International du jeune cinéma de Turin en 2001 et le Prix de la Critique au Festival de Toronto en 2001.
Valeska Grisebach, qui vit et travaille à Berlin, est considérée de part son esthétique épurée quasi documentaire, sa thématique sociétale et ses choix d’équipe, comme appartenant à la nouvelle garde de l’École de Berlin. On retrouve ainsi dans son équipe technique le chef opérateur Bernhard Keller et la directrice artistique Beatrice Schulz, qui avaient déjà travaillé avec la réalisatrice sur son premier long métrage Mein Stern ainsi que sur L’imposteur, le long métrage de son collègue berlinois Christoph Hochhäusler.
Sehnsucht, son second long métrage, fut sélectionné dans de très nombreux festivals dont le Festival Paris cinéma 2006, le Festival du Film Européen de Bruxelles 2006, le Festival International du Film de Hong Kong 2007 ainsi qu’en compétition officielle aux Festivals de Berlin 2006 et Premiers Plans d’Angers 2007.



1995 : Sprechen und Nichtsprechen (documentaire)
1997 : In der Wüste Gob (documentaire)
1999 : Berlino (documentaire)
2001 : Mein Stern
2006 : Désir(s) - Sehnsucht
Films du même auteur valorisés par le Gncr: 

Western

Valeska Grisebach
Distribution :: 
Date de sortie :: 
22/11/2017
Allemagne, Bulgarie, Autriche - 2017 - 1h59

Un groupe d’ouvriers allemands prend ses quartiers sur un chantier pénible aux confins de la campagne bulgare. Ce séjour en terre étrangère réveille le goût de l’aventure chez ces hommes, alors que la proximité d’un village les confrontent à la méfiance engendrée par les barrières linguistiques et les différences culturelles. Rapidement, le village devient le théâtre de rivalités entre deux d’entre eux, alors qu’une épreuve de force s’engage pour gagner la faveur et la reconnaissance des habitants.

 

Un groupe d’ouvriers allemands travaille sur un chantier au fin fond de la Bulgarie. Barrière de la langue, fossé culturel, les relations avec la population du village alentour se révèlent difficiles, voire conflictuelles. C’est un véritable western, que nous propose Valeska Grisebach, avec ses codes et ses archétypes que la réalisatrice revisite avec une maîtrise et un bonheur certains. Un Western, mais pas seulement.

Une équipe d’ouvriers allemands débarque sur un chantier aux confins de la Bulgarie, proche de la frontière avec la Grèce. Ils sont un peu perdus, loin de chez eux, évitant d’abord les contacts avec la population locale, avant de devenir quelque peu agressifs. Parmi eux, Meinhard, peu disert, ira découvrir la vallée en solitaire et essayer de briser l’obstacle de la langue. Un cheval, trouvé paissant seul dans un pré, lui servira de lien avec les habitants du village voisin.

Au début, on pourrait se croire dans un documentaire suivant une équipe d’ouvriers. La caméra garde ses distances, observant le groupe dans son installation, dans son travail sur le chantier, avec des dialogues simplement utilitaires. Puis deux hommes émergent du groupe: Vincent, le contremaître, et surtout Meinhard, homme taciturne qui reste à l’écart des autres. Les deux ont un point commun: l’envie d’entrer en contact avec les gens du coin, mais le premier s’y prend mal, au contraire du second. Et, de fait, l’intrigue tourne autour de cette envie et des relations entre deux populations qui ne se comprennent pas. Les situations conflictuelles ne manquent pas, difficiles à dénouer quand les préjugés dominent et qu’on ne parle pas la même langue. 

Il est sûr qu’on retrouve beaucoup d’éléments dramatiques, dans Western, qui font référence au genre: une vallée isolée, des «Indiens» (les villageois bulgares), des «pionniers» (les ouvriers allemands) sûrs d’apporter le progrès et un «héros cow-boy» solitaire (Meinhard). Cependant, on pourrait, et on devrait, surtout voir dans ce film une allégorie de l’Europe d’aujourd’hui qui, avec ses cohortes d’ouvriers détachés, est bien loin de la construction idéale annoncée. Vision pessimiste? Pas forcément, nous dit Western. 
Martial Knaebel par TRIGON FILM