Manifeste pour une exploitation indépendante

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Le Collectif

Manifeste pour une exploitation indépendante

Communiqué de presse « Manifeste pour une exploitation indépendante » Paris, le 18 avril 2013
De nombreuses salles de cinéma indépendantes s'inquiètent des phénomènes de concentration dans le secteur de l'exploitation cinématographique : menace sur la diversité des films proposés, inquiétudes sérieuses sur le devenir de la richesse du parc des salles en France, déséquilibres dans l'accès des œuvres aux salles et donc aux publics. A ce titre, des salles de cinéma indépendantes souhaitent faire part de leurs revendications contenues dans « Le Manifeste pour une exploitation indépendante ». Les organisations signataires souhaitent que ces revendications soient reprises dans un projet de loi à venir.
Ce Manifeste est déjà signé par plus d'une quinzaine d'associations de salles de cinéma, d’organismes professionnels, de collectivités locales impliquées dans la diffusion du cinéma sur le territoire, jugeant préoccupant le devenir des salles indépendantes, qu’elles soient privées, associatives ou publiques.
Nous invitons toute organisation professionnelle d’exploitant ou exploitant qui le désire à nous rejoindre et à signer le Manifeste.
Les organisations signataires en s’associant aux collectivités territoriales souhaitent transformer ces revendications en un projet de loi.

Collectif pour une exploitation indépendante
http://lemanifeste2013.blogspot.fr  

POUR SIGNER LA PETITION  https://13472.lapetition.be/

Contact :  GNCR- 19, rue Frédérick Lemaître 75020 Paris - tel 01 42 82 94 06

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« Manifeste pour une exploitation indépendante »

(version résumée - version intégrale ci-jointe en téléchargement)

Nous, signataires de ce Manifeste, sommes des organisations professionnelles d’exploitants ou des collectivités territoriales qui nous alarmons du devenir des salles de cinéma indépendantes, qu’elles soient privées, associatives ou publiques, en France.
Nous nous alarmons du nombre important de multiplexes qui se sont créés ces dernières années, sans régulation politique réelle. Nous nous  opposons à la concurrence frontale et profondément inégale que subissent les cinémas indépendants concernant les films art et essai dits « porteurs ».
Nous nous inquiétons de la remise en cause à terme d’une politique publique de la diversité culturelle et de l’aménagement du territoire. Prenant acte des changements profonds à l’œuvre dans le secteur de l’exploitation cinématographique, nous demandons, en conséquence,  que soit redéfinie, dans la continuité des politiques publiques menées depuis 50 ans en matière de préservation de la diversité, une nouvelle politique apte à garantir la diversité des lieux de diffusion des œuvres cinématographiques.


Nous signataires, organisations professionnelles d’exploitants, associations ou collectivités territoriales souhaitons :

- redéfinir les modalités de la régulation de l'implantation de nouvelles salles.
Nous demandons que soit de nouveau pris en considération, dans la procédure d'autorisation des établissements nouveaux, leur effet sur les cinémas existants, particulièrement les cinémas qui jouent, notamment à travers la politique de l'Art et Essai et de la Recherche, un rôle d'intérêt général.

- renforcer la politique de promotion de la diversité que représente le classement Art et essai.
Nous demandons que soient réévalués les moyens dévolus à la politique Art et essai, afin que les établissements d'intérêt général que constituent les cinémas classés puissent mener une action pérenne.
Nous demandons que l’aide apportée aux salles soit accentuée en prenant réellement en compte la programmation et l’animation comme principaux critères d’évaluation.
Enfin, nous pensons qu’après la période de financement  actuelle de l’équipement numérique des salles de cinéma, il faut craindre une précipitation des salles sur les mêmes titres de films. Il est donc primordial de soutenir les établissements qui conduisent une politique affichée de diffusion des films Art et Essai et Recherche.

- revenir sur un montant de TVA identique au Livre et au Spectacle vivant.
Nous demandons donc que le taux de TVA soit ramené, pour les salles art et essai, au même taux qui concerne le Livre et le Spectacle vivant.

- favoriser l'accès aux films pour les cinémas Art et essai.
Nous demandons que soient favorisées, dans un contexte de concurrence accrue et inégale, les mesures susceptibles de permettre en priorité l'accès des salles indépendantes aux films.
Nous demandons que les obligations de programmation des grands groupes soient mieux encadrées et ne nuisent pas à l’accès aux films des salles indépendantes.

- penser le financement du renouvellement du matériel numérique.
Nous pensons qu’il est aujourd’hui utile de réfléchir collectivement avec les organisations professionnelles et les élus sur les modalités d’un financement pérenne du renouvellement du matériel de projection et sur un encadrement des normes de diffusion.
Nous ne voulons pas que la technique de projection soit un nouveau moyen pour les grandes enseignes de créer un fossé supplémentaire dans l’exploitation et dans la diffusion cinématographique.

- valoriser l’action culturelle cinématographique et les actions éducatives.
Nous demandons que les ateliers, les festivals, les opérations de connaissance et de valorisation du cinéma, les dispositifs tels que « Ecole et cinéma », « Collège au cinéma » et « Lycéens et apprentis au cinéma », les coordinations de ces dispositifs et tous les ateliers et formations qui les accompagnent, bref toutes les actions éducatives d’action culturelle cinématographique soient mieux valorisées financièrement.

Ces volets d'actions sont intrinsèquement liés les uns aux autres. Ils allient la régulation du marché cinématographique pour une concurrence maîtrisée à la mise en place d'incitations fortes de politiques publiques en faveur de l’action culturelle et la garantie pour les salles indépendantes de disposer des outils nécessaires pour faire face à la concurrence accrue que représentent les nombreuses créations récentes ou à venir de multiplexes.

Sans ces différentes actions, nous savons que les salles indépendantes, les salles Art et essai et Recherche, déjà passablement affaiblies dans de nombreuses villes de France, devront stopper leur activité. A terme, c'est bien tout un pan de la production cinématographique qui risque de disparaître des écrans, mettant fin à la politique de diversité culturelle menée avec succès depuis un demi-siècle.

Pour la sauvegarde des salles de cinéma indépendantes, maillons essentiels de la diffusion culturelle cinématographique et souvent seuls lieux garants de débats et d’échanges démocratiques dans nos villes :



Liste des signataires au 25 juillet 2013 :
*ACC : Association des cinémas du Centre
*ACRIF : Association des Cinémas de Recherche d’Île-de-France
*ACRIRA : Association des Cinémas de Recherche Indépendant de la Région Alpine
*Ciné-Off : Circuit itinérant d’Indre et Loire
*Cinéma Public : Association des salles de cinéma du Val-de-Marne
*Cinémas 93 : Association des cinémas de Seine-Saint-Denis
*Cinémas du Sud : Réseau de salles de cinémas Art et Essai et Recherche en Provence-Alpes-Côte d’Azur
*Cinéphare : Réseau des cinémas de Bretagne
*Cinéssonne : Association des cinémas Art et Essai de l’Essonne
*De la Suite dans les Images : le réseau des salles de proximité en région Nord-Pas-de-Calais
*GNCR : Groupement National des Cinémas de Recherche
*GRAC : Groupement Régional d’Actions Cinématographiques
*Graines d'Images : Association départementale de salles de cinéma de la Sarthe
*La Ligue de l'Enseignement
*La Ville du Blanc-Mesnil
*La Ville de Saint-Gratien
*Le Cinématographe Ciné-Nantes Loire-Atlantique
*MACAO 7ème ART
*Les Studio à Tours
*Ciné 89 à Berre-l'étang