Cours de cinéma au Méliès à Grenoble

Text Resize

-A +A
 
Portrait de salles

Cours de cinéma au Méliès à Grenoble

Bruno Thivillier, directeur du Méliès à Grenoble, nous parle d’une action culturelle qu’il mène depuis de nombreuses années, "un cours de cinéma"

Vous avez, au Méliès, des cours de cinéma. Pouvez-vous nous décrire ce que vous faites ?
Nous avons mis en place un cours de cinéma qui chaque année propose un film par mois le jeudi soir à 20 heures et le mercredi matin à 9 heures. Si nous proposons ces deux horaires, c’est pour toucher des publics différents. A chaque fois, le public assiste à une projection puis à une analyse du film par un spécialiste. Vient ensuite un temps d’échange avec la salle, un temps de discussion autour de la proposition d’analyse filmique. Nous avons 200 inscrits le jeudi soir et 120 personnes le mercredi matin. Nous ne adressons pas au même public sur ces créneaux horaires différents. Le mercredi matin nous recevons nombre de retraités, d’étudiants, et également, via quelques enseignants relais, avec des jeunes du Conservatoire en Région qui suivent la filière « acteur ». Le jeudi soir, nous nous adressons plutôt aux personnes ayant une activité professionnelle, aux curieux, aux cinéphiles qui suivent ces cours depuis de nombreuses années. Nous avons deux intervenants les mercredis matin et un intervenant le jeudi soir. Le cours du jeudi soir est plus « magistral ». Tous les intervenants font une analyse fouillée du film, mais le mercredi matin, la place au débat avec la salle est plus prépondérante. Les intervenants sont tous des universitaires qui ont été ou sont critiques de cinéma. Les films présentés le jeudi soir et le mercredi matin ne sont pas forcément les mêmes. On construit avec les intervenants la programmation sur l’année et chaque intervenant propose ses choix d’intervention. Cette année, le cours porte sur le thème du « Cinéma dans le cinéma ». Les intervenants travaillent sur cette thématique en se demandant comment chaque cinéaste s’est emparé de la question de la représentation en cinéma, de la question du jeu d’acteur… On diffuse par exemple Le silence est d’or de René Clair, La Nuit américaine de François Truffaut, Le Mépris de Jean-Luc Godard, En présence d’un clown de Ingmar Bergman.

Depuis combien de temps existent ces cours ? Envisagez-vous de les développer ?
Le cours le jeudi soir existe depuis de nombreuses années. Cela fait 23 ans exactement. Avant, dans notre ancienne salle qui ne contenait que 96 fauteuils, nous vendions les places pour les cours sur l’année en une journée. Nous avons donc ouvert le mercredi matin depuis 5/6 ans. Mais même l’année dernière, le mercredi matin était complet ! Avec les nouvelles salles, leur plus grande capacité, nous pouvons donc accueillir plus de gens et contenter tout le monde. On a souhaité faire la même proposition avec les enfants qui, sur le même principe, s’engagent à voir 9 films par an, d’en discuter ensuite après une intervention. Cela les engage sur 3 heures, le mercredi matin. L’intervention est plutôt fondée sur la transmission d’outils pour la compréhension de l’image. C’est notre programmateur jeune public, Marco Gentil, qui propose ce rendez-vous qui s’inscrit depuis 10 ans dans une démarche d’accès à la culture pour tous et d’ouverture sur le monde. Nous avons appelé ce cours « Voir ensemble ». On s’adresse à toutes les structures socioculturelles, comme les MJC. On souhaite favoriser une mixité des publics, une mixité sociale tous les mercredis matin pour les 8/12 ans. Depuis cette année, nous avons mis en place aussi un atelier « Voir ensemble ados », le mardi à 18 heures. Ce cours regroupe déjà 30 adolescents. La séance est publique mais la discussion a lieu dans une autre salle dans notre nouveau lieu. Notre nouvel équipement permet d’avoir deux ou trois cours en même temps. Cela est nouveau pour nous et très agréable.

Comment définissez-vous l’action culturelle cinématographique ?
Si je fais ce travail dans une salle comme la nôtre à vocation culturelle, cela répond à mon envie de faire partager des choix, des coups de coeur sur les films, c’est pour faire se rencontrer les oeuvres et les publics. Ce travail de transmission n’est pas le fruit du hasard mais cela implique de bien connaître nos choix, de dessiner des pistes en direction des spectateurs tout en n’excluant personne, de faire des propositions fortes, jamais molles.
Le travail que nous menons, ce travail de repérage des oeuvres et de construction d’actions fortes, mené tout au long de l’année, est important. Il tient essentiellement par notre envie de faire partager nos choix. Certains d’entre eux nécessitent un travail d’accompagnement. Sur certains rendez-vous, nous travaillons avec le tissu associatif local ou national, nous construisons des partenariats avec des structures éducatives, sociales, avec des associations relais pour faire venir un public et l’amener à découvrir des films. Une autre envie est de faire se rencontrer les auteurs et les publics autour de véritables rencontres. Nous proposons deux rendez-vous par mois autour de films Art et Essai et Recherche afin de faire connaître les auteurs.
Propos recueillis par le GNCR

+ sur LE MELIES à Grenoble